Vives réactions quant à une possible réduction du quota de chasse aux phoques gris

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Pêches et Océans Canada a suscité une vive réaction lorsqu’il a recommandé, cet hiver, une baisse de près de moitié du contingent annuel de chasse aux phoques gris.
En présentant les résultats du recensement du troupeau pour l’année 2016 à la réunion annuelle du Comité consultatif de gestion du phoque de l’Atlantique, le scientifique Mike Hammill a démontré que la population de phoques gris est désormais évaluée à 424 000 têtes, plutôt qu’à 600 000. Il explique cette baisse de 30% par un plus haut taux de mortalité des mâles adultes, ce qui l’amène à recalibrer son modèle d’évaluation du stock pour tenir compte du nouveau ratio mâle-femelle. «Les résultats de nos travaux à l’île de Sable nous démontrent que pour 10 femelles, nous n’avons que sept mâles», dit-il.
De plus, monsieur Hammill relève que le taux de survie des phoques juvéniles, au cours des cinq premières années de leur vie, a chuté de moitié. Il oscille maintenant entre 30% et 35%, alors qu’il était de 60% il y a quatre ans. «C’est surtout lié à l’effet que quand vous avez beaucoup d’animaux dans le même endroit, la compétition pour la nourriture est plus intense. Donc, c’est plus difficile pour les jeunes, parce qu’ils sont plus petits, ils sont moins compétents pour plonger, ils sont moins compétents pour aller chercher la nourriture», explique le chercheur de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML), de Mont-Joli.
Or, Mike Hammill signale aussi que l’estimation du taux de mortalité des femelles est elle-même très faible. «D’après nos travaux à l’île de Sable, il n’est plus que d’environ 2%. Cela signifie qu’il faut moins d’adultes pour produire le nombre de chiots observés. Bref, les chiffres changent, mais la population continue quand même d’augmenter», affirme le chercheur. Ainsi, selon la mise à jour des données de l’IML, le troupeau de phoques gris augmente au rythme de 2% par année dans le Golfe du Saint-Laurent et de 4% dans l’Est du pays.
REJET UNANIME
Quoi qu’il en soit, en vertu du régime de gestion par approche de précaution, le ministère des Pêches et des Océans (MPO) ferait passer le quota annuel de chasse aux phoques gris de 60 000 à 34 000 têtes. Les chasseurs de loup-marin du Canada atlantique s’y opposent vigoureusement. «C’est une mesure injustifiée, affirme Ghislain Cyr, membre du conseil d’administration du Regroupement des palangriers et pétoncliers uniques madelinots. On ne veut pas accroître le troupeau; on veut diminuer le troupeau pour sauver les autres espèces. Dans l’écosystème, si tu regardes ça, si le phoque continue à prendre de l’ampleur, il y a plein de choses qui vont être débalancées. Il va falloir qu’il se nourrisse, il va être de plus en plus agressif.»
Cela dit, il est convenu qu’une nouvelle rencontre du Comité consultatif du phoque de l’Atlantique se tiendra l’automne prochain, afin de débattre de la pertinence du modèle scientifique actuellement uti-lisé pour établir le contingent de chasse aux phoques gris. «Tout semble indiquer qu’on va aller dans le sens d’une révision de la méthode de gestion qu’on va utiliser, souligne Gil Thériault, directeur de l’Association des chasseurs de phoques intra-Québec. Le problème, c’est l’approche de précaution; dans l’approche de précaution, on veut toujours qu’il y en ait de plus en plus des phoques. Alors, c’est clair que ce n’est pas ce qu’il faut qu’il se passe avec les phoques, ni du Groenland, ni le phoque gris.»
PÉTITION
Et pendant ce temps, plus de 1 660 Madelinots ont signé une pétition réclamant un accès à l’île Brion pour les chasseurs de phoque gris. L’Office de gestion du phoque de l’Atlantique, à l’origine du manifeste, dépasse ainsi son objectif fixé à 1 500 signataires, indique son président Denis Longuépée. Le document réclame aussi des investissements substantiels dans les infrastructures de la réserve écologique et une mise à jour de son plan de conservation. «On voit encore là que c’est un souci de la communauté. Ce n’est pas juste un problème de l’association des chasseurs ou bien de l’office de gestion du phoque, relève monsieur Longuépée. On pense que c’est un problème de communauté. Il faut le travailler ensemble. Alors, la première partie était de déposer la pétition à Germain Chevarie, député des Îles-de-la-Madeleine.»
Pour sa part, monsieur Chevarie explique que la conformité du document fait présentement l’objet d’une analyse au bureau du secrétaire de l’Assemblée nationale, avant son dépôt officiel qui se fera possiblement en mai. Monsieur Chevarie lui-même y souscrit entièrement. «Pour permettre la chasse, en fait, c’est diminuer un peu le territoire de la réserve écologique de l’île Brion, précise-t-il. Je suis tout à fait favorable compte tenu qu’il s’agit, je pense, d’un dossier qui est très pertinent et justifié par rapport à la chasse aux phoques gris.»
Les pétitionnaires madelinots demandent aussi une rencontre, dans l’archipel, avec les fonctionnaires de la direction des aires protégées qui seront chargés d’analyser leurs requêtes, puis de formuler des recommandations au ministre David Heurtel. Le député Chevarie s’attend à une décision ministérielle d’ici un an.

Réf.: LES POISSONS DE FOND – page 18-2 – Volume 30,2 – Avril-Mai 2017

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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