Les phoques gris toujours responsables de l’augmentation de la mortalité naturelle de la morue

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Le stock de morue du sud du golfe du Saint-Laurent continuera de décliner au cours des cinq prochaines années, et ce, malgré l’absence de pêche commerciale. C’est ce qui ressort de la mise à jour de l’évaluation scientifique de 2015, présentée à la réunion annuelle du Comité consultatif de gestion du poisson de fond, qui se tenait à Moncton les 22 et 23 mars.
Une fois de plus, le ministère des Pêches et des Océans (MPO) explique ce phénomène par la prédation des phoques gris. Pour Daniel Ricard, biologiste au MPO, «le modèle de population qu’on utilise fait une estimation de ce qu’on appelle la mortalité naturelle sur le stock de morue du golfe du Saint-Laurent. Et, l’hypothèse qu’on émet pour l’augmentation de la mortalité naturelle est, en effet, une prédation plus accrue par le phoque gris.»
AVEUGLEMENT VOLONTAIRE
La réunion annuelle du Comité de gestion du poisson de fond a aussi mis en lumière qu’une multitude d’autres espèces serait en déclin à cause de la prédation par les phoques, dont la plie canadienne. À ce propos, le capitaine du Biock de l’Étang-du-Nord, Ghislain Cyr, raconte que les gestionnaires du MPO ont fait bondir les pêcheurs d’indignation lorsqu’ils ont recommandé une baisse des prises accidentelles.
Le palangrier madelinot croit que les fonctionnaires font preuve d’aveuglement volontaire et de mauvaise foi en recommandant une diminution de 15% des prises accessoires de plie canadienne à la pêche au flétan de l’Atlantique. «On a été obligés de leur dire qu’ils ne connaissaient rien à la pêche, dit-il. Y as-tu quelqu’un qui a déjà capturé une plie canadienne sur un croc numéro 4? C’est impossible!»
FRONT COMMUN
D’ailleurs, au terme de la rencontre de deux jours, la quinzaine d’associations de pêcheurs du Canada atlantique présente a publié un communiqué de presse commun pour dénoncer l’inertie du gouvernement Trudeau dans le dossier du phoque gris. Leur porte-parole, Gil Thériault, directeur de l’Association des chasseurs de phoques intra-Québec, souligne que la solution – un plan de gestion pour en contrôler la population élaboré en 2014 par l’Office de gestion du phoque de l’Atlantique – est pourtant bien accueillie par le cabinet LeBLanc. «J’ai reçu un email (de Sylvie Lapointe, sous-ministre adjointe intérimaire à la Gestion des opérations des écosystèmes et des pêches) qui indique clairement «Bien oui, on est prêt à vous aider avec la réglementation, mais on n’a pas d’argent.» Ça n’a pas été «On n’a pas d’argent, mais on pourrait travailler ensemble pour trouver une solution». Non! Pas plus que ça», déplore monsieur Thériault.
Il rappelle que le projet pilote pour contrôler le troupeau de phoques gris est évalué à 13,2 millions $ sur six ans, dont une part de 7,2 millions $ proviendrait de promoteurs privés, tandis que Développement Économique Canada et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) y investiraient respectivement 500 000 $ et 600 000 $. Avec le temps, le projet réussirait même à s’autofinancer. Aussi Gil Thériault s’explique-t-il d’autant plus mal le refus du MPO de s’y associer, du fait que le MPO vient d’annoncer une somme de 325 millions $ pour rendre l’industrie de la pêche de l’Atlantique (excluant le Québec) plus compétitive et pour lui ouvrir de nouveaux marchés.
LE PUBLIC DOIT SAVOIR
«C’est une vraie farce!, s’exclame-t-il. Comment peut-on développer les marchés si les loups-marins dévorent la ressource? Et en plus, on vient d’annoncer un budget fédéral avec un déficit de 23 milliards $. Qu’on n’ait pas cinq millions $ à mettre sur la gestion du phoque gris, ça dépasse l’entendement!»
«Il faut parler des vraies choses, et que le public et les médias soient au courant que c’est le gouvernement canadien qui prend la décision consciente, réfléchie, de ne pas investir à gérer les populations de phoques gris et qu’il préfère protéger les phoques plutôt que de protéger les stocks de poissons et le gagne-pain des petites communautés côtières», martèle le directeur de l’Association des chasseurs de phoques intra-Québec.
Ironiquement, la biomasse du stock reproducteur de la morue du sud du Golfe du Saint-Laurent va augmenter en 2018, grâce à un important recrutement observé en 2011. Cependant, c’est justement chez les poissons les plus âgés que le taux de mortalité naturelle est en croissance, parce qu’ils sont la proie préférée des phoques gris.

Réf.: LES POISSONS DE FOND – page 18-1 – Volume 30,2 – Avril-Mai 2017

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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