Zone d’innovation de l’économie bleue : une alliance qui s’annonce prometteuse

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Les villes de Grande-Rivière, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé et de Rimouski ont déposé une demande de financement pour créer la Zone d’innovation de l’économie bleue du Québec. Si le gouvernement Legault approuve le projet, celui-ci devrait nécessiter des investissements de 233,4 millions $.

D’ici la fin de l’année, Québec devrait faire connaître la dizaine de zones d’innovation retenues dans différents secteurs de l’économie, sur la trentaine de zones proposées. La Zone d’innovation de l’économie bleue que proposent de créer les trois villes de l’Est-du-Québec est la seule qui touche au secteur maritime.

DEUX DISTRICTS

Si le gouvernement donne son aval, la Zone d’innovation de l’économie bleue sera soutenue pendant cinq ans par le ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI) ainsi que par Investissement Québec. Elle se divisera en deux districts.

À lui seul, le district d’innovation marine, créé par la Corporation de développement économique de Grande-Rivière, recevrait 163,4 millions $. Novarium, un organisme mis sur pied par la Société de promotion économique de Rimouski (SOPER), se verrait octroyer      60,2 millions $. Le budget de fonctionnement des deux zones est fixé à 9,8 millions $. L’apport provenant d’entreprises privées de Grande-Rivière et de Sainte-Thérèse-de-Gaspé pourrait être de 40 millions $. Le budget pour Grande-Rivière inclut la construction déjà annoncée du carrefour d’innovation halieutique prévue en juillet prochain au coût de 20 millions $.

Le district de Grande-Rivière et de Sainte-Thérèse-de-Gaspé se concentrera sur l’innovation dans le secteur halieutique et des pêches durables. Quant à celui de Rimouski, il mettra à profit son expertise en génie maritime, en intelligence de données, en protection des écosystèmes marins et en biotechnologies marines. La directrice de Novarium est Amélie Desrochers. Du côté de la Gaspésie, la Corporation de développement économique a embauché Marianne Brisson à titre de directrice. «On a réussi à aller chercher une subvention de 400 000 $ du MEI dans le cadre du projet pour l’embauche d’une ressource pour un minimum de deux ans», précise le maire de Grande-Rivière, Gino Cyr.

NAISSANCE D’UNE ALLIANCE

«Quand je suis rentré maire en 2017, on avait fait une planification au sein de la Ville de Grande-Rivière et on voulait diversifier nos activités, relate Gino Cyr. Je mettais beaucoup d’emphase sur l’École des pêches parce que c’est une des cinq écoles nationales existantes. On dit souvent que la capitale des pêches, c’est Rivière-au-Renard, que la capitale du crabe, c’est Sainte-Thérèse-de-Gaspé. À Grande-Rivière, si on veut se démarquer, c’est l’École des pêches parce qu’elle a un statut national. Malgré que je sois un développeur, je me suis dit qu’il fallait mettre des outils en place pour pouvoir être supporté dans ce développement-là, sachant que ça se ferait avec des gens d’affaires. C’est à ce moment-là qu’on a mis en place la Corporation de développement économique.»

L’élu espérait obtenir l’adhésion d’un minimum de 25 personnes du monde des affaires qui étaient prêtes à investir un montant symbolique de 5 000 $ et plus chacune. «J’ai réussi à embarquer une trentaine de membres dans mon projet. Le but est de créer des retombées économiques directes et indirectes ainsi que de développer des sources de revenus. À partir de là, la Corporation a élaboré sa planification stratégique avec des enjeux et de gros projets.» C’est ainsi que l’idée de créer une Zone d’innovation de l’économie bleue est née.

Le groupe a déposé un premier projet en février 2020, pendant que la SOPER planchait sur un projet également dans le secteur maritime. Or, le gouvernement du Québec a conseillé aux deux groupes de mettre leurs efforts en commun. C’est ce qu’ils ont fait pour en venir à récemment déposer un projet collectif.

«On est très complémentaire, spécifie Marianne Brisson. On a envoyé notre dossier le 5 novembre. On s’attend à être convoqué pour une présentation officielle finale au conseil interministériel au début janvier. Ensuite, on devrait avoir une réponse à notre projet. On a eu de très bons sons de cloche de plusieurs personnes sur notre projet. Il y a 30 projets qui ont été déposés au Québec et on est très bien placé parmi ces projets-là. On espère vraiment avoir une réponse rapide pour pouvoir annoncer la désignation officielle de la Zone d’innovation de l’économie bleue en février.»

Avantages d’une Zone d’innovation

Pour Mme Brisson, la désignation de la Zone d’innovation apporterait une certaine crédibilité aux trois villes concernées. «Aux yeux du gouvernement du Québec, on deviendrait la référence dans l’industrie de l’économie bleue. Il y a aussi le rayonnement international qui devient intéressant. Ça donne du financement, de la facilité à faire avancer des projets et à catalyser l’innovation. Ça permet aussi d’accélérer les partenariats avec les gens d’ici et à l’international.»

Pour Grande-Rivière, la désignation de la Zone d’innovation pourrait contribuer à réaliser certains projets ou à renouveler certaines infrastructures comme l’émissaire en mer et la prise d’eau de mer pour les industriels. Le maire Gino Cyr y voit aussi une avenue pour faire financer l’agrandissement et la rénovation du parc d’hivernage de bateaux de sa ville, pour lequel aucun soutien gouvernemental n’est possible.

«Le projet correspond très bien comme outil de développement pour atteindre nos objectifs, confirme-t-il. Ça va permettre de bénéficier de programmes établis et d’avoir des appuis additionnels décrétés exceptionnellement dans ce contexte. Ça va permettre aussi des investissements additionnels pour l’acquisition, la mise à niveau, la construction d’infrastructures stratégiques.» Selon l’élu, le dossier du parc d’hivernage figure parmi les trois priorités du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne.

«Si on veut se développer pour mettre de l’avant nos projets porteurs, il faut s’assurer d’avoir nos infrastructures d’appoint, soutient le maire Cyr. La mise à niveau est pour supporter le développement qui s’en vient.» Le projet prévoit aussi la mise en place d’un parc bioalimentaire marin à Sainte-Thérèse-de-Gaspé, qui serait un genre de motel industriel pour des entreprises naissantes qui pourraient travailler ensemble à leur développement. «Ces joueurs-là viennent former un genre de grappe industrielle et il se crée une synergie entre les entreprises», décrit-il.

M. Cyr salue le soutien des partenaires institutionnels dans le dossier : l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et l’École des pêches et d’aquaculture du Québec (ÉPAQ). «Sur le plan intellectuel, on vient renforcer notre écosystème. On travaille avec l’UQAR et l’ÉPAQ pour avoir éventuellement des genres de pavillons universitaires pour permettre aux gens de pouvoir étudier à distance.»

Les promoteurs de la Zone d’innovation de l’économie bleue attendent impatiemment la réponse du gouvernement. «On est audacieux, proactif, on a décidé de déposer un dossier et on fait partie des 14 projets qui ont été retenus par le gouvernement du Québec, souligne Gino Cyr. Sur le plan collaboratif, on est très complémentaire avec Rimouski et on est le seul projet dans le secteur des pêches. On est bien positionné. C’est un dossier qui est concerté et supporté par le milieu. C’est très porteur. Moi, comme maire, j’en suis très fier.»

Il rappelle que les ports de pêche de sa municipalité et de Sainte-Thérèse-de-Gaspé sont «les deux principaux ports de débarquement en valeurs marchandes au Québec». «On a une concentration d’entreprises qui, dans un rayon de 10 km, représente 80 % de la ressource du crabe des neiges et du homard, ajoute l’édile municipal. On a aussi l’École des pêches et on va avoir un carrefour d’innovation.» Les dés sont donc jetés. Il ne reste maintenant qu’aux protagonistes à espérer une réponse positive de Québec.

INNOVATION – pages 4 et 5 – Volume 34,5 Décembre 2021-Janvier 2022

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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