Anouk St-Onge, première femme innue à obtenir son brevet de Capitaine classe IV

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Anouk St-Onge devient la première femme innue à obtenir son brevet de Capitaine classe IV à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec (ÉPAQ). Originaire de la communauté Mani-Utenam de la Côte-nord, la nouvelle diplômée rêve un jour de monter un équipage totalement féminin.

Le parcours d’Anouk St-Onge ne peut pas laisser indifférent. Décrocheuse au  secondaire, elle se concentre sur le métier d’aide-pêcheuse depuis plus d’une quinzaine d’années. Baignée par l’environnement marin, c’est depuis sa plus tendre enfance qu’elle fréquente les eaux et les rives de la Côte-Nord.

«Ce n’était pas de façon commerciale, mais mon père pêchait la morue et le bourgot. Et avec ma mère, on pêchait des crustacés sur le bord de la mer. J’ai passé mes étés au bord de la mer, en famille», se rappelle Anouk St-Onge, dressant un portrait de son enfance étroitement lié avec la mer.

Elle débutera sa carrière d’aide-pêcheuse sur un crevettier à 27 ans, sur lequel elle évoluera pendant trois saisons avant d’obtenir un emploi sur un crabier, sur lequel elle travaille toujours.

Désireuse de prendre son avenir en main et de donner un exemple à ses enfants et petits-enfants, Anouk St-Onge caresse l’ambition d’obtenir son brevet de capitaine et y parvient à 43 ans. Pour ce faire, elle est appuyée par l’Agence Mammu Innu Kaikusset et elle s’inscrit à  l’ÉPAQ à l’automne 2020. Elle s’exile donc pour une bonne période et met les bouchées doubles pour atteindre son objectif. C’est la première fois qu’elle s’éloigne de sa famille et qu’elle vit seule. «Heureusement, les gens de la Gaspésie sont vraiment accueillants», dit-elle.

En plus d’être loin de sa famille, Mme St-Onge doit surmonter la barrière de la langue : «Je parle innu couramment à la maison. Ça a été un défi pour moi d’apprendre des mots, dans la classe, je devais chercher sur Google pour comprendre le sens de plusieurs mots dans le cadre ma formation», raconte-t-elle.

Le parcours scolaire écourté de l’aspirante capitaine fait en sorte qu’elle doit travailler deux fois plus fort pour arriver à ses fins. «J’ai dû faire preuve de confiance et de persévérance pour y arriver. Je n’ai      jamais terminé mon secondaire un; j’ai  simplement mon primaire en main.»

Au printemps 2021, au terme d’un parcours atypique interrompu par la pandémie de la COVID-19 et  ayant mobilisé tous ses efforts, Anouk St-Onge obtient enfin son brevet de Capitaine classe IV lui permettant d’accéder à tous les espoirs. «Je suis vraiment fière. Je voulais accomplir cela pour mes enfants et mes petits-enfants», raconte la mère de deux filles et grand-mère de bientôt quatre petits-       enfants.

Pour le moment, Anouk St-Onge agit à titre de deuxième capitaine sur le navire LE RÊVE DE PIERRE, au sein de son équipe des quinze dernières années qui pratique la pêche au large de Baie-Johan-Beetz en Minganie. «Je ne suis pas encore rendue à manœuvrer le bateau, mais on va bientôt finir la saison et je vais apprendre à accoster. On va aller à Baie-Johan-Beetz où il y a moins de courants marins pour pratiquer.»

 À plus long terme, Mme St-Onge caresse un rêve, soit celui d’acquérir un permis, d’avoir son propre bateau et monter un équipage totalement féminin. Pour ce faire, plusieurs étapes doivent être franchies. «Je me cherche un permis de pêche du noyau indépendant et si je suis choisie, j’aurai une chance de réaliser mon projet.» Pêche au hareng, au crabe, au homard, peu importe si elle peut exercer le métier qu’elle aime. Elle est confiante d’arriver à ses fins au moment opportun.

Anouk St-Onge incarne un puissant message d’espoir pour les jeunes qui veulent reprendre leur parcours scolaire. Celle-ci tient d’ailleurs fortement à les encourager, parce que pour elle, tous les espoirs sont maintenant permis. Elle les invite à poursuivre pour se garantir un bel avenir : «J’encourage tous les jeunes qui ont décroché de l’école, tout est possible si on persévère», conclut-elle.

COUP DE COEUR – page 29 – Volume 34,2 Avril-Mai 2021

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À propos de l'auteur : 

Ariane Aubert Bonn
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