Baisse des captures de homard à mi-chemin de la saison

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Après quatre des neuf semaines de pêche au homard dans A la zone 22 des Îles-de-la-Madeleine, les captures sont en baisse du tiers par rapport à la même période l’an dernier. Selon les données de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche, les pêcheurs madelinots ont livré à quai près de 3,2 millions de livres, contre plus de 4,7 millions de livres à la même période l’an dernier. Et, qu’ils pêchent au nord ou au sud de l’archipel, tous sont affectés à divers degrés. Cependant, les prix aidant, ils sont loin d’être découragés. Jusqu’à présent, ils ont perçu une moyenne de 6,07 $ la livre, contre 5,03 $ un an plus tôt. Cela représente une hausse de près de 21%.

ON GARDE LE MORAL

Hugo Bourgeois, qui en est à sa première saison à titre propriétaire du Marie-Hugo de Millerand, rapporte une baisse de 4 000 livres de ses captures par rapport à ce qu’il avait jusqu’alors pêché avec son père en 2015. Il fait aussi remarquer que la saison dernière s’était soldée par des prises globales record de près de 7,7 millions de livres. «La dernière année était exceptionnelle, dit-il. Alors, ce n’est pas si pire. Ça pourrait être mieux, mais ça pourrait bien être pire. On ne fera pas des 25 000 livres à tous les ans; ça, on le sait.»

Son confrère Denis Cyr, de Havre-Aubert, rapporte un manque à gagner d’environ 5 000 livres par rapport à la première moitié de la saison dernière. «Ce n’est pas dramatique, assure le capitaine du Smoke’n Oakum, fort d’une expérience d’une vingtaine d’années. Si on regarde avec les deux, trois années en arrière, c’est pas mal pareil. Et puis, la hausse de prix peut compenser un peu la baisse. Ce n’est pas si pire.»

«Les prises sont en baisse, mais la saison est pas mal bonne, enchaîne Larry McLain, de l’île d’Entrée. Il y a une stabilité dans les captures, qui se maintiennent dans une bonne moyenne. Et les prix sont décents.» Cela dit, le capitaine du Marlena PhilLen note que le travail en mer est froid sur les doigts!

LA CHALEUR SE FAIT ATTENDRE

D’ailleurs, William Burke, de Grosse-Île, est d’avis qu’il a perdu deux semaines de pêche à cause du début hâtif de la saison à la fin avril. Il dit que ses prises sont en baisse de moitié par rapport à la saison précédente; laquelle, il faut le dire, n’avait commencé qu’à la mi-mai à cause de l’important couvert de glace de l’hiver 2015. «C’est mon pire début de saison depuis que j’ai commencé à pêcher il y a six ans, précise le capitaine du Julie-Ann. L’eau était vraiment très froide, surtout dans le secteur de l’île Brion, qui se trouve encore plus au nord. Même si ça commence à aller mieux, on ne s’attend pas à reprendre ce qu’on a perdu.»

Paul Chevarie, de Cap-aux-Meules, est également d’avis que la saison de pêche a commencé trop tôt : «La température peut y faire; le homard ne grouillait pas, observe le capitaine du Paul-Olivier. À cinq, six brasses d’eau, le homard n’était pas encore sorti. Il était encore en hibernation.»

Yves Bénard, de Pointe-aux-Loups, est d’accord : «On a tendu [les casiers] trop tôt, affirme-t-il. L’eau était beaucoup trop froide.» Le capitaine du Pépé Flo fait aussi remarquer que les fonds de pêche ont peut-être souffert de l’assaut des tempêtes en l’absence de glace dans le golfe cet hiver. «Les vieux disaient tout le temps : ça prend de la glace pour avoir du homard; ça arrête les fonds de brasser.»

QUESTION DE CYCLE

Cela dit, Paul Chevarie, qui compte près de 40 ans de métier croit aussi que la diminution des prises, environ 1800 livres dans son cas, s’explique par l’important effort de pêche de l’an dernier. «Il ne faut pas s’attendre à ce que la ressource va augmenter à tous les ans, dit-il. Un moment donné, il faut s’attendre à ce que ça baisse.»

«La pêche, c’est la pêche! C’est toujours des hauts et des bas», renchérit le capitaine du Emma Joan, Adam Clark. Ce dernier, qui pêche du côté de Grande-Entrée depuis sept ans, rapporte une baisse de 25% de ses captures par rapport à la mi-saison de 2015. «C’est quand même une bonne année; une année normale, devrais-je dire.»

Pour sa part, Charles Poirier, de la Pointe-Basse, croit aussi que la pêche au homard est soumise à des cycles. «Avec près de 8 millions de livres l’an passé, on a fait mal à la ressource, dit-il. On avait eu des bonnes prises de la première à la dernière journée. C’était vraiment exceptionnel! Moi, je pense que 2016 est une année normale, comme la moyenne de toutes mes autres années.»

PRIX ENCOURAGEANT

«C’est un début de saison difficile, résume Daniel Miousse, de L’Étang-du-Nord. Les prises ne sont pas au rendez-vous; il faut fouiller plus.» Cependant, malgré la baisse de près de moitié de ses débarquements comparés aux quatre premières semaines de pêche de 2015, il dit que les choses se replacent. «Ça va bien, assure le capitaine du Frérot. Le prix a d’l’allure. À 6 $ la livre, c’est encourageant. Si tu prends une moyenne de 2000 livres par semaine à six piastres la livre, c’est raisonnable. Tu devrais être capable de subvenir en faisant attention.»

D’ailleurs, Charles Poirier calcule qu’avec la contestation en arbitrage du prix payé à quai pour les quatre premières semaines de la saison, les pêcheurs devraient recevoir un ajustement de 15 à 20 cents la livre s’ils gagnent leur cause. «De mémoire, je pense qu’on n’a jamais eu ça, une moyenne d’au-dessus de 6 $ la livre.»

Réf.: LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE – page 3 – Volume 29,3 – Juin – Juillet 2016

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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