mercredi, juillet 24, 2024
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Bilan positif pour les usines de transformation des Îles-de-la-Madeleine

Au terme de leurs productions d’automne respectives qui se sont prolongées jusqu’au début décembre, les entreprises de transformation de l’archipel dressent un bilan positif de leur année 2023. De la fin août à la fin-octobre, c’est la pêche au crabe commun qui a fourni les plus importants volumes de matière première aux usines, soit plus de 370 tonnes métriques et auxquels se sont notamment ajoutées les captures de buccin.

Chez Fruits de Mer Madeleine, de L’Étang-du-Nord, où on comptait 105 employés en usine ces derniers mois, dont le quart provenait du Mexique, on a aussi traité le crabe Hyas communément appelé araignée.

«Nos Mexicains sont restés jusqu’à la fin des débarquements du crabe commun, à la mi-octobre, après quoi nos travailleurs locaux ont suffi à la tâche pour compléter la saison avec les derniers arrivages de crabe araignée et de buccin, précise James Derpak, directeur général de l’entreprise. On a aussi eu une petite production de palourdes, dans les derniers jours de novembre.»

M. Derpak rapporte également que le prix payé à quai pour le crabe commun et le crabe   araignée est resté stable par rapport à l’an dernier, à 1,40 $/lb et 0,75 $/lb chacun, malgré la crise qui ébranle le marché du crabe des neiges. Cependant, au contraire de la production du crabe de printemps qui a entièrement été écoulée au fil de la saison, celle d’automne est encore en inventaire, dit-il. «On a encore de l’inventaire mais ça va sortir avant Noël à un prix plus faible que l’an passé. Toutes les espèces de crabe – c’est pareil pour le Dungeness de la Côte Ouest – suivent le crabe des neiges. Et le marché américain est encore très faible.»

Quant au buccin, le prix payé au débarquement est passé de 1 $/lb en 2022 à 1,20 $/lb cette année. La demande s’améliore progressivement en Asie après s’être effondrée en raison de la fermeture des frontières pendant la pandémie de COVID-19, explique à ce propos James Derpak. «Ça s’est très bien vendu, commente-t-il. Le marché est fort et on serait capables d’acheter plus de buccin. Mais depuis quelques années, les pêcheurs n’arrivent pas à prendre leur quota parce que la pêche est difficile.»

De son côté, Pêcheries LéoMar, qui a traité le buccin à son usine de Gros-Cap, a tout écoulé sa production au Québec à des fins de deuxième et troisième transformation. «Les prises étaient quand même bonnes et ça été pêché rapidement, précise son président Christian Vigneau. Et pour le pétoncle, ça a très bien été aussi. On a transformé l’entièreté avec Poisson Frais des Îles, qui ne vend surtout que du homard vivant, parce que la pêche était déjà commencée quand on a su, le 24 mars, qu’on était les repreneurs de LA Renaissance. On a acheté de très bonnes quantités de pétoncle et tout s’est bien vendu. Il ne nous en reste même plus pour nos soupers de Noël!»

Pour ce qui est du flétan, les usines ont payé le poisson entier entre 5,50 $/lb et 7,50 $/lb selon leur taille. Aussi James Derpak et Christian Vigneau se défendent-ils d’être moins généreux que leurs con-currents des Maritimes. «Toutes grosseurs confondues, on a payé en moyenne 7 $/lb, contre 5,50 $ – 6 $/lb l’an dernier, résume le président de Pêcheries LéoMar. En Nouvelle-Écosse, ils offrent un prix plus alléchant, mais il faut que le pêcheur enlève la tête, qui compte pour 10 – 11 % [du volume]. Et quand on a comparé les prix, incluant les frais de transport, c’était plus avantageux ici.»

PERSPECTIVES D’AVENIR

Autrement, tandis que la demande pour le homard est restée très vigoureuse en 2023, les industriels des Îles restent dans l’expectative concernant une remontée du prix du crabe des neiges qui, lui, a chuté des deux tiers. Les pêcheurs n’ont eux-mêmes reçu que 2,25 $/lb, contre 6 $/lb l’an dernier. Est-ce qu’ils peuvent s’attendre à un ajustement à la hausse d’ici les Fêtes? «Je ne sais pas, nous répond James Derpak. Les gens restent optimistes, mais la remontée va prendre plusieurs saisons. On suit le prix du marché.» «L’industrie travaille sur le reclassement MSC du crabe et c’est certain que [ce sceau de pêche durable du Marine Stewardship Council,] ça apporterait une plus-value», ajoute, pour sa part, Christian Vigneau.

Chose certaine, Pêcheries LéoMar se prépare dès maintenant à maximiser sa production du crabe des neiges l’an prochain, après une saison 2023 que son président qualifie de rocambolesque en raison de la reprise tardive des actifs de LA Renaissance des Îles en faillite, qui l’a privé pendant de longues semaines d’une indispensable main-d’œuvre étrangère pour pouvoir opérer à plein régime. «Tant dans le crabe que dans le homard, on a transformé à la capacité maximum que nos employés pouvaient faire, fait-il valoir. À l’usine de Gros-Cap, on produisait entre 40 000 lb et 50 000 lb de homard par jour contre une capacité de 70 000 lb. Et pour le crabe, c’est la même chose. On était autour de 40 000 lb par jour et l’usine [de Grande-Entrée] a une capacité quotidienne de 80 000 lb.»

D’ailleurs, M. Vigneau nous apprend que des travailleurs étrangers temporaires ont accepté de rester sur place jusqu’à quelques jours avant Noël, dont un mécanicien et un préposé à l’entretien et maintenance, pour préparer la saison 2024. Et, alors qu’il souhaite faire passer de 96 à 130 le nombre total d’employés d’origine mexicaine pour prêter main forte aux activités de Pêcheries LéoMar et de Poisson Frais des Îles l’an prochain, deux ou trois d’entre eux bénéficieront d’un permis de travail annuel plutôt que saisonnier. «Ces travailleurs occupent déjà depuis plusieurs années des postes clé au sein de l’entreprise, affirme l’industriel. Certains d’entre eux veulent même demander leur résidence permanente au Canada, pour pouvoir rester avec nous autres. Et ça devrait aller en augmentant. On parle de mécaniciens, de contremaîtres, de chauffeurs de camion.»

ROBOTISATION

La main-d’œuvre étrangère, pour suppléer à la pénurie de travailleurs locaux, est également un enjeu de taille pour Fruits de Mer Madeleine. L’entreprise est notamment en recrutement d’un mécanicien à Madagascar, afin de combler un poste annuel pour un contrat de trois ans. «On est en processus de sélection, mais il y a une douzaine de mois de délai, indique M. Derpak. En fait, ça fait plus d’un an qu’on cherche des gens pour la mécanique et la maintenance de l’usine. On est même prêt à offrir de la formation sur place à quiconque a les capacités et démontre un intérêt.»

De plus, l’entreprise de l’Étang-du-Nord, qui ajoutera 10 employés étrangers temporaires à son équipe la saison prochaine, pour un total de 66 contre presqu’autant de travailleurs locaux, planifie des investissements majeurs au cours des deux prochaines années afin de robotiser ses opérations en usine. «On veut se positionner pour automatiser de plus en plus parce qu’idéalement on ne voudrait pas avoir à augmenter notre main-d’œuvre mexicaine à chaque année», expose James Derpak.

Fruits de Mer Madeleine investira ainsi une somme d’environ 9 millions de dollars dans la modernisation de ses équipements de traitement du crabe et de congélation, de même que pour doubler sa capacité de stockage en chambre froide. Au printemps 2025, sa production quotidienne de crabe des neiges passera de 75 000 lb à 125 000 lb.

TRANSFORMATION – page 30 – Volume 36,5 Décembre 2023-Janvier 2024

 

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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