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Le suivi post-saison du homard aux Îles-de-la-Madeleine est un échec pour une première fois depuis 1995

Pour la première fois depuis 1995, la mission scientifique de suivi post-saison de l’abondance du stock homard des Îles, qui devait se dérouler du 26 août au 10 septembre dernier, est un échec. Le problème c’est que le système électronique qui permet de mesurer l’ouverture des portes du chalut à bord du LEIM, le navire de recherche de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML), était hors d’usage.

Le biologiste Benoît Bruneau explique qu’il ne s’en est rendu compte qu’une fois rendu en mer. «L’indicateur d’abondance du homard par mètre carré, la biomasse, c’est l’indicateur principal qu’on cherche à avoir quand on fait cette mission-là, expose-t-il. Et comme l’ouverture des portes [du chalut] peut changer en fonction du fond, sans la donnée sur la surface couverte, bien, notre suivi ne dit pas grand-chose. D’une année à l’autre les surfaces couvertes changent beaucoup. C’est primordial d’en tenir compte.»

L’investigation pour trouver la source de la défaillance a démontré que c’est la foudre qui a grillé l’ordinateur en question. L’incident est survenu au cours de la précédente mission scientifique de l’IML axée sur la population du pétoncle géant de l’archipel. Pourtant, tous les équipements électroniques du LEIM utilisés pour ce suivi dirigé par le biologiste Rénald Belley (Pêche Impact, septembre 2023) avaient alors été adéquatement protégés contre la surcharge électrique provoquée par l’éclair, souligne M. Bruneau. «L’équipe d’évaluation du stock de pétoncle utilise une drague fixe et elle s’est assurée que tous ses instruments fonctionnaient encore, alors personne n’a soupçonné qu’il y avait quelque chose de brisé ailleurs. En fait, tous les systèmes sont branchés sur des batteries de secours qui ont aussi des systèmes de protection de   surcharge. Mais pour X raison, dans ce cas-ci, on a perdu notre ordinateur. On ne sait pas pourquoi.»

Benoît Bruneau raconte que l’équipage du navire de recherche appartenant à la Garde côtière canadienne a finalement dû lancer la serviette après quatre jours de vaines tentatives pour trouver une solution de rechange à ce bris, afin de mener à bien la mission homard 2023. «Il y avait une rotation entre le premier maître et le mécanicien, qui sont deux personnes qui s’y connaissent bien en électronique et en informatique, et tout le monde sur le navire a fait de son mieux pour essayer de réparer tout ça, mais au final, on n’a pas été capables.»

C’est donc dire que le prochain rapport triennal d’évaluation scientifique du stock de homard de la zone 22 de l’archipel madelinot, pour la période 2023-2025, ne contiendra que deux années de données provenant du chalut plutôt que trois. Le biologiste de l’IML précise que ses relevés d’indicateurs de biomasse couvrent traditionnellement toutes les strates de la population de crustacés, allant des pré-recrues aux individus de grande taille, en passant par les femelles œuvées et les homards de taille commerciale. «Tout ce qu’on utilise comme indicateur d’abondance pour notre évaluation de stock, incluant la production d’œufs, n’a pas pu être récolté cette année, se désole le chef de mission de l’IML. Du point de vue scientifique, c’est un peu décevant, d’autant plus que le milieu est changeant. Ce n’est vraiment pas l’idéal.»

AUTRES DONNÉES

On se rappellera que la saison de pêche au homard 2023 aux Îles-de-la-Madeleine s’est soldée par de nouvelles prises record de plus de 15 millions de livres, en hausse de 2,2 % par rapport à l’année précédente. M. Bruneau admet qu’il s’agit là d’un très bon indice d’abondance, mais il est loin de suffire pour avoir un portrait global de l’état du stock. «Les données qui viennent de la pêche, avec des casiers qui attirent le homard grâce à un appât, ça permet de voir d’un autre œil ce qui se passe sur le fond, fait-il valoir. Le relevé scientifique, lui, ramasse ce qui est réellement là quand on passe [avec le chalut] à une certaine période. Que les données viennent des pêcheurs ou du relevé scientifique, ce sont deux sources d’information très complémentaires pour comprendre ce qui se passe d’un côté et de l’autre. Mais là, en 2023, il va nous manquer des éléments importants pour comprendre cette année-là parce qu’on a juste un côté de la médaille.»

Autrement, l’IML compte aussi sur ses relevés annuels en plongée, dans la pouponnière des Demoiselles de la baie de Plaisance, pour compléter le tableau. Ceux-ci permettent d’évaluer le recrutement de l’espèce au moment de la déposition larvaire sur le fond. «Pour la première fois cette année, le RPPCI (Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles) a collaboré à ces relevés en plongée, mentionne M. Bruneau. Ces données n’ont pas été interrompues et seront donc incluses dans la prochaine évaluation scientifique de 2025.»

D’autre part, en marge des tentatives de réparation du système de contrôle de l’ouverture des portes du chalut nécessaire à l’évaluation de l’abondance du stock de homard, l’équipe dirigée par Benoît Bruneau a profité de son temps en mer à bord du LEIM pour procéder à d’autres types d’échantillonnages. Ils visaient plus spécifiquement à mesurer l’indice de santé physiologique des crustacés et le stade de développement des œufs sur les femelles œuvées.

«Donc, on a fait un peu de science parallèle à l’évaluation d’abondance, mais très peu, conclut le biologiste. On a fait des traits beaucoup plus petits pour aller chercher le plus de stations possible pour avoir une bonne diversité d’information liée à l’indicateur de développement des œufs et aux indices de condition, de réserve énergétique des homards. Alors, on a quand même couvert un bon espace et on voyait de bonnes abondances dans le filet. Je ne dis pas que c’est plus ou moins abondant que l’année dernière, mais je peux dire que ça ne semblait pas être une baisse.»

Notons que la mission homard à bord du LEIM sert aussi au suivi de la population de crabe commun aux Îles-de-la-Madeleine. Le bris d’équipement a donc également compromis les relevés d’abondance de cette ressource, dont le homard est le principal prédateur. Selon Benoît Bruneau, la Garde côtière évalue présentement les différentes options pour corriger la situation en prévision de ses prochains relevés scientifiques prévus en 2024.

BIOLOGIE – page 29 – Volume 36,5 Décembre 2023-Janvier 2024

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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