Certification MSC du crabe des neiges de la zone 12 du Golfe : suspendue en 2020 et à la demande l’industrie

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La certification MSC (Marine Stewardship Council) du crabe des neiges de la zone 12 du Golfe restera suspendue en 2020, pour une troisième année consécutive, malgré les efforts de l’industrie pour réduire ses interactions avec les baleines noires menacées de disparition. Cette fois, cependant, c’est l’industrie elle-même qui en a décidé ainsi, alors que sept mortalités ont été rapportées dans la région l’été dernier et qu’une huitième baleine trouvée morte au large de New York avait été aperçue plus tôt dans le golfe du Saint-Laurent avec du cordage de pêche.

 Le président de Transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick, Gilles Thériault, explique que les industriels ont renoncé à demander un audit de surveillance de la pêcherie, pour éviter la mauvaise presse d’un nouveau rapport défavorable de la part du Marine Stewardship Council. « On accepte que la suspension va durer en 2020 pour embarquer dans un FIP, un Fishery Improvement Project, dit-il. On veut adhérer à ce programme d’amélioration des pêcheries pour convaincre le MSC d’enlever la suspension. Ça va aussi satisfaire nos clients d’apprendre qu’on prend des mesures, qu’on fait quelque chose. Ça ne devrait pas avoir d’impact sur l’écoulement de nos produits sur les marchés, ni sur les    prix. »

Front commun avec le Québec

M. Thériault précise que le projet d’amélioration de la pêcherie du crabe des neiges du Golfe, supervisé par le MSC, sera mené en partenariat avec un organisme non gouvernemental (ONG). Les transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick font front commun avec leurs confrères du Québec, avec qui ils ont discuté en marge du congrès annuel de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP), qui se tenait dans la Vieille Capitale du 21 au 23 janvier.

« On a donné notre accord, confirme le directeur général de l’AQIP, Jean-Paul Gagné. On va prendre l’année pour travailler là-dessus, de sorte à être mieux informés et plus munis d’argumentaires devant le MSC pour faire lever la suspension en 2021. »

M. Gagné rapporte que les industriels du crabe du Québec et du Nouveau-Brunswick ont mandaté une avocate de Montréal, Me Catherine Morrissette, pour concevoir l’entente du FIP et pour leur soumettre des propositions de spécialistes capables de les orienter. « Elle va aller aux informations pour nous, dit-il. Tout est une question de coûts et de qualité des spécialistes. On devrait faire notre choix au cours du mois de mars. »

À ce propos, Gilles Thériault indique que le New England Aquarium a déjà exprimé son intérêt à participer au programme d’amélioration de la pêcherie du crabe des neiges du Golfe. « L’avantage qu’on aurait à travailler en collaboration avec le New England Aquarium, c’est que c’est LA sommité en matière de baleines noires, souligne-t-il. Aussi, l’aquarium de Boston collabore déjà à la quinzaine de projets de recherche Crabiers pour les baleines, initiés en 2018. »

Une préoccupation grandissante

Toutefois, l’association Transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick n’en questionne pas moins le processus de décision du Marine Stewardship Council, à l’égard de la suspension de la certification de leur pêcherie. Son président a l’impression que l’organisme de réputation internationale est à la merci des ONG qui ont des revendications extrêmes ne tenant pas compte de leur impact sur l’industrie.

« On leur a dit clairement qu’ils ne tiennent pas compte des efforts des pêcheurs, des industriels et du gouvernement du Canada pour protéger les baleines noires. Et pourtant, on ne connaît pas d’autres industries qui font autant d’efforts », affirme M. Thériault.

Les transformateurs néo-brunswickois du crabe des neiges constatent, d’une analyse menée à leur demande par un consultant indépendant pour évaluer les alternatives à la certification MSC, que leurs critiques envers cette dernière sont généralisées de par le monde. Néanmoins, elle est en expansion, relève Gilles Thériault.

« Il est clair qu’il y a un mouvement mondial en faveur de la pêche durale, de la protection de l’environnement et des espèces menacées. C’est clair que de plus en plus de pays adhèrent à cette préoccupation. »

Menace de boycott

L’industrie prend aussi au sérieux les appels au boycott du crabe des neiges canadien qui se multiplient aux États-Unis. Quatre élus du Maine ont sonné la plus récente charge, le 17 décembre, en accusant cette pêcherie d’être la principale source de l’empêtrement et des mortalités records de baleines noires.

Ils qualifient de frustrante la hausse des mortalités dues aux activités de pêche et au transport maritime en eaux canadiennes, alors qu’ils soutiennent que les mesures de mitigation adoptées par les pêcheurs de homard de leur État depuis plus de 20 ans ont permis de sauver l’espèce et d’en faire croître la population de près de 80 %.

« Il faut porter attention à ces demandes de boycott, même si elles sont mal fondées, commente M. Thériault. Il ne faut rien prendre pour acquis. Il faut développer une stratégie de communication avec tous les intervenants canadiens concernés, tant du gouvernement fédéral que des provinces et de l’industrie, pour contrer cette désinformation. »

Le président de Transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick fait remarquer que c’est ce même type de désinformation qui a mené à la fermeture du marché américain aux produits du loup-marin, dans les années 1970. « Il faut tirer des leçons de ça. À l’époque on avait défié les ONG et les gouvernements; aujourd’hui il faut travailler avec eux. »

Selon Gilles Thériault, de 70 à 80 % du crabe des neiges néo-brunswickois est exporté aux États-Unis. En comparaison, chez Fruits de Mer Madeleine de l’Étang-du-Nord on parle de ventes à parts relativement égales entre les marchés américain et japonais.

CERTIFICATION – page 28 – Volume 33,1 Février-Mars 2020

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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