mardi, mars 5, 2024
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Crevette : une année à oublier, et une année qui inquiète pour la suite des choses

La tendance à la baisse notée depuis 2015 dans le volume de débarquements de crevette nordique s’est poursuivie en 2023, année au cours de laquelle les captures ont atteint un creux qui n’avait pas été observé depuis des décennies.

Les prises n’ont atteint que 4 500 tonnes métriques au Québec, un fléchissement de 42% comparativement aux 7 800 tonnes de 2022. Ça ne représente que 31,15% du total révisé des prises admissibles déterminé en début de saison. C’est donc un peu moins du tiers des 14 448,9 tonnes de ce contingent, qui avait été réduit de 8% par rapport à celui de 2022.

Plusieurs pêcheurs ont décidé de rester à quai à compter du milieu de la saison, tellement les prises étaient mauvaises. Ils n’arrivaient tout simplement pas à justifier une présence en mer, les prises ne comblant pas les frais d’exploitation.

La valeur des débarquements a suivi une courbe fidèle presque en tous points à celle des prises, puisque les revenus totaux des crevettiers n’ont atteint que 14,6 millions de dollars, par rapport aux 25,8 millions (M$) de 2022. C’est une diminution de 43%. Toutes ces données sont préliminaires, puisqu’elles datent du début de novembre, mais elles pourraient bien ne pas bouger considérablement, tant est élevée la proportion de crevettiers ayant décidé de mettre fin prématurément à la saison, avant même de capturer leurs quotas individuels.

«Ça ne s’est pas passé mieux ailleurs, puisque les débarquements n’ont atteint que 5 500 tonnes, ou 38% du quota total, en incluant la crevette livrée à Terre-Neuve et au Nouveau-Brunswick», précise, en faisant référence aux prises des quatre zones, l’analyste et chercheur Simon Desrochers, du ministère fédéral des Pêches et des Océans.

C’est dans les zones de Sept-Îles, d’Anticosti et d’Esquiman que les taux de capture ont été les plus faibles, note également l’économiste. La situation a été un peu plus enviable dans la zone de l’Estuaire, mais cette zone est caractérisée par un très petit quota de 473 tonnes en 2023.

Commentant le fait qu’une proportion de seulement 31,15% du quota total de 14 448,9 tonnes métriques avait été capturée au début de novembre par des crevettiers québécois, Simon Desrochers a mis en lumière les frais d’exploitation des crevettiers. «Il a fallu plus de voyages que prévu pour capturer ce volume», note-t-il.

Le prix s’est essentiellement aligné sur celui de l’année dernière, en vertu d’une moyenne de 1,49 $ la livre, toutes catégories confondues. «Ce prix a été relativement stable, si on le compare à celui de 2022. C’est un prix négocié en amont, applicable dans la majorité des usines», précise l’économiste.

La contribution de chaque zone a changé, quand on compare les résultats de 2023 et ceux de la moyenne des cinq dernières années.

Ainsi, cette année, la zone d’Anticosti a mené les trois autres avec une valeur de débarquement de 5,2 M$ et 36% des prises, suivie par Sept-Îles, avec 5 M$ en valeur et 35% des captures. Des prises non attribuées à une zone spécifique ou réalisées ailleurs que dans les quatre zones du golfe Saint-Laurent ont représenté 12% des prises de 2023, pour une valeur de  1,8 M$. Les zones de l’Estuaire et d’Esquiman ont fermé la marché grâce à des prises de 1,3 M$ chacune, porteuses de 9% des débarquements.

Les données moyennes des cinq dernières années brossent un portrait sensiblement différent. La zone de Sept-Îles venait en tête des quatre secteurs de capture en fonction de prises annuelles de 11,2 M$, représentant 45,5% des débarquements. Anticosti arrivait en deuxième position avec des revenus de 10,5 M$ par an, et une proportion des captures de 42,7%, suivie par la zone de l’Estuaire, porteuse de revenus de 1,4 M$ et de 5,4% des prises, et par Esquiman, où des revenus de 1,3 M$ ont été générés à partir de 5,3% des débarquements. Les prises non attribuées ou réalisées ailleurs n’ont représenté que 200 000 $ de revenus et 1% des captures.

Le bilan statistique des cinq dernières années illustre bien la descente des captures. Les prises annuelles moyennes durant le dernier quinquennat ont généré une valeur de 24,6 M$, comparativement à 14,6 M$ en 2023. En plus, le prix moyen des cinq dernières années, à 1,39 $ la livre, est de 10 cents, ou 0,10 $, inférieur à celui de 2023, ce qui accentue l’effet de la baisse des captures.

Vérification faite, les crevettiers québécois ont livré à quai une moyenne annuelle de 8 184 tonnes de crustacés au cours des cinq dernières années, comparativement à 4 500 tonnes en 2023. Si on soustrait les données de 2023, on peut conclure que les prises ont diminué de moitié depuis 2018.

Il y a sept ans à peine, en 2016, les débarquements québécois avaient atteint 16 529 tonnes métriques, pour une valeur de 48,9 M$. Le prix au débarquement était pourtant un très moyen à 1,34 $ la livre.

Il est à noter que le contingent 15 812 tonnes de 2022 n’avait pas été entièrement capturé non plus.

Dans ce contexte peu prometteur à court terme, les crevettiers sont dans l’attente de développements du côté de la gestion de Pêches et Océans Canada. Certains d’entre eux espèrent une politique de rachat de quelques permis, tandis que d’autres attendent avec impatience une décision d’ouverture de la pêche au sébaste autrement qu’à des fins exploratoires. Les crevettiers sont unanimement perçus comme les mieux placés pour bénéficier d’éventuels quotas de sébaste, en raison de la taille de leurs bateaux et des ajustements relativement mineurs qu’ils nécessiteraient.

ÉCONOMIE – page 18 – Volume 36,5 Décembre 2023-Janvier 2024

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Gilles Gagné
Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.
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