mardi, mars 5, 2024
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Inquiétudes soutenues pour certains poissons de fond et les espèces pélagiques

Les débarquements québécois d’espèces halieutiques autres que le homard et le crabe des neiges ont évolué en dents de scie en 2023. Il serait juste de dire que le flétan atlantique domine sans équivoque les poissons de fond, que les espèces pélagiques vivent une très grande précarité, alors que les mollusques et échinodermes ont connu une bonne année.

Les volumes de poissons de fond ont atteint leur plus bas niveau depuis 2017, selon les données préliminaires recueillies par le ministère fédéral des Pêches. Les 1 627 tonnes métriques livrées dans les havres québécois constituent une diminution de 35,4% par rapport aux 2 559 tonnes de 2022.

La valeur de ces 1 627 tonnes a atteint 12,3 millions de dollars, ce qui est 21% de moins que les 15,5 millions (M$) de 2022. Le flétan atlantique a accaparé 87% de la valeur de tous les débarquements de poissons de fond québécois, grâce à une valeur totale de captures de 10,7 M$. C’est 2,5 M$ et 30% de plus que la valeur moyenne et la part moyenne du flétan atlantique lors des cinq dernières années.

«Le prix s’est maintenu. Il a légèrement augmenté pour les deux espèces principales par rapport à 2022, de 1% pour le flétan atlantique, de 3% pour le flétan du Groenland, alors qu’il a baissé de 6% pour la morue», précise Alexandre Watier, économiste au ministère fédéral des Pêches.

La part des prises de flétan du Groenland, ou turbot, a fondu comme neige au soleil, elle qui déclinait déjà depuis quelques années. Plusieurs pêcheurs de turbot ont tout simplement renoncé à aller en mer à la recherche de cette espèce en plein milieu de la saison.

Les prises de turbot ont totalisé 780 000 $ en 2023, ce qui représente 6% de la valeur des captures de poissons de fond. Ce n’est toutefois que 20% des 3,9 M$ de sa valeur en 2022, alors que le turbot accaparait 25% des revenus totaux des poissons de fond. C’est aussi bien moins que les 4,6 M$ de moyenne des cinq saisons de 2018 à 2022 inclusivement.

Les débarquements de morue n’ont représenté que 4% des valeurs débarquées de poissons de fond, en vertu de prises valant 500 000 $, comparativement à 400 000 $ en 2022.

«Par secteur de pêche, il faut noter qu’aux Îles-de-la-Madeleine, les prises sont passées de 404 à 100 tonnes entre 2022 et 2023. Il faut se rappeler qu’un moratoire a été imposé sur la limande à queue  jaune et la plie rouge», signale Alexandre Watier à propos de deux espèces importantes pour l’approvisionnement en appâts des pêcheurs de l’archipel.

La valeur des prises de poissons de fond dans l’archipel madelinot a atteint 1,2 M$, un recul important par rapport aux 2,7 M$ de 2022.

Le recul a été nettement moins important en Gaspésie, où cette valeur a chuté de 17,1%, de 10,5 M$ en 2022 à 8,7 M$ cette année. La chute a été plus importante en volume de prises, puisqu’elles sont passées de 1 756 à 1 139 tonnes, un fléchissement de 35,1%. La part de ce volume attribuable au flétan atlantique a contribué à atténuer la perte de revenus.

Les poissons de fond débarqués sur la Côte Nord font exception, tant en volume qu’en valeur, puisqu’ils ont suivi une courbe ascendante. Les prises sont passées de 364 à 385 tonnes de 2022 à 2023, et les revenus associés ont crû de 2,3 M$ à 2,5 M$.

En 2016, les volumes et les revenus associés aux poissons de fond atteignaient 4 350 tonnes et 18 M$, même si ces données sont très inférieures à celles des années précédant le moratoire sur la morue de 1993 et celui du sébaste en 1995.

Une reprise même assez modeste de la pêche commerciale au sébaste en 2024 pourrait avoir un effet considérable sur ces statistiques de débarquements et de revenus.

MOLLUSQUES ET ÉCHINODERMES

Le portrait des mollusques et des échinodermes a continué de s’améliorer, une tendance amorcée à la suite de la pandémie de 2020, année qui avait été marquée par une diminution des revenus et des volumes. Depuis, la croissance de ces deux paramètres est constante.

Les pêcheurs et cueilleurs québécois ont débarqué en usines 3 775 tonnes de mollusques et d’échinodermes, une augmentation de 6% par rapport à 2022. La valeur de ces débarquements est passée de 11,5 M$ à 12,5 M$ de 2022 à 2023.

Les principales espèces composant cette valeur sont l’oursin qui, avec ses 4,1 M$ de revenus, accapare 33% des recettes totales des mollusques et échinodermes, le pétoncle, qui génère 3,1 M$ ou 25% de l’argent touché par les pêcheurs, et le concombre de mer, porteur de 2,1 M$ et 17% des revenus.

«Le pétoncle aux Îles-de-la-Madeleine va bien, tout comme l’oursin en Gaspésie, et le concombre de mer. C’est le marché de l’oursin qui se porte le mieux chez les mollusques et échinodermes. Le prix a augmenté de 59% et de 8% pour le buccin. Le prix du pétoncle avait connu une hausse de 48% en 2022, mais il a subi une légère diminution en 2023», observe Alexandre Watier.

Alors que la Gaspésie mène souvent plusieurs secteurs d’activités dans les pêches, la Côte Nord mène assez clairement en matière de mollusques et échinodermes. Les débarquements de 1 998 tonnes, soit 53% des prises québécoises, en témoignent, tout comme les revenus de 6,3 M$, soit 50,4% du total.

Depuis deux ans, les Îles-de-la-Madeleine ont légèrement dépassé la Gaspésie en termes de revenus avec près de 3,3 M$ en 2023, comparativement à 2,9 M$ dans la péninsule, qui supplante par contre l’archipel en volume, grâce à des prises de 1 028 tonnes, alors qu’elles ont atteint 759 tonnes pour les insulaires.

TRÈS DURE PÉRIODE POUR LES ESPÈCES PÉLAGIQUES

Les volumes et les revenus des poissons pélagiques n’ont cessé de chuter depuis 2018. Les prises sont presque quatre fois inférieures. Elles étaient de 6 100 tonnes métriques en 2018, comparativement à 1 684 tonnes en 2023. Les revenus sont cinq fois inférieurs, puisqu’ils sont passés de 3,5 M$ il y a cinq ans à 730 000 $ cette année, note Alexandre Watier.

«Les moratoires sur le maquereau et le moratoire de capture de hareng de printemps ont entraîné une chute des volumes de 60% par rapport à l’an dernier» note  l’économiste.

Les prises de hareng composent 97% de la valeur totale des poissons pélagiques, avec 710 000 $. Le capelan, qui a connu une baisse de volume de 74%, accapare les 20 000 $ du solde.

«On pêche le thon au Québec, mais les données ne sont pas disponibles, et il y a des thons qui sont débarqués à l’Île-du-Prince-Édouard», précise Alexandre Watier, en référence à une espèce qui pourrait améliorer un sombre bilan.

ÉCONOMIE – page 19 – Volume 36,5 Décembre 2023-Janvier 2024

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Gilles Gagné
Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.
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