De nouvelles règles d’exploitation sont à venir pour le homard

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L’acquéreur d’un second permis de capture du homard en Gaspésie ne pourra intégrer plus de 100 casiers supplémentaires aux 235 qu’il exploite déjà, si cette acquisition a lieu après le 30 novembre 2017. Ce pêcheur devra trouver un collègue acquéreur avec qui partager les autres casiers rattachés à ce second permis.
Cette mesure constitue l’un des principaux changements de gestion qui seront adoptés au cours des prochains mois dans le secteur du homard, suite à des ateliers de travail tenus en janvier entre le ministère fédéral des Pêches et des Océans et le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie.
Présentement, les 163 détenteurs de permis de capture de homard en Gaspésie ont le droit de pêcher avec 235 casiers. Sept d’entre eux ont acheté un second permis au fil des dernières années. Quand ils acquièrent ce second permis, ils ne peuvent ajouter que 200 casiers à leur nombre initial, pour un total de 435 casiers.
Les 35 casiers supplémentaires sont «abolis», dans un effort de rationalisation de la capacité de capture ayant pour but de favoriser la prolifération de la biomasse reproductive.
Après le 30 novembre, les homardiers acquéreurs ne pourront donc ajouter que 100 casiers à leur capacité de pêche. Ils pourront se trouver un second acquéreur qui intégrera de son côté 100 casiers de plus. Les 35 casiers excédentaires seront aussi «rationalisés», c’est-à-dire que leur abolition contribuera aussi à rehausser la capacité de reproduction du stock de homard.
«Les pêcheurs qui ont présentement 435 casiers pourront les garder à vie, comme ceux qui achèteront un deuxième permis avant le 30 novembre», précise O’Neil Cloutier, directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie.
Un transfert de propriété de ces permis porteurs de 435 casiers fera perdre le privilège de continuer la capture avec ce nombre élevé. Le permis sera ramené à 335 casiers si un père ou une mère lègue sa pêcherie à son fils ou à sa fille, par exemple. «Le but, c’est de ramener éventuellement tous les détenteurs de double permis à 335 casiers», ajoute monsieur Cloutier.
En plus de déboucher sur une certaine rationalisation, les nouvelles règles d’acquisition d’un second permis visent à «éviter la surenchère et à protéger le principe du propriétaire exploitant (…) Les pêcheurs côtiers travaillent fort depuis des années pour que les détenteurs de permis restent des individus, pour que les permis ne soient pas contrôlés par des compagnies, ce qui ferait perdre d’importantes retombées dans les communautés», explique monsieur Cloutier.
Le Regroupement des pêcheurs professionnels de la Gaspésie avait proposé dès 2007 cette formule obligeant la présence de deux pêcheurs pour acheter un second permis, mais la proposition n’avait alors pas été retenue.
Le mécanisme de détermination de l’ouverture de la pêche a de plus été changé cette saison. «Ils (les représentants du ministère des Pêches et des Océans) nous ont demandé de réduire de moitié le nombre d’administrateurs participant à l’appel conférence. Nous sommes 13 administrateurs au Regroupement et nous sommes maintenant sept à décider», note monsieur Cloutier.
Plusieurs autres associations de pêcheurs, surtout celles du Nouveau-Brunswick et de la Côte-Nord, demandent en outre que la saison de pêche puisse être prolongée quand la météo est très mauvaise et que plusieurs jours de capture sont perdus.
«Ce n’est pas fait encore. La demande arrive à un moment où ils (les gestionnaires de Pêches et Océans Canada) veulent standardiser certaines pratiques, et la longueur des saisons n’est pas l’un des points que le Ministère veut changer. Ici, entre Forillon et Cannes-de-Roches, il est arrivé que 10 jours soient perdus en ligne et la saison n’a pas été allongée. À moins d’une catastrophe, la saison se terminera à la date déterminée d’avance», précise O’Neil Cloutier.
D’autre part, le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie est en train d’apporter la touche finale à son Plan de gestion intégrée de la pêche du homard, une condition essentielle pour le renouvellement de sa certification MSC (Marine Stewardship Council).
Cette certification reconnaît que la capture du homard en Gaspésie répond à des normes de pêche durable. «Le plan de gestion a été conçu l’an passé. Il fallait le terminer. Il sera soumis très prochainement à Pêches et Océans Canada et il sera possible pour le public de le consulter sur le site du ministère. C’est une façon d’expliquer aux citoyens pourquoi on prend telle ou telle mesure», note monsieur Cloutier.
TAILLES MINIMALES ET MAXIMALES
Une bonne partie des ateliers de travail de janvier ont aussi porté sur les tailles minimales et maximales de homard, ou tailles légales. Ces tailles sont déterminées par la grosseur du crustacé au céphalothorax.
«On a eu une discussion sur la pertinence d’aligner notre taille légale à la taille commerciale américaine, soit 82.55 millimètres, au lieu de 82 millimètres maintenant. La perte de prises à court terme serait de 3% si on passe à 82.55 millimètres, et de 5% si on passe à 83 millimètres, comme c’est le cas aux Îles-de-la-Madeleine. La perte serait récupérée par une augmentation de poids de 10% tout de suite l’année suivante. En peu de temps, on rend le stock plus costaud. La proposition n’a pas été acceptée sur le coup cette année. Notre assemblée générale a eu lieu le 6 avril. On a manqué de temps pour compléter la discussion, qu’on reporte à la fin de l’été», explique O’Neil Cloutier.
La taille maximale constitue un autre élément lié directement à l’abondance de la ressource. Il y a trois zones de pêche du homard en Gaspésie, la zone 19, couvrant l’axe Mont-Louis-Cap-Gaspé, la zone 20, de Cap-Gaspé à Bonaventure, et la zone 21, de Bonaventure à Miguasha.
«La taille maximale de 155 millimètres a été implantée en 2016 dans les extrémités, les zones 19 et 21. On a permis à ces pêcheurs de faire une étude portant sur les pertes. On va mesurer les homards de plus de 155 millimètres et ceux de 145 à 155 millimètres. Ça nous permettra d’évaluer les pertes en considérant un scénario de réduction de la taille maximale à 150 millimètres en 2018 et à 145 millimètres en 2020», précise monsieur Cloutier.
Dans la zone 20, la taille maximale a été fixée à 145 millimètres, et elle est instaurée depuis 2012.
«J’ai peut-être remis cinq homards de plus de 145 millimètres durant la saison 2016. D’autres pêcheurs en prennent peut-être plus, mais c’est vrai qu’il y a plus de homards de grande taille dans les extrémités, les zones 19 et 21», conclut monsieur Cloutier, qui pêche dans la zone 20.
Le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie embauche deux équipes de deux personnes afin d’évaluer l’impact éventuel d’une réduction de la taille maximale dans les zones 19 et 21.

Réf.: LA GASPÉSIE – page 8-2 – Volume 30,2 – Avril-Mai 2017

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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