Gestion de la pêche au homard : des propositions de modifications réglementaires discutées

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La gestion du homard a fait l’objet de discussions animées à la réunion annuelle du Comité consultatif de gestion de la zone 22 des Îles-de-la-Madeleine, le mercredi 12 février. Plusieurs propositions de modifications réglementaires étaient à l’agenda, dont le rehaussement de la taille réglementaire des casiers carrés et du nombre de jours de pêche. Alors que le Regroupement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles (RPPCI) préconise le statuquo, la Inshore Fishermen Association (IFA) plaide pour l’équité et la sécurité.

Casiers plus volumineux

En ce qui concerne la grosseur des casiers, le vice-président de la IFA, Kelly John Clarke, explique que ses membres constatent que les pêcheurs qui utilisent les casiers ronds ont trouvé le moyen d’en augmenter le volume, en élargissant les cercles, tout en respectant les dimensions prescrites par le ministère des Pêches et des Océans (MPO) en termes de hauteur et de largeur. « C’est un sujet largement discuté, pas seulement au sein de notre organisation, soutient-il. Je veux que tous les pêcheurs soient traités également peu importe leur affiliation. »

M. Clarke, capitaine du Lisa-Marie IV, demande au MPO de rehausser de 16 pouces et demi à 18 pouces la hauteur des casiers carrés, pour équivaloir l’expansion du volume des cages rondes. Il fait aussi remarquer que les casiers des Îles-de-la-Madeleine sont plus petits que partout ailleurs, en Gaspésie, à Anticosti et dans les Maritimes. « Et pourtant, nous avons de multiples mesures de conservation et la même biomasse qu’ailleurs. Je veux que nous ayons un terrain de jeu nivelé et juste; que tous les pêcheurs soient égaux. »

Le président du RPPCI, Charles Poirier, croit pour sa part qu’une augmentation du volume des casiers carrés ne ferait qu’augmenter l’effort de pêche dans l’archipel. Il dit que sa position reflète celle de ses membres présents à une assemblée tenue une semaine avant la réunion du comité consultatif de gestion du MPO, pour discuter des différents sujets à l’ordre du jour de cette dernière. « On pense que présentement, comme on est là, notre ressource est en santé, les revenus par pêcheur sont en santé, ça fait qu’on n’est pas rendus à un stade de modifier notre statut de casiers. »

54 jours ouvrables      

D’autre part, les voix se multiplient pour réclamer 54 jours de pêche ouvrables sur 10 semaines plutôt que les 54 jours actuels, calculés à raison de six jours par semaine pendant 9 semaines. La proposition vise à permettre aux pêcheurs de homard de récupérer les journées perdues à cause du mauvais temps, pour un maximum de six.

« Beaucoup de pêcheurs risquent leur vie et la vie de leurs équipages en sortant par mauvais temps, quand c’est dangereux, s’inquiète Kelly John Clarke; surtout les plus jeunes qui entrent dans la pêcherie parce qu’ils sont plus endettés. En fait, personne ne veut manquer de journée de pêche. Et si on avait la flexibilité de reprendre les jours perdus à cause des tempêtes, on réduirait les risques d’accidents en mer. »

Le président du RPPCI rétorque qu’aller au-delà des 54 jours réglementaires augmenterait également la pression sur la ressource. « Grosso modo, on calcule qu’il ne se perd en moyenne que deux journées de pêche par saison, aux Îles. Et je le répète, la ressource et les revenus sont en santé; ce n’est pas le temps d’augmenter notre effort de pêche. Quand ce sera rendu problématique et qu’on serait rendus à 45 jours de pêche sur 54, par exemple, il y aura à regarder, voir. Mais présentement, nous n’en sommes pas là. »

Propositions

Office-AQIP

Les membres du Comité consultatif de gestion du homard ont aussi été saisis de deux recommandations émanant conjointement de l’Office des pêcheurs de homard des Îles et de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche; une première. D’une part, on cherche à encadrer l’utilisation de la boëtte de maquereau, pour éviter la contamination du homard par la scombrotoxine (Pêche Impact Décembre 2019 – Janvier 2020). Cette toxine qui empoisonne le homard et provoque de graves intoxications alimentaires chez les consommateurs se développe si l’appât n’est pas conservé à une température de 0˚C.

Or, selon le directeur du bureau de secteur du MPO à Cap-aux-Meules, Cédric Arseneau, le ministère n’a pas le pouvoir d’intervenir sur la question. « La priorité du ministère, c’est la conservation, dit-il. Donc, comme il n’est pas question de conservation ni du maquereau, ni du homard – qu’il s’agit plutôt d’une question propre à la consommation humaine – on ne gère pas ça à l’aide d’une condition de permis. »

M. Arseneau s’est néanmoins engagé à approfondir le sujet avec d’autres ministères, dont l’Agence canadienne d’inspection des aliments, mais le RPPCI a déjà fait savoir qu’il s’objecte à toute mesure réglementaire pour éviter la contamination du homard par la scombrotoxine. Son président préfère miser sur la sensibilisation des pêcheurs. « C’est la responsabilité de chaque pêcheur de livrer à quai un produit de qualité, insiste Charles Poirier. Ce n’est pas à l’avantage de personne de faire baisser notre prix ou la valeur de notre homard sur le marché ; tout le monde est conscient de ça. Mais personne ne veut de réglementation. Notre organisation veut que les pêcheurs se responsabilisent et arrêtent de mettre du poisson frais dans les cages. »

TAILLE MAXIMALE

La seconde recommandation de l’AQIP et de l’Office vise à instaurer une taille maximale des captures de 145 mm et à marquer d’une entaille les gros crustacés qu’on remettrait à l’eau. Le RPPCI demande toutefois qu’on étudie d’abord les bienfaits de ces nouvelles mesures de conservation. « Est-ce que c’est seulement bon de ne remettre que les femelles à l’eau? De remettre les mâles et les femelles à l’eau? Il y a beaucoup de questionnements de nos membres, fait valoir son président. Nous sommes favorables, oui. Mais avant de se positionner on veut quand même aller voir ce qui se fait ailleurs. »

M. Poirier demande aussi au MPO de faire un sondage auprès des 325 pêcheurs sur la question, avant son instauration en 2021. « Nos membres ne veulent toucher à rien pour 2020. Ça nous donnerait un an pour aller vers un changement. »

Cédric Arseneau se limite à assurer qu’il prend bonne note des recommandations des pêcheurs. « Les discussions du Comité consultatif du homard visent à prendre l’opinion des pêcheurs pour que le Ministère puisse prendre des décisions éclairées », dit-il.

La mise à l’eau des cages est fixée au samedi 9 mai.

LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE – page 14 – Volume 33,1 Février-Mars 2020

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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