Une saison de homard en préparation

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Le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie (RPPSG) doublera sa période de surveillance des baleines le long des côtes gaspésiennes en 2020. Cette période passera d’un à deux mois, et elle visera principalement à vérifier si des baleines noires s’approchent des côtes, donc des secteurs où la pêche du homard est réalisée, entre autres.

En 2019, cette patrouille a été effectuée entre le 15 juillet et le 15 août, donc après la saison de homard. En 2020, le bateau-patrouille amorcera ses allers-retours entre Gaspé et Gascons un mois plus tôt, le 15 juin, et l’équipage les poursuivra jusqu’au 15 août une fois de plus. Le bateau parcourt la distance entre les deux ports une journée et il revient le lendemain.

« C’est une patrouille organisée pour la baleine noire, mais si on en voit d’autres, on les signale aussi. C’est la mesure qui nous a permis le 9 août, alors que Pêches et Océans Canada venait de fermer la pêche à Sainte-Thérèse parce qu’une baleine noire avait été supposément aperçue proche de la rive, à faible profondeur, de prouver que ce n’était pas vrai, et qu’elle se trouvait à une bonne distance de la côte, dans 35 brasses d’eau. Ils ont rouvert la pêche. Si on n’avait pas été là, la pêche serait restée fermée », précise O’Neil Cloutier, directeur du RPPSG.

Cette patrouille coûtera 100 000 $ et elle sera financée à parts égales par le Regroupement et l’organisme ROHM.

PROJETS À SAVEUR SCIENTIFIQUE

Le Regroupement participe à un autre projet à saveur scientifique lié à la baleine noire, cette fois en collaboration avec le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ), afin de vérifier une innovation scientifique touchant les câbles de mouillage utilisés par les homardiers.

« C’est un câble de mouillage qu’on veut le plus vertical possible, entre le casier et la bouée. C’est aussi un câble moins résistant, appelé « weak link ». Si une baleine se prend dedans, il lâche. Les États-Unis vont imposer de nouvelles normes de protection de la baleine noire en 2022 et il faut arriver avec quelque chose de sérieux à proposer », précise M. Cloutier.

Lors d’une rencontre de travail annuelle tenue le 13 février avec des représentants du ministère fédéral des Pêches et des Océans, le RPPSG a également fait le point sur le journal de bord électronique, et son adoption imminente par un nombre croissant de pêcheurs.

« Dans le crabe, les pêcheurs de la zone 12 vont l’adopter l’an prochain, parce que deux provinces sont concernées. Dans les zones 16 et 17, ce sera en 2020. Comme le ministère des Pêches et des Océans (MPO) modifie les règles du jeu initiales (en reportant l’adoption du journal de bord électronique pour certaines flottilles), ça repousse notre projet de développement du journal », note O’Neil Cloutier.

Dans le cheminement de ce projet de développement de logiciels permettant la transmission d’importantes données liées à la capture par les pêcheurs, le RPPSG a reçu un appui financier de Développement économique Canada et du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Toujours en lien avec des activités scientifiques, le RPPSG souhaiterait étendre une pêche expérimentale post-saison dans les zones situées aux deux extrémités des secteurs où est menée la pêche du homard, le fond de la baie des Chaleurs et le secteur du bout de la péninsule, c’est-à-dire à l’est de Penouille jusqu’au Cap Gaspé, et entre le Cap Gaspé et Mont-Louis. Cette pêche expérimentale existe déjà, en gros entre Penouille et Paspébiac et elle est financée par le Fonds des pêches du Québec.

« L’an passé, cette pêche a permis d’observer plus de femelles œuvées et une belle taille de homard. Elle a été effectuée dans le secteur de Malbaie, l’Anse-à-Beaufils, Sainte-Thérèse-de-Gaspé, Newport et Shigawake. On veut l’étendre au fond de la Baie-des-Chaleurs, en collaboration avec les autochtones, dans la zone 21, et dans la zone 19, à partir de Penouille et vers l’est, puis du côté nord », précise O’Neil Cloutier.

En 2018, les membres du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie ont choisi de hausser la taille légale du homard pêché de 82 à 82,55 millimètres au céphalothorax. Cette décision constituait la première de deux étapes. « On décidera en 2021 si on monte de nouveau la taille légale, à 83 millimètres. C’est l’objectif de départ depuis 2018 », souligne M. Cloutier.

En 2020, la saison devrait ouvrir le 25 avril dans les secteurs 20A et 20B, le cœur des secteurs de homard en Gaspésie. « C’est sujet à ajustements, à cause des glaces, du vent ou d’une tempête. Dans les autres zones, c’est laissé à la discrétion des pêcheurs qui discutent avec Pêches et Océans Canada », dit-il.

PÊCHE D’AUTOMNE À LISTUGUJ

Le RPPSG suivra avec attention la décision du Département de gestion des ressources naturelles de Listuguj de se doter de sa propre loi sur les pêches et de gérer la zone 21B de façon indépendante, en y tenant notamment une pêche commerciale d’automne. Listuguj a entamé des négociations en ce sens avec Pêches et Océans Canada en 2018. Au printemps 2019, les homardiers de Listuguj ont pêché avec 15 casiers de plus, tout comme le seul pêcheur non-autochtone du secteur.

« Le MPO l’a accordé (l’ajout de 15 casiers). Le problème, c’est qu’il n’y a pas de données confirmant que le secteur peut prendre cette pression de pêche supplémentaire. Ça représente 3,7 % d’augmentation de l’effort de pêche. On ne peut se permettre ça, d’aller à l’improviste, après tous les efforts réalisés pour améliorer l’abondance de la ressource depuis plus de 20 ans », soutient O’Neil Cloutier.

Les Mi’gmaqs de Listuguj détiennent cinq permis dans la zone 21B, mais ils n’exploitent que trois permis. Ils réalisent déjà une pêche d’automne avec 235 casiers pendant deux semaines l’automne.

« On s’inquiète du fait que Pêches et Océans Canada permet (à Listuguj) de négocier seul à seul les conditions de pêche. Nous sommes pour la réconciliation, mais on ne veut pas mettre ça en danger », assure M. Cloutier, en faisant référence au train de mesures appliquées depuis le milieu des années 1990 pour assurer l’avenir de la pêche du homard.

À cet égard, il souligne que la collaboration venant de Gesgapegiag et de Gespeg est significativement plus souple. C’est notamment le cas en ce qui concerne un projet visant à améliorer l’habitat du homard.

« On a avisé l’ensemble de l’industrie qu’on veut installer des récifs artificiels où il n’y a pas eu de grosses hausses de captures au cours des dernières années, comme dans 20B, entre Newport et Paspébiac, plus là où il y a des bandes autochtones, dans 21A et 21B, puis dans 20A-2, ce qui touche Gespeg. On a eu une bonne réponse de Gesgapegiag et de Gespeg. Dans le cas de Listuguj, c’est pour les initier (aux récifs artificiels) », note O’Neil Cloutier.

D’autre part, en tant que coprésident de l’atelier de travail du comité consultatif du homard, il a proposé de partager cette responsabilité avec un représentant autochtone, une année sur deux. Un représentant des Malécites de Viger aurait pris la relève en 2021. Le ministère des Pêches et des Océans occupe présentement l’autre siège.

« Il y a eu une contre-proposition pour qu’un troisième siège, autochtone celui-là, soit créé. Le ministère décidera », conclut M. Cloutier.

LA GASPÉSIE – page 13 – Volume 33,1 Février-Mars 2020

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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