La pêche aux crustacés demeure la pierre angulaire de la viabilité des entreprises de pêche

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Bien que la ressource disponible du crabe des neiges en Basse-Côte-Nord demeure présentement encore relativement faible en raison du cycle biologique naturel de reproduction du précieux crustacé, la pratique de cette pêche en 2021 demeurera la pierre angulaire de la viabilité économique de plusieurs dizaines d’entreprises de pêche grâce à un bond spectaculaire du prix payé au débarquement qui avoisine les 7 $ la livre.

«C’est certain qu’avec un prix payé à quai aussi extraordinaire cette saison, cela va permettre à la majorité de nos pêcheurs de mieux se tirer d’affaires sur le plan économique. Au cours des dernières années, les totaux autorisés des captures (TACS) pour les cinq zones de pêche dans lesquelles nos pêcheurs sont actifs ont subi d’importantes diminutions. En 2021, l’état de santé des stocks de crabe des neiges semble se stabiliser pour certaines zones alors que pour d’autres des baisses de TACS sont encore observées», mentionne Paul Nadeau, directeur de l’Association des pêcheurs de la Basse-Côte-Nord.

La zone 15 est la seule où le ministère des Pêches et des Océans a autorisé une très petite hausse de 5 % des captures en 2021 avec l’établissement d’un TAC de 325,5 tonnes. Les zones 13 et 12C profitent d’un statuquo du niveau des captures avec TACS respectifs de 244 et 96 tonnes disponibles. De leur côté, les zones 14 et 16A subissent des baisses de capture de 7,5 % et 10 % qui se traduisent par des TACS de 365 et 245 tonnes.

La faible présence de glace observée au large de la Basse-Côte-Nord, cet hiver, aura permis un début de saison plus hâtif que les années précédentes. «Toutes les zones de pêche étaient déjà ouvertes lors des derniers jours d’avril. Une telle situation n’est pas arrivée souvent. Les premiers pêcheurs à prendre la mer ont été ceux de la zone 12C le 5 avril, suivis par ceux des zones 15 et 16A deux jours plus tard, soit le 7 avril. Enfin, les zones 13 et 14 ont été ouvertes respectivement les 24 et 25 avril», souligne Paul Nadeau.

Même si la saison vient à peine de prendre son envol pour certains pêcheurs, alors que pour d’autres elle est passablement avancée, les premiers échos des résultats de capture observés semblent encoura-geants. «Si je me fie à certains commentaires obtenus auprès de nos pêcheurs, la pêche donne de bons résultats dans les zones 15 et 16A tandis que pour les zones 12C, 13 et 14 les niveaux de capture sont considérés comme étant acceptables ou plutôt moyens. Il faudra attendre un certain temps afin de tirer des conclusions de la saison actuelle», souligne Paul Nadeau.

Le dirigeant l’Association des pêcheurs de la Basse-Côte-Nord tient également à préciser que le niveau de rentabilité des entreprises de pêche est loin d’être le même pour chacune d’entre elles parce qu’un bon nombre de pêcheurs côtiers ont un accès assez limité au crabe des neiges. «Ce sont pour la plupart des pêcheurs qui avaient autrefois une forte dépendance à l’endroit de la pêche aux poissons de fond. Ces pêcheurs disposent actuellement de faibles quotas individuels et ils sont plusieurs à devoir parcourir de grandes distances pour accéder aux fonds de pêche du crabe des neiges. C’est pour cette raison que leur rentabilité n’est jamais assurée à l’avance d’une année à l’autre. C’est encore plus vrai lorsque la ressource disponible est à son plus bas niveau. Dans leur cas, une forte hausse du prix au débarquement comme nous l’observons en 2021 est plus que la bienvenue.»

L’APPORT DU HOMARD

Par ailleurs, au cours dernières années, s’il est une autre activité de pêche qui a apporté une certaine contribution économique au secteur des pêches en Basse-Côte-Nord, c’est bien celle du homard où ses retombées financières ont augmenté de façon importante en raison d’une ressource de plus en plus abondante le long de la côte.

«Effectivement, les débarquements de homard ont augmenté de façon considérable lors des cinq dernières années. Cependant, nous croyons que nous avons peut-être atteint un certain niveau de    plafonnement des captures en 2020. Seul l’avenir nous dira si cette hausse des captures se poursuivra, mais nous l’espérons», indique Paul Nadeau.

L’ouverture de la pêche au homard de la zone 16, où l’on compte 9 permis, est prévue le 9 mai prochain et celle de la zone 15, qui dénombre 66 permis, se mettra en branle une semaine plus tard, soit le 16. La durée de la période de pêche de la zone 16 est de 12 semaines et celle de la zone 15 en compte 11. À la demande de l’industrie, la pêche prendra fin au plus tard le 31 juillet. Notons que les pêcheurs de la zone 16 ont aussi un accès à la sous-zone 18I dès le 9 mai.

«À des fins de conservation et de protection de la ressource, c’est une bonne chose que la pêche se termine à la fin juillet. La qualité du homard capturé avant cette période est la meilleure. Nos pêcheurs sont également très sensibilisés quant à la pérennité de leur ressource. Nous travaillons déjà avec eux pour nous assurer des meilleures pratiques de conservation pour les années à venir et des discussions à ce sujet avec Pêches et Océans Canada auront lieu au moment opportun», indique Paul Nadeau.

HAUSSES DE TACS SOUHAITÉES POUR LA MORUE ET LE FLÉTAN ATLANTIQUE

En ce qui concerne la pêche aux poissons de fond pour 2021 et 2022, l’Association des pêcheurs de la Basse-Côte-Nord a profité de la tenue du Comité consultatif de l’industrie du poisson du golfe les 31 mars et 1er avril pour énoncer ses recommandations quant aux activités de pêche à la morue, au flétan atlantique et au flétan du Groenland.

«Pour la morue du nord du golfe, soit la zone 4RS 3Pn, nous souhaitons à tout le moins que les 1 000 tonnes consenties en 2020 soit reconduites en 2021 puisqu’il s’agit d’un niveau minimal d’exploitation de la ressource. Et par solidarité à l’égard des autres organisations de pêcheurs du Québec ainsi que du syndicat des pêcheurs de Terre-Neuve & Labrador, nous appuyons une recommandation pour une hausse du TAC de 1 000 à 1 500 tonnes pour les deux prochaines années. Pour le flétan atlantique, nous recommandons une hausse de 25 % du quota avec les autres associations du Québec, bien que nous ne sommes pas contre la demande de la FFAW de Terre-Neuve et Labrador pour une hausse de 30 % qui ferait passer le TAC de 1 432 à environ 1 940 tonnes. Le stock de flétan atlantique est en excellente santé. Enfin, pour le flétan du Groenland, nous recommandons au même titre que les associations de pêcheurs de la Gaspésie le maintien des captures à 2 250 tonnes pour 2021 et 2022 compte tenu de l’état actuel du stock et d’un taux d’exploitation moindre ces dernières années», conclut Nadeau.

LA BASSE-CÔTE-NORD – page 14 – Volume 34,2 Avril-Mai 2021

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À propos de l'auteur : 

Robert Nicolas

Robert Nicolas est actif depuis près de 30 ans dans le domaine des communications et de l’information reliées plus spécifiquement au secteur des pêches et de l’aquaculture commerciales. Détenteur d’un baccalauréat en Information-communication de l’Université de Moncton, il agit à titre de collaborateur du journal Pêche Impact dès sa naissance en 1988, pour ensuite en devenir le coordonnateur/rédacteur en chef en 1992 jusqu'à aujourd'hui. Observateur privilégié de l’évolution de l’industrie durant toute cette période, Robert Nicolas devient le responsable du Bureau école-industrie de l'École des pêches et de l'aquaculture du Québec (ÉPAQ) en 2011 où il met au profit de cette institution d'enseignement ses connaissances des enjeux et des réalités propres à chacune des régions maritimes du Québec.

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