Pêche au crabe de la zone 17 : une saison exceptionnelle

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La saison de pêche au crabe des neiges de la zone 17 a débuté le 24 mars. Si elle est terminée pour plusieurs, elle s’étire pour d’autres. En dépit d’une baisse de 5 % du total autorisé des captures (TAC) par rapport à l’an dernier, la ressource est au rendez-vous. C’est du moins ce qu’en disent les crabiers et transformateurs interrogés par Pêche Impact.

Cette année, le TAC est de 1 213 tonnes. La zone 17 compte quinze permis exploités par des crabiers traditionnels et cinq autres sont partagés par les Premières Nations des Malécites de Viger, d’Essipit et de Pessamit. À eux s’ajoutent 19 permis exploités majoritairement par des pêcheurs de poisson de fond provenant des rives sud et nord de l’estuaire du Saint-Laurent.

LA PÊCHE EST BONNE

Si tous ses membres n’ont pas terminé leur saison et qu’il ne dispose pas encore de toutes les données pour la saison dont la fermeture est fixée au 24 juin, le président de l’Association des crabiers de la zone 17 confirme tout de même que, jusqu’à maintenant, «la pêche est bonne». René Landry observe que le crabe capturé est généralement d’une bonne grosseur.

Simon Vallée, dont le port d’attache est à Matane, a terminé sa saison le 21 avril. «Elle a été comme un charme». C’était comme d’aller tondre la pelouse» illustre le crabier qui dispose de deux quotas, dont une partie est louée à Bertrand Desbois. «Je ne me suis pas cassé la tête! Je tendais, je levais, je tournais en rond. Je n’ai pas eu besoin de chercher. Ça s’est fait tout seul. Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de crabes cette année!» Il constate lui aussi une bonne qualité du crustacé, sauf en fin de saison.

ÉTAT DE LA RESSOURCE

René Landry ne veut pas s’avancer sur l’état de la ressource en prévision des prochaines années. Il préfère attendre à la fin juillet, alors qu’il disposera des données post-saison. «On veut avoir les rapports de débarquements avant de planifier pour la saison prochaine.»

Au début de l’année, Simon Vallée était plutôt pessimiste quant à l’état de la ressource, principalement en se basant sur ses observations des dernières années. «Au début, je n’étais pas certain, surtout avec le réchauffement climatique, l’oxygénation et l’acidification de l’eau, je me demandais si le crabe allait réussir à endurer ça.» Mais, au terme de sa plus récente saison, il est optimiste. «Globalement, avec ce qui se passe et avec ce que j’ai pris cette année, j’ai l’impression qu’on va encore avoir pour 10 ou 15 ans à avoir du crabe. À voir ce qui traîne dans le fond, on va avoir droit à une deuxième vague!»

PRIX À LA HAUSSE

Fixé au départ à 5,75 $ la livre, le prix au débarquement a été réajusté à la hausse. «J’ai entendu    6,50 $ la livre et d’autres prix, confirme le président de l’Association des crabiers. Il y aura un réajustement en cours de saison, qui est souvent en fin d’année.»

«Même l’année passée, à 4,25 $ la livre, c’était très bon, reconnaît Simon Vallée. Le prix qu’on a eu cette année, c’était le prix qu’on aurait dû avoir l’an passé s’il n’y avait pas eu la COVID-19.» Il s’attend à ce que le prix au débarquement devrait tourner autour de 7 $ la livre, après les réajustements . «Au début, c’était à 5,75 $, mais ils ont réajusté le prix quand ils ont vu la force du marché.» Pour le crabier, la situation n’a rien à voir avec l’époque où il avait seulement un permis et qu’il pêchait 115 000 livres du crustacé, alors que le prix était de 1,35 $ la livre!

MEILLEURE RENTABILITÉ

Cette saison, le propriétaire du CORÉGONE a fait un peu moins de sorties en mer. «Je suis sorti 20 fois et l’année passée, j’avais autour de 25 sorties.» Moins de sorties en mer entraînent nécessairement moins de dépenses. «Cette année, avec la qualité  du crabe, les revenus sont là, confirme M. Vallée, sans compter qu’il ne se souvient pas, dans sa carrière, d’avoir atteint son quota aussi tôt en saison. Je n’ai pas à me plaindre!»

La météo a aussi été en faveur des pêcheurs de crabe. Outre le mauvais temps survenu à la fin avril, «il a fait beau quasiment tout le temps», se réjouit Simon Vallée. «Les gars étaient heureux sur le pont. Au final, ça a été l’une des plus belles saisons de ma vie!»

LE MARCHÉ EST BON

Plusieurs usines effectuent la transformation du crabe de la zone 17, dont Pêcheries de l’Estuaire à Rimouski, Les  Crabiers du Nord à Portneuf-sur-Mer et Les Fruits de mer de l’Est-du-Québec à Matane. Lors des premières semaines de pêche, une bonne partie des captures se retrouve sur le marché local, régional et provincial puisque le crabe des neiges de la zone 17 est le premier disponible en début de saison. De plus, la demande est relativement élevée dans les poissonneries spécialisées et dans les grandes chaînes d’alimentation. Le reste du crabe transformé est principalement vendu aux États-Unis et un peu au Japon, selon la demande.

«Le crabe va très bien, confirme le directeur des Crabiers du Nord, Gilles Gagnon. Les prises sont meilleures qu’on espérait. Du côté de la capture, on a été surpris! Tout le monde va finir avant son temps. Je dirais qu’il y a 70 à 75 % du crabe de pris.» Selon M. Gagnon, le crabe a facilement trouvé preneur dès le départ. «Ce n’est pas comme l’année passée, où c’était très dur. Cette année, c’est plus facile de le vendre parce que les marchés étaient vides.»

À son avis, le prix est cependant un obstacle à la vente. «Le prix est vraiment élevé. Le monde en mange moins. C’est plus dur dans les poissonneries, où les ventes ont vraiment baissé beaucoup à cause du prix aux consommateurs. Ce n’est pas comme les autres années. Par rapport au prix qu’on paie aux pêcheurs, la marge reste minime parce que le prix est trop élevé. Si ça devient trop cher, on a peur que la restauration l’enlève du menu et le remplace par d’autres produits plus abordables.»

REPRISE DU MARCHÉ AMÉRICAIN

Au Québec, une baisse des ventes est attribuable à la fermeture d’un grand nombre de restaurants en raison de la pandémie. Mais, heureusement pour l’usine de Portneuf-sur-Mer, la majorité des restaurants des États-Unis sont réouverts. M. Gagnon est d’ailleurs ravi de la relance du marché du crabe au pays de l’Oncle Sam. «Au début de la pandémie, ils ne voulaient pas acheter. Cette année, aux États-Unis, ils sont moins nerveux. Ça a aussi débloqué un peu en Chine et dans d’autres pays. Plus la pandémie va tirer sur la fin, plus ça va nous aider.»

Même s’il avoue qu’il serait plus payant pour l’entreprise de tout écouler ses produits chez nos voisins du Sud, la direction des Crabiers du Nord vend quand même environ 50 % de ses stocks dans les marchés d’alimentation du Québec, comme Provigo, Metro et IGA. «C’est moins d’ouvrage de vendre aux États-Unis que  de livrer dans les chaînes, explique M. Gagnon. Mais, on voulait que le monde du Québec puisse en manger. On est le principal fournisseur dans le frais.»

L’ESTUAIRE DU SAINT-LAURENT – page 12 – Volume 34,2 Avril-Mai 2021

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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