vendredi, avril 3, 2026
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Le créneau Ressources, Sciences et Technologies marines Québec maritime multiplie les projets

Du sébaste aux algues, en passant par la valorisation des carapaces de crabes, le créneau Ressources, Sciences et Technologies marines (RSTM) Québec maritime déploie des initiatives innovantes qui transforment l’industrie des ressources marines. Portrait d’une organisation fusionnée qui mise sur la collaboration interrégionale.

Regroupant maintenant en une seule entité les trois anciens créneaux du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, le créneau RSTM Québec maritime multiplie les projets dans les filières de la capture, de la transformation, de l’aquaculture et des biotechnologies marines.

L’or rouge : transformer les déchets en richesse

La directrice du développement des affaires pour les secteurs de la transformation et des biotechnologies marines, Annie Gallant, pilote un projet prometteur : la valorisation des carapaces de crabes, appelée «l’or rouge de la Côte-Nord».

Ce projet transforme ce qui était autrefois considéré comme un déchet en produit à valeur ajoutée. «On travaille à partir de carapaces de crabes pour extraire la chitine.» La particularité? Un procédé entièrement mécanique développé en collaboration avec l’Université McGill.

«Actuellement, la chitine vient de la Chine, soulève la directrice. Avec l’Université McGill, le procédé est vert. Il prend moins d’eau et il n’y a pas de produits chimiques.»

Le directeur général du créneau souligne l’importance de cette valorisation. «Il y a des entrepreneurs qui ont trouvé un moyen de mettre ces coproduits en valeur, au lieu qu’ils partent au site d’enfouissement», indique Romain Balleydier. Axelys met en avant les brevets qui sont développés par les écoles et les universités pour les garder au Québec.» L’avantage concurrentiel de ce procédé est significatif. «C’est un marché de niche pour certaines entreprises», estime Mme Gallant.

La filière algale prend son essor

Le créneau accompagne également un projet d’aquaculture algale qui illustre sa nouvelle approche collaborative. «Au départ, un entrepreneur était venu nous voir pour une écloserie, raconte Romain Balleydier. Mais ce n’est pas pertinent. Une écloserie, c’est pour avoir des plantules d’algues. Le projet va beaucoup plus loin!»

L’initiative s’est transformée en véritable chaîne de valeurs intégrée. «Ensuite, il y va y avoir les sites d’élevage pour les rendre à maturité, explique le directeur général du créneau. Une fois qu’ils sont à maturité, on en fait quoi? Il y a d’autres entrepreneurs qui ont été ciblés, qui vont embarquer dans l’aventure pour transformer tout ça, soit pour la partie alimentaire, soit pour une autre partie qui peut être dans les champs.»

Le projet témoigne de la nouvelle approche territoriale du créneau. «Quand on dit qu’on ne travaille plus par région, mais pour le Québec maritime, c’est un exemple, précise M. Balleydier. Le projet algal va avoir une dimension sur la Côte-Nord et peut-être aussi sur la Basse-Côte-Nord.» Quatre sites sont envisagés : Sept-Îles, la Minganie, Natashquan et la Basse-Côte-Nord.

Le projet a obtenu un financement dans le cadre du «défi décarbonation». «Il y a quelques projets au Québec qui ont été retenus, dont le nôtre, se réjouit Romain Balleydier. Le «défi décarbonation», c’est pour les biostimulants. On travaille avec Innofibre, qui est un CCTT [centre collégial de transfert technologique] du Cégep de Trois-Rivières.»

Annie Gallant travaille également sur d’autres initiatives dans la filière algale. «On a un projet d’écloserie à Sept-Îles pour faire des biostimulants.» L’aquaculture est aussi à l’agenda. «Pour 2026, on deux gros projets d’aquaculture de saumon de l’Atlantique à Baie-Trinité et à Baie-Comeau», renchérit-elle.

Mission sébaste : apprendre de l’Islande

Un autre projet orchestré par le créneau concerne le sébaste, cette ressource dont les quotas ont augmenté au Québec. La directrice du développement du créneau pour le secteur de la capture a coordonné une initiative d’envergure avec l’entreprise de transformation Les Pêcheries gaspésiennes.

«Dans la dernière année, il y a eu un projet avec Les Pêcheries gaspésiennes, où le créneau a accompagné une cohorte formée d’entreprises, de l’ACPG [Association des capitaines-propriétaires de la Gaspésie] et de l’ACPG Innovation pour mener un projet global portant sur le sébaste», explique Geneviève Myles.

En septembre 2024, le projet a culminé avec une mission technique en Islande. «L’objectif était d’avoir des études mises à jour et un diagnostic juste de la situation», mentionne Mme Myles.

Cette mission visait l’atteinte de résultats concrets pour la chaîne de valeurs. «L’objectif était de permettre autant au secteur de la capture que de la transformation de voir les options, entre autres d’équipements pour les usines, afin de mécaniser leurs opérations, de rencontrer les fournisseurs et de voir le fonctionnement d’une filière similaire à la nôtre», détaille la directrice du développement des affaires dans le secteur de la capture.

L’approche collaborative était au cœur du projet. «Il était important que les secteurs de la capture et de la transformation soient présents pour leur permettre de discuter ensemble, souligne Geneviève Myles. C’est aussi pour que l’ensemble de la chaîne de valeurs soit gagnante de la mer à l’assiette, en passant par les pêcheurs et les transformateurs. L’objectif consiste à ce que le produit soit accessible dans l’assiette des Québécois.»

«C’est l’un des projets majeurs depuis la nouvelle mouture RSTM, ajoute-t-elle. Des représentants de toutes les filières et de toutes les régions ont participé au projet.»

Des crevettes québécoises dans les écoles

Le créneau ne se contente pas de projets technologiques. Il développe aussi des initiatives de sensibilisation auprès des jeunes. Geneviève Myles a mis sur pied un projet pilote avec la Tablée des chefs pour intégrer les produits de la mer du Québec dans les brigades culinaires des écoles secondaires.

«L’intention est d’apprendre aux enfants du secondaire à cuisiner, à avoir de saines habitudes de vie et à avoir une bonne alimentation, décrit-elle. Je vois une opportunité de faire découvrir les poissons et fruits de mer du Québec sous forme de projet pilote.»

Celui-ci est déployé à l’école C.-E.-Pouliot de Gaspé avec la collaboration de trois partenaires industriels : La Crevette du Nord, Les Pêcheries Marinard et Les Pêcheries gaspésiennes. «Les deux usines de crevettes ont déjà permis aux jeunes de cuisiner une crevette nordique fraîche et non une crevette d’Argentine surdimensionnée qui ne vient pas de chez nous», spécifie Mme Myles.

L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large. Romain Balleydier rappelle que «la Stratégie nationale d’achat d’aliments québécois veut absolument pousser les aliments du Québec dans les assiettes des institutions». «Tout ce qui concerne les fruits de mer représente 4 %», se désole-t-il.

«Le créneau pose de petites actions ciblées, mais qui peuvent avoir des déploiements plus larges», poursuit le directeur général du créneau. «L’objectif ultime est de commencer par un projet pilote dans une optique d’intégrer les institutions publiques», ajoute Geneviève Myles.

Le projet comporte aussi une dimension de promotion des métiers de la mer. «Dans le cadre des activités qui concernent le poisson et les fruits de mer auprès des adolescents, j’essaie toujours de faire en sorte qu’un pêcheur soit présent pour que ce soit plus dynamique, pour faire la promotion des métiers de la mer et pour valoriser l’image de la pêche, qui est essentielle dans nos communautés côtières», explique Mme Myles.

Surveiller les baleines autrement

Le secteur des technologies marines québécoises se distingue par son côté novateur. «Les technologies marines au Québec sont ultra dynamiques», affirme Romain Balleydier. Il donne comme exemple l’entreprise MTE Instruments de Rimouski, qui a développé des bouées acoustiques innovantes en collaboration avec la Première Nation Walastokiyik Wahsipekuk.

«Ce sont des bouées qui récupèrent de l’ADN environnemental, celui qui flotte à la surface de l’eau, explique-t-il. Grâce à ces bouées et aux analyses, on peut savoir quel est le mammifère ou quel est le poisson qui est passé. L’idée est, entre autres, de vérifier la présence de baleines.»

Nouvelle approche collaborative

Cette multiplication de projets illustre la transformation organisationnelle du créneau depuis sa fusion en avril 2024. «Avant, le créneau RSTM Québec maritime, c’était trois entités dans chaque région, tient à préciser M. Balleydier. Depuis le 1er avril 2024, on est devenu un OBNL [organisme à but non lucratif] à part entière.»

Cette nouvelle structure favorise une approche par filière, plutôt que par territoire. «On n’a plus de région respective; on est plutôt dans les filières, précise le directeur général. Ça veut dire qu’on y va avec nos forces.»

Geneviève Myles résume la philosophie du créneau. «Les projets que le créneau mène le sont toujours dans une perspective de projets collaboratifs et de coopération entre les diverses filières ou entre les divers acteurs.»

«Ce n’est pas le créneau qui est porteur des projets, mais bien l’industrie qui fait le choix de ces projets et qui fait appel au créneau pour qu’il les accompagne et qu’on les propulse avec les outils, les compétences et les connaissances qu’on a», conclut Geneviève Myles.

REPÈRE – pages 22-23 – Volume 38,4 Décembre 2026 – Janvier 2026

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