Le flétan atlantique et le flétan du Groenland dominent toujours les pêches aux poissons de fond

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Les pêcheurs de poissons de fond du Québec ont enregistré en 2020 une année un peu inférieure à la moyenne, selon les données préliminaires de captures disponibles à la fin de novembre. Les revenus s’établissaient alors à 12 651 932 $, comparativement à 14,7 millions $ en 2019. C’est une baisse de 15 % d’une année à l’autre, avec quelques chiffres à venir pour 2020.

La valeur des débarquements de flétan atlantique a atteint 5 675 288 $ cette année, en baisse      par rapport aux 7 291 292 $ de 2019. Dans le turbot, ou flétan du Groenland, les prises de 2020, à 4 905 946 $, ont presque égalé en valeur les 5 040 327 $ de 2019.

Alors que les débarquements de flétan atlantique ont été assez égaux en 2020 et en 2019, en vertu de livraisons de 692,1 et 701,2 tonnes métriques respectivement, les pêcheurs ont débarqué 1 155,6 tonnes métriques de flétan du Groenland en 2020, soit 12,5 % de moins que les 1 321,7 tonnes métriques de 2019. Dans le flétan atlantique, la différence n’est que de 1,27 % à l’avantage de 2019.

L’économiste Ali Magassouba, du ministère fédéral des Pêches et des Océans, a remarqué au cours des dernières années un renforcement de la position du flétan atlantique par rapport au turbot.

«Durant la période de 2013 à 2018, la part du flétan du Groenland dans l’ensemble des poissons de fond était de 49 %. En 2020, c’était 38 %. Pendant ce temps, la part du flétan est passée de 38 à 44 %. Les deux espèces ont changé de position et elles continuent d’accaparer de 83 à 85 % des activités dans le poisson de fond», dit-il.

Toutefois, la morue continue son déclin, alors que les captures de 2020 n’ont atteint qu’une valeur de 451 803 $, une baisse de 15,4 % par rapport aux 533 938 $ de 2019. Les débarquements ont atteint seulement 212,7 tonnes métriques cette année, soit 21,5 % de moins que les 270,9 tonnes métriques de 2019. Cette tendance à la baisse des débarquements découle d’un maigre quota accordé dans le nord du golfe Saint-Laurent et d’un moratoire qui se poursuit dans le sud du golfe.

Quant au sébaste, les données n’étaient pas disponibles à la fin de novembre, mais comme les prises n’avaient représenté que des revenus de 218 906 $ pour l’ensemble des pêcheurs québécois ayant participé à cette capture en 2019, les attentes étaient modestes pour 2020.

«Globalement, les quantités débarquées de poisson de fond ont diminué de 17 % en 2020, d’environ 3 000 tonnes métriques en 2019 à 2 500. C’est un chiffre préliminaire. Dans l’ensemble, le prix du poisson de fond est en légère hausse par rapport à 2019, soit 2 %. C’est surtout attribuable à la part relative grandissante du flétan atlantique comparativement au flétan du Groenland», analyse Ali Magassouba.

Le prix du flétan du Groenland n’a pas bougé entre 2019 et 2020, puisqu’il est demeuré à 1,90 $ la livre, étant caractérisé par un plan conjoint de fixation de la rémunération. Dans le flétan atlantique, les pêcheurs ont dû s’adapter à une chute de prix de 21,8 %, de 4,72 $ à 3,69 $ la livre. C’est ce prix de 3,69 $ qui, même en chute, fait paradoxalement augmenter la moyenne de prix payés dans le poisson de fond, parce qu’il est plus élevé que le prix des autres espèces.

Les pêcheurs de flétan du Groenland ont d’autre part subi une baisse du total des prises admissibles de 33 % en 2020. Leur quota global s’est établi à 2 250 tonnes, comparativement à 3 375 tonnes métriques en 2019. Dans un cas comme dans l’autre, les pêcheurs n’ont pas capturé leur contingent annuel. Ils peuvent se reprendre en début de saison suivante, puisqu’ils ont jusqu’au 15 mai 2021 pour capturer le quota de 2020.

Régionalement, c’est en Gaspésie que les captures de flétan atlantique sont les plus importantes, économiquement. Dans le flétan atlantique, les Gaspésiens ont débarqué des prises valant 3 876 050 $, ce qui représente 68,3 % des revenus découlant des prises québécoises.

Les Nord-Côtiers ont débarqué pour 987 681 $ de flétan atlantique, pour 17,4 % des revenus québécois, alors que les Madelinots n’étaient pas très loin derrière, avec une valeur de prises de 811 557 $, pour une part de 14,3 %. En gros, ces proportions respectent ce qui était arrivé en 2019.

Pour le turbot, la part gaspésienne s’est avérée un peu plus importante que dans le flétan atlantique, avec 3 938 315 $ en valeur, soit 80,3 % des revenus québécois associés à cette capture. Les Nord-Côtiers ont capturé pour 967 631 $ de turbot,  soit 19,7 % des revenus québécois. Cette année, les Madelinots n’ont pas capturé de flétan du Groenland, une espèce qui ne représente que des prises accidentelles pour eux.

Le directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du nord de la Gaspésie, Jean-René Boucher, précise que la capture de flétan du Groenland s’est assez bien passée en 2020, en dépit de prises inférieures.

«La pêche a été bonne en fin de saison. Elle terminait le 31 octobre et il y a des pêcheurs qui ont ramassé leurs affaires le 31 octobre! Un pêcheur m’a fait part d’une sortie record d’entre 20 000 et 30 000 livres à la fin d’octobre», précise M. Boucher.

Il espère convaincre les scientifiques de Pêches et Océans Canada de conserver le quota global intact en 2021.

«Il y a eu des années difficiles mais on voit peut-être un retour du turbot. On ne s’attend pas à une baisse en 2021. Certains éléments rattachés au fait que le quota n’est pas pris entièrement sont trompeurs. Il y a des pêcheurs de turbot qui choisissent de se concentrer sur leurs quotas de flétan atlantique et de crabe; on a ici des décisions d’affaires, mais il arrive que des pêcheurs laissent tomber leur quota de turbot. La saison est longue parfois pour les pêcheurs multi-espèces», commente M. Boucher.

Il explique la bonne tenue du prix du turbot cette année, alors que presque tous les autres prix de produits marins ont chuté, par le statut de l’espèce comme produit abordable.

«Le flétan atlantique, par exemple, est un produit qu’on retrouve moins dans les marchés d’alimentation et davantage dans les restaurants. On sait que ce n’était pas bon pour les restaurants avec la pandémie. Le turbot n’est pas un produit de luxe. C’est un bon produit et il demeurait accessible. On en voyait encore dans les épiceries. La baisse de quota ne serait pas étrangère au maintien du prix au débarquement. L’effet de rareté peut s’être fait sentir», analyse Jean-René Boucher.

En ce qui a trait à la morue, les Nord-Côtiers ont obtenu 242,533 $ pour leurs prises, comparativement à 167 355 $  pour les Gaspésiens et 41 915 $ pour les Madelinots.

Par ailleurs, les débarquements d’espèces comme la plie rouge et la limande à queue jaune ont été relativement stables au cours de l’année 2020, comparativement à 2019.

Une partie appréciable du poisson de fond transformé au Québec est exportée, précise Ali Magassouba.

«Les exportations ont généré des revenus de 8,6 millions $ pour les mois de janvier à septembre. Ces produits vont surtout aux États-Unis, et un peu à Hong Kong, en Chine et au Japon» note l’économiste, qui souligne qu’il est préférable d’attendre les statistiques des derniers mois de l’année avant de dresser des conclusions.

ÉCONOMIE – pages 14-15 – Volume 33,5 Décembre 2020-Janvier 2021

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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