Les acteurs de l’industrie découragés par la poursuite à la baisse de l’état d’abondance de 3 des 4 stocks de crevette

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Tant du côté des pêcheurs que du côté des transformateurs, c’est la consternation par rapport à l’avis du secteur des sciences qui démontre, pour 2019, la poursuite à la baisse de l’état d’abondance des stocks de crevette des zones Sept-Îles, Anticosti et Esquiman.

«Les pêcheurs sont pas mal découragés parce qu’on nous dit que les baisses de quotas sont dues au réchauffement de l’eau et à la venue du sébaste en grande quantité dans le golfe, réagit le président de la Coopérative des capitaines-propriétaires de la Gaspésie, Vincent Dupuis. C’est décourageant parce que c’est une tendance qui sera dure à inverser. On n’a pas de pouvoir là-dessus!»

De surcroît, le président de la coopérative rappelle que le sébaste est de plus en plus gros, ce qui laisse ses membres au dépourvu. «On essaie de s’encourager en se disant que c’est un gros hiver de glace, nuance-t-il. Les scientifiques nous disent toujours que la glace est bonne pour le recrutement. Donc, on espère que ça pourra compenser un peu.»

Même son de cloche du côté de l’usine des Fruits de Mer de l’Est du Québec. «On n’est jamais contents de ça, fait savoir le président du conseil d’administration de l’entreprise matanaise, Jean-Pierre Chamberland. À toutes les années, c’est coupé, coupé, coupé. Que voulez-vous qu’on fasse? On ne peut rien faire. C’est le gouvernement du Canada qui décide. Mais, on n’est pas seul, comme industriel, qui fait face à cette coupure-là; nos compétiteurs sont dans le même bateau que nous, sans faire un jeu de mots. Il faut, à toutes les années, compenser ailleurs. C’est malheureux! Il semble que le stock de crevette baisse et on ne sait pas pourquoi.»

À l’opposé, si la zone Estuaire bénéficie plutôt d’indications à la hausse, M. Dupuis croit, à l’instar de ses collègues, qu’il s’agit du stock de crevette de Sept-Îles qui est demeuré plus à l’ouest qu’à l’habituelle et qui aurait migré un peu vers cette zone.

CHANGEMENT DE CAP

À l’origine, le plan de gestion a été proposé sur deux ans. C’est donc dire que les scientifiques voulaient réaliser une revue des sciences aux deux ans. Mais les capitaines-propriétaires n’acceptaient pas cette proposition. «On leur a demandé s’ils pouvaient faire une revue temporaire pour l’année intérimaire parce qu’on voulait quand même s’ajuster à tous les ans pour ne pas avoir une trop grande surprise»,  explique Vincent Dupuis.

Mais les pêcheurs ont changé d’idée et leur ont demandé de revenir aux deux ans. «Ça aurait pour effet que, cette année, on ne bougerait pas; on resterait comme on était l’année passée, indique-t-il. Puis, ça nous donnerait le temps d’analyser la situation, d’essayer de trouver des solutions et de travailler avec nos gens pour compenser un peu le manque par rapport à ce qui va arriver tantôt.»

La Coopérative des capitaines-propriétaires de la Gaspésie, qui compte 55 membres, a adressé la demande au ministre des Pêches et des Océans. «On n’a pas eu de réponse encore, fait savoir M. Dupuis. Ça nous permettrait d’avoir des rencontres avec des gens du Ministère et avec le ministre pour essayer de trouver des solutions pour garder nos entreprises rentables.»

DES PÊCHEURS INQUIETS

Si les baisses du total autorisé des captures (TAC) se confirment par le ministre fédéral des Pêches et des Océans, Jonathan Wilkinson, la situation deviendra, selon Vincent Dupuis, de plus en plus angoissante pour les crevettiers en termes de rentabilité de leur entreprise de pêche. «On a des gens, dans notre flottille, qui risquent d’avoir des problèmes à rendre leur entreprise rentable, s’inquiète-t-il. On a des pistes de solution qu’on est en train d’élaborer et qu’on veut présenter au ministre avant que la situation ne devienne trop préoccupante et que ce soit irréversible.»

De l’avis du président de l’organisme, la conjoncture n’est pas très différente pour les pêcheurs de poisson de fond qui profitent d’un accès à la ressource que pour les crevettiers traditionnels détenant un quota régulier. «Les nouveaux accès des pêcheurs de poisson de fond sont, aujourd’hui, des permis permanents, explique Vincent Dupuis. En réalité, il n’y a pas une grosse différence. C’est juste que ces gens-là, souvent, ont moins de quota que les crevettiers traditionnels, dont le quota est plus gros.»

M. Dupuis rappelle que comme la pêche à la morue est fermée, les crevettiers n’ont pas accès, pour l’instant, à la pêche au poisson de fond. «Le sébaste s’en vient, ajoute-t-il toutefois. Mais, on n’a pas de nouvelles comment ça va être partagé. On a entendu toutes sortes de rumeurs, mais on n’a pas de nouvelles, comme tel, du gouvernement.»

PISTES DE SOLUTIONS

Les capitaines-propriétaires ont cogité autour d’alternatives et d’options à proposer au ministère fédéral dans le contexte d’une baisse probable de 23 % du contingent global pour 2019. «On a certaines solutions à court et à long terme, fait valoir M. Dupuis. On est en train de préparer ça avec les gens du Nouveau-Brunswick, de Terre-Neuve et les autochtones parce qu’on a tous le même problème. On a eu des réunions et on est supposés d’en avoir d’autres. On espère pouvoir rencontrer le ministre Wilkinson le plus vite possible pour lui proposer des choses pour garder nos entreprises rentables.»

M. Dupuis refuse, pour le moment, d’en dire davantage sur ces pistes de solution, tant et aussi longtemps qu’elles n’auront pas été proposées aux crevettiers traditionnels et aux pêcheurs de poisson de fond qui détiennent de faibles allocations de pêche à la crevette. «Il faut que ça fasse l’affaire de tout le monde», soutient-il.

PÊCHE AU SÉBASTE

Le président de la Coopérative des capitaines-propriétaires de la Gaspésie estime que l’accès à la pêche au sébaste, qui se pratique actuellement sous une forme expérimentale, représente une porte de sortie à court terme pour une partie de la flottille des crevettiers et des pêcheurs de poisson de fond qui exercent la pêche à la crevette. «C’est une alternative intéressante, croit Vincent Dupuis. On a des    quotas expérimentaux pour une couple d’années.»

Le pêcheur soulève cependant une  certaine préoccupation, tant et aussi longtemps que le ministre n’aura pas partagé les quotas. «Le problème, c’est qu’on ne sait pas qui va avoir des quotas», déplore M. Dupuis. Il rappelle que le dernier ministre à leur avoir parlé de cette opportunité était Dominic LeBlanc, le prédécesseur de Jonathan Wilkinson. «Si chaque pêcheur a de toutes petites quantités de sébaste et qu’il est obligé d’en louer d’autres pour le pêcher, ça devient moins rentable, spécifie-t-il. Le ministre LeBlanc nous avait dit qu’il allait prioriser les crevettiers. On aimerait avoir encore l’appui du ministre Wilkinson pour s’assurer qu’on va être priorisés.»

S’il conserve un certain optimisme par rapport à la pêche au sébaste, le porte-parole des capitaines-propriétaires n’a cependant pas l’impression que le ministre est pressé de faire le partage des quotas. «Pour faire une pêche expérimentale, il faut quand même investir beaucoup d’argent pour modifier nos bateaux», précise-t-il. Selon lui, le nœud du problème se situe d’ailleurs sur ce plan. Il croit que c’est pour cette raison que les pêcheurs ne sont pas très favorables à investir de l’argent sur leur navire sans savoir s’ils auront des quotas.

«Dans mon cas, si je mets 200 000 $ sur mon bateau pour faire une pêche expérimentale, mais que l’année prochaine, le ministre décide de faire le partage des quotas de sébaste et qu’il ne m’en donne pas, c’est de l’argent que j’aurai dépensé pour rien, fournit comme exemple M. Dupuis. C’est pour ça que c’est problématique pour nous autres, à l’heure actuelle! M. LeBlanc avait dit qu’il ne se fierait pas sur les historiques du passé, qu’il allait refaire le partage des quotas. Le nouveau ministre va-t-il faire pareil? On ne sait pas. On ne sait pas qui va pouvoir pêcher.»

Si les pêcheurs n’avaient au moins qu’une garantie pour l’accès à la pêche au sébaste, Vincent Dupuis croit que ce serait déjà plus encourageant. C’est aussi pour cette raison que son regroupement a demandé une rencontre avec le ministre Wilkinson à Ottawa. «On attend des nouvelles, indique-t-il. On espère une réponse positive du ministre.»

L’ESTUAIRE ET LE NORD DU GOLFE – page 3 – Volume 32,1 Février-Mars 2019

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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