mardi, mai 24, 2022
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Les crabiers de la zone 16 connaissent une bonne saison, mais les transformateurs ont des difficultés à écouler leur production

Malgré les conditions météorologiques qui n’ont pas toujours été favorables lors des premières semaines de pêche, les taux de capture ont été excellents pour plusieurs crabiers de la zone 16 qui, à ce jour, ont déjà capturé une moyenne de 50 % de leur quota individuel moyen qui est d’environ 118 000 livres. Si, dans l’ensemble, les pêcheurs de crabe des neiges affichent de l’enthousiasme, les transformateurs ne sont pas dans le même état d’esprit.

La pêche s’est mise en branle le 4 avril et doit prendre fin au plus tard le 10 juillet. Le total autorisé des captures (TAC) est établi à 2 251,7 tonnes, ce qui correspond à une augmentation de 15,4 % par rapport au total du TAC de l’an dernier.

CRABE AU RENDEZ-VOUS

Le directeur de l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16 confirme que les quatre premières semaines de pêche ont été bonnes pour ses membres. Après trois à quatre semaines de pêche, 60 % du contingent avait été capturé, selon Jean-René Boucher.

Si la situation est favorable pour la majorité des crabiers de la zone 16, ce n’est pas le cas pour Norbert Fontaine, qui a dû retarder sa saison de pêche d’une semaine en raison du deuil de ses grands-parents maternels et de tempêtes qui ont sévi en début de saison. «Dans nos communautés, on passe beaucoup de temps avec nos grands-parents, souligne le pêcheur innu de Uashat mak Mani-Utenam, qui possède un permis individuel. La dernière grosse tempête a laissé des dommages importants au bateau parce que le quai de Baie-Trinité n’est pas protégé. On a pris du temps pour le remettre en ordre. J’évalue les dommages entre 50 000 $ et 70 000 $.»

Malgré ces facteurs atténuants, M. Fontaine estime qu’il aura terminé sa saison à la fin mai. «L’an passé, ça nous avait pris onze voyages pour terminer la saison. On avait terminé le 18 mai. Cette année, on va avoir fait beaucoup plus d’effort pour atteindre nos quotas.» Quoi qu’il en soit, M. Fontaine considère que lui et ses fils, avec qui il pêche, s’en sont quand même bien sortis, considérant que le crabe est au rendez-vous. «Les prises sont importantes.»

Le directeur des pêches de la Communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam, dont la flotte compte quatre navires, évalue le rendement de 15 à 25 % supérieur à l’an dernier. «On a dépassé 50 % de captures à partir de la troisième semaine. C’est très bon.» Yan Tremblay prévoit que ses membres termineront leur pêche d’ici la fin mai.

BEAUCOUP DE CRABES BRUNS

Jean-René Boucher déplore la grande quantité de crabes bruns. «On a plusieurs pêcheurs qui ont ramassé jusqu’à 40 % de crabes bruns.» Selon Yan Tremblay, certains de ses membres ont aussi soulevé le fait que le crabe était un peu plus foncé.

Jean-René Boucher et Yan Tremblay rappellent que le problème avait été signalé à Pêches et Océans Canada au cours de l’hiver dans le cadre de la revue par les pairs et du comité consultatif. S’il convient que l’augmentation de 15 % du quota octroyée tient compte de ce phénomène, M. Boucher et les membres de l’Office s’attendaient à une augmentation de 20 %.

PRIX

Dans le cadre du plan conjoint pour le crabe des neiges de la zone 16, le prix retenu en début de saison au débarquement est de 7,50 $ la livre. M. Tremblay   refuse de dire s’il est satisfait de ce prix. Pour lui, le prix doit être représentatif du marché. «Je comprends que, pour le consommateur local et québécois, ça devient frustrant, concède le directeur des pêches de la Communauté innue, qui est actionnaire des Crabiers du Nord, d’UMEK et de Pêcheries Manicouagan. On est sensible à ce que vivent les transformateurs et les pêcheurs. En même temps, une augmentation de coût, c’est de l’argent qui est     injecté pour les pêcheurs, les propriétaires d’usines, les travailleurs. Donc, c’est positif pour l’économie locale. » Quant à Norbert Fontaine, il se dit satisfait du prix offert. «Je suis encore plus satisfait de faire partie d’un groupe régi par un plan conjoint. À la fin, tout le monde fait les calculs nécessaires pour établir un prix juste. Je me sens protégé.»

Dès le départ, l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16 n’était pas d’accord avec le prix de 7,50 $ la livre. «Le marché aurait justifié un prix de départ plus élevé, argue M. Boucher. On s’attendait à une saison entre 10 $ et 12 $ la livre. À 7,50 $, on est resté amer, d’autant plus qu’on nous a dit qu’on allait descendre ce prix à 6 $ la livre, nous disant que le crabe ne s’écoule pas, que les usines sont aux prises avec des stocks, ce qu’on a de la misère à avaler.» Ces prix sont provisoires et un prix final sera fixé à la fin de la saison.

Yan Tremblay rappelle que les crabiers viennent à peine de finaliser l’entente pour le plan conjoint de l’an dernier. «On va de surprise en surprise depuis deux ans. C’est difficile à prédire. On semble voir une baisse sur le marché. Donc, ça devrait se stabiliser plus bas.»

SON DE CLOCHE DES TRANSFORMATEURS

Selon le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP), les Américains n’offrent pas le même prix que l’année passée. «Loin de là, estime Jean-Paul Gagné. Ils ne font pas tellement de commandes parce qu’il y en a qui sont restés avec un inventaire. On demande que les prix soient à la baisse parce que les ventes sont difficiles à faire pour les usines et supporter de l’inventaire, c’est dur sur les marges de crédit et sur l’espace pour l’entreposer.»

Selon M. Gagné, il suffit de se rappeler qu’en 2020, «tout était fermé aux États-Unis, soit les restaurants, les casinos, les croisières». Quand l’économie a repris en 2021, ils ont donné un coup pour s’approvisionner. Il n’y avait pas de problème de prix. Là, on sent plus qu’on est dans une saison de 2019 améliorée.»

L’AQIP propose une baisse du prix au débarquement qui passerait de 7,50 $ la livre à 6 $. «Il faut s’assurer qu’on ne soit pas dans le trouble», justifie son directeur général. En tenant compte des conditions de marché actuelles, Jean-Paul Gagné n’anticipe aucun espoir pour que ce prix soit revu à la hausse au cours de la saison.

Cette année, 160 travailleurs temporaires étrangers œuvreront dans toutes les usines de transformation de la Côte-Nord, à l’exception de la Poissonnerie Jean-Guy Laprise. Considérant la hausse de 15 % du quota, M. Gagné croit que les livraisons quotidiennes de crabe des neiges de la zone 16 permettront aux travailleurs d’usines de faire des semaines de travail complètes. Le dirigeant de l’AQIP ne peut cependant confirmer, pour l’instant, si certaines usines pourraient avoir de la difficulté à fournir assez de travail pour que leurs employés puissent se qualifier à l’assurance-emploi en raison d’une pêche rapide.

LA MOYENNE-CÔTE-NORD – pages 16-17 – Volume 35,2 Avril-Mai 2022

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