Les crevettiers et les transformateurs de la crevette nordique sont encouragés par les dernières observations du milieu scientifique

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Tant les crevettiers que les industriels de la transformation perçoivent l’indicateur des stocks de la crevette nordique pour les quatre zones de pêche, qui fait état d’une stabilité ou d’une légère amélioration, comme étant une bonne nouvelle. Ils accueillent aussi avec enthousiasme les taux autorisés de capture (TACS) qui demeureront les mêmes qu’en 2020 pour la prochaine saison de pêche, soit 17 999 tonnes.

Pour le directeur de l’Office des pêcheurs de crevette du Grand Gaspé (OPCGG), les conclusions des sciences correspondent aux observations faites par son organisation pendant la dernière saison. «On a vu des améliorations notables, confirme Patrice Element. Les sciences disent qu’il y a une stabilité ou une légère augmentation de la biomasse à certains endroits et peut-être un bon rétablissement dans Sept-Îles. Nous, on a vu un   peu partout des améliorations significatives des taux de capture.» Le porte-parole des pêcheurs de crevette rappelle que ses membres vont dans les endroits où il y a plus de crevettes, tandis que les relevés de Pêches et Océans se font à la grandeur du golfe.

«C’est une très bonne nouvelle, estime M. Element. Entre 2010 et 2018, il y a eu une diminution significative de la biomasse. Là, on est clairement partis de l’autre bord. C’est sûr que du côté des sciences, on est plus prudents; on parle d’une stabilisation. Mais on voit qu’il y a plus de crevettes dans le golfe qu’il y en avait en 2017. C’est clair aussi qu’on est encore loin du niveau de 2008 ou de 2010. Mais c’est encourageant. Au moins, le déclin est fini.»

Même son de cloche du côté de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP). «C’est bien, se réjouit son directeur général, Jean-Paul Gagné. C’est important que le contingent ne soit pas diminué. C’est une bonne nouvelle en soi. Même si l’amélioration est légère, on la prend!»

FACTEURS DE RENTABILITÉ

Avec le même contingent global autorisé pour 2021, soit 17 999 tonnes, la marge bénéficiaire des crevettiers dépendra de deux facteurs de rentabilité à l’aube de la prochaine saison: le prix et la quantité de crevettes capturée par voyage de pêche.

«L’année passée, par rapport à ce qu’on a vu dans les années précédentes, ça a été assez ordinaire en termes de rentabilité, se désole le directeur de l’Office. Mais ça n’a pas été la catastrophe qu’on appréhendait parce que les taux de capture étaient meilleurs. Si on fait   20 % moins de voyages, à part les salaires des hommes de pont qui sont payés au pourcentage, toutes les autres dépenses sont diminuées de 20 %. Ça vaut la peine.»

Le prix moyen obtenu à quai en 2020 pour les crevettiers du Grand Gaspé était de 1,01 $ la livre. En prenant la mer le 10 juin, l’an dernier, les crevettiers n’ont pas vraiment pu profiter des prix élevés pour la première période de pêche qui se terminait le 30 juin. «Ils ont fait un ou deux   voyages au prix de la première moitié de saison, se souvient Patrice Element. Si on avait profité des prix pour la première moitié de saison, le prix moyen aurait été plus élevé. Mais les taux de capture étaient bons et la crevette était plus grosse que l’année avant. Il y a eu une très nette différence sur la grosseur de la crevette. Plus de crevettes plus grosses ont permis d’avoir un meilleur prix moyen. Aux grosseurs de 2019, avec les prix de la deuxième moitié de saison, le prix moyen était autour de 80 cents la livre. Ça fait une bonne différence!»

Par conséquent, si les prix n’étaient pas élevés en 2020, ils ont été compensés par la crevette qui était plus grosse qu’en 2019, par de meilleurs taux de capture et par la diminution du nombre de voyages de pêche. «Le fait que les taux de capture étaient meilleurs, ça augure bien pour les prochaines années, prédit M. Element. Si les taux de capture sont meilleurs, c’est parce qu’il y a plus de crevettes.»

De son côté, l’AQIP estime que le même contingent n’aura pas de réels impacts sur l’approvisionnement de la crevette en usine. M. Gagné est davantage préoccupé par la crise sanitaire qui prive les industriels du marché européen, surtout que les inventaires pèsent lourd, même s’ils diminuent graduellement. «C’est loin d’être comme les autres années, fait savoir Jean-Paul Gagné. Pour pouvoir vider les entrepôts, actuellement, il faudrait baisser le prix. Mais ça commence à être difficile!»

En tenant compte de la pandémie de COVID-19 qui tarde à s’achever et du contexte actuel de mise en marché de la crevette nordique, où les inventaires non vendus sont encore très élevés au Québec, en Atlantique et partout en Europe, le directeur général de l’AQIP ne croit pas que les impacts risquent d’être majeurs pour le travail en usine. «Les usines de transformation vont transformer normalement ce qui va être capturé par les pêcheurs de crevette, prévoit M. Gagné. Pour le travail en usine, on va avoir besoin d’employés et de travailleurs étrangers dans certains cas.»

Si l’approvisionnement de la crevette provenant de l’extérieur peut être une solution à court terme, le directeur général de l’AQIP indique que cette ressource n’a néanmoins pas été beaucoup exploitée au cours de la dernière année. «Il y a le transport qui, au départ, est important. Il y a eu un peu d’expertise de faite là-dedans. Mais on aime mieux transformer notre crevette et la mettre sur le marché. C’est une question de coût. Il va y en avoir, mais peut-être moins qu’on pensait.»

Jean-Paul Gagné souligne que son organisme fait beaucoup de publicité pour la crevette nordique du Québec. «Il faut que le stock sorte et que ça se vende au Québec le plus possible.» Il rappelle que cette campagne s’inscrit dans le concept d’autonomie alimentaire encouragé par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne. «On ne peut pas tout vendre au Québec parce qu’il faut faire vivre les pêcheurs et les employés d’usine, nuance toutefois le directeur général de l’AQIP. Mais le Québec est un marché important. Il y a un équilibre important à y avoir entre le marché local et le marché étranger.»

DÉBUT DE SAISON RETARDÉ?

L’un des impacts causés par le contexte actuel pourrait être un retard dans le début de la saison, anticipe Jean-Paul Gagné. Il est donc logique, selon lui, de croire que le début des activités de capture prévu le 1er avril puisse être reporté au minimum le 1er mai et même plus tard.

«On en discute avec le comité de négociation des pêcheurs. De leur côté, il fallait qu’ils consultent leurs membres. On va se reparler dans les prochaines semaines et on devrait être bons pour déterminer quelque chose. Si on commence plus tard, les deux parties vont être d’accord. On a pratiquement fini au mois de décembre, l’année passée. C’est revenu au même. Le travail a été là quand même.» M. Gagné y voit même un avantage à commencer les opérations en usine plus tard du fait que la campagne de vaccination sera plus avancée.

RENCONTRE DE NÉGOCIATION

La COVID-19 n’aide en rien la mise en marché de la crevette, surtout en Europe, dont au Royaume-Uni. Or, une rencontre de négociation avec l’AQIP est prévue le 15 mars afin de discuter de l’établissement des prix au débarquement des deux périodes de pêche en 2021.

«On a eu une rencontre préliminaire le 23 février, mais c’était juste une rencontre de débroussaillage, fait savoir le directeur de l’OPCGG. On n’a pas échangé sur les prix. De toute façon, on a convenu des deux côtés que c’était un peu tôt, avec les incertitudes qu’il y a présentement autour du marché. La clé, c’est le déconfinement en Europe du Nord et en Grande-Bretagne. C’est ce qui va permettre d’aller chercher de meilleurs prix pour le produit. La bonne nouvelle, c’est que la campagne de vaccination va très bien en Grande-Bretagne. Les Britanniques sont les plus gros consommateurs de crevette nordique. S’ils n’en mangent pas dans les restaurants, dans les stades de sports et dans les différents événements, ça fait une différence notable sur la consommation mondiale.»

Pour le porte-parole de l’AQIP, les négociations ne risquent pas d’être plus ardues. «Des fois, ça prend du temps, convient Jean-Paul Gagné. Mais un moment donné, il faut que ça soit gagnant-gagnant. On va y arriver en travaillant ensemble. On va   essayer de composer avec ce qui va être possible de faire!»

D’autre part, les crevettiers de Matane aimeraient bien joindre les rangs du plan conjoint de mise en marché de la crevette du Grand Gaspé. Leur demande et leurs arguments ont d’ailleurs été présentés le 26 février lors d’une séance publique de la Régie des marchés agricoles et alimentaires. Les pêcheurs de Matane veulent avoir leur mot à dire dans les négociations sur le prix du petit crustacé au débarquement.

L’Office des pêcheurs de crevette du Grand Gaspé est favorable à cette démarche. «Ça fait notre affaire parce que, dans les faits, les transformateurs consultent les dirigeants de l’usine Fruits de mer de l’Est-du-Québec, confirme son directeur. Donc, les pêcheurs seront à la table aussi.» Patrice Element ajoute que le poids du nombre ne nuira certes pas aux pêcheurs. Tant les crevettiers que l’AQIP se sont entendus à ce que la décision soit rendue avant le 15 mars, date à laquelle les pêcheurs commenceront à discuter avec les transformateurs.

ABSENCE DU BOSTON SEAFOOD SHOW

Le Boston Seafood Show est normalement une belle occasion pour échanger et obtenir de l’information, tant du côté des transformateurs que de celui des pêcheurs. Pour les différents acteurs du secteur de la crevette à l’échelle de la planète, l’événement est l’occasion par excellence de parler ensemble. Les transformateurs peuvent obtenir des rencontres avec leurs acheteurs. Son annulation ne sera donc pas sans conséquences.

«Autant du côté des transformateurs que du côté des pêcheurs, on doit s’organiser autrement pour aller chercher l’information et, dans le cas des transformateurs, de sécuriser des contrats, spécifie M. Element. On se parle par téléphone et par courriel. On fait aussi des conférences sur Zoom. C’est ce que font les pêcheurs et j’imagine que c’est ce que font les transformateurs aussi.»

Il n’en demeure pas moins que cette façon de faire rend la tâche des pêcheurs et des transformateurs plus difficile. «Il y a plein de gens qui se sont adaptés à plein de nouvelles façons de faire en lien avec la pandémie, soulève le directeur de l’Office des pêcheurs. Ça a été notre cas aussi et ça va continuer.» Quoi qu’il en soit, rien ne vaut une rencontre en personne, selon lui. «Des fois, ça nous permet d’avoir plus d’information. Mais c’est la réalité dans laquelle on vit. Est-ce que ça nous désavantage? Non, je ne pense pas. Est-ce que ça nous complique la vie? Définitivement.»

Pour l’AQIP, l’absence du Boston Seafood Show retarde l’établissement des prix. «Les gens sont en personne à Boston, puis ils se rencontrent dans les kiosques et à l’hôtel pour discuter, rappelle M. Gagné. Ils font des affaires. Là, il n’y en aura pas. Ça va se faire autrement. Mais ce n’est pas pareil. Par courriel et par Zoom, ce n’est pas la même chose que sur place, où on décide et on transige.»

GASPÉ-NORD – pages 4-5 – Volume 34,1 Février-Mars 2021

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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