Les homardiers connaissent un départ canon !

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D’un bout à l’autre de la péninsule gaspésienne, les pêcheurs de homard observaient des prises supérieures à l’an dernier pour leur première semaine d’opération. Dans certains cas, ils admettent même qu’il s’agit de prises record. D’est en ouest, voici les réactions de quelques homardiers ayant débuté leur saison de pêche le 24 avril dernier.

CANNES-DE-ROCHES

Pêcheur à Cannes-de-Roches, Laurier Vibert est capitaine-propriétaire d’un bateau tout neuf, le CAP PERCÉ. Avec près de 40 ans d’expérience en mer, il hésite à comparer cette année avec les années précédentes. «Je dirais que ça a été meilleur cette année, mais c’est difficile de comparer avec l’an passé parce qu’on était parti le 9 mai. Mais quand on commence tôt, c’est généralement une meilleure année», dit-il.

M. Vibert est confiant envers la saison de captures à venir. «Moi j’ai toujours été confiant. Je n’ai jamais eu peur de ne pas prendre de homard, j’ai toujours peur du prix», dit-il. Au moment d’écrire ces lignes le 2 mai, les rumeurs parlaient d’un prix de 8 $ la livre. Selon Laurier Vibert, «on est supposé avoir plus que ça. Habituellement les industriels prennent 1 $ de profit. Mais là le homard se vend 9,75 $. Donc on aurait dû avoir 8,75 $.»

La taille règlementaire de capture passe à 83 mm. Selon M. Vibert, l’objectif du ministère des Pêches et des Océans est atteint: «C’est la dernière fois qu’on va augmenter la mesure. On a commencé à monter la mesure en 1995, à 79 mm, pour atteindre l’objectif de 83 mm cette année, pour avoir juste du homard de catégorie «market». C’est ce qu’on a maintenant.»

Les conditions météorologiques n’ont pas donné de chances à l’équipage cette année. «Dans notre zone 20A3, on a perdu deux jours. On perd toujours six ou sept jours par année. On est habitués à ça. Le homard est là, mais on ne peut pas toujours sortir. [Ce sont] les vents dominants qui entrent dans notre secteur. Quand il y a un vent du nord de plus de 20 nœuds, même si tu avais le meilleur bateau du monde, essaie pas de travailler là, tu peux pas. Je ne changerais pas de secteur pour autant», dit-il.

PERCÉ

À Percé, Jimmy Lepage observe une joyeuse surprise: «La première semaine est plus forte que d’habitude. On a une augmentation des captures de 15 à 20 %», dit-il. Pourtant, la météo a joué des tours à son équipe. «Lundi (le 3 mai), on a levé seulement la moitié des casiers», raconte-t-il, parce que les vagues et les vents étaient trop puissants pour pouvoir poursuivre. «Ça a été une grosse semaine parce que mes prises ont été élevées les autres jours», explique-t-il.

Selon M. Lepage, l’augmentation de la taille règlementaire de capture ne s’est pas faite sentir avec le volume des captures. D’ailleurs, ses observations sur le terrain laissent présager de bonnes années à venir: «Les trappes sont pleines de petits homards et de femelles avec plein d’œufs, il y a de tout.»

Concernant le prix au débarquement présumé de 8 $, M. Lepage commente: «C’est sûr qu’au début on parlait de 8,50 $ ou 9 $ la livre, mais c’est quand même bien. L’an dernier, on a tourné autour de 6 $. Cette année le prix est au rendez-vous et il est très bon.»

CAP D’ESPOIR

À Cap d’Espoir, Yves Couture pilote le LADY ÉLODIE depuis 2007. Il observe une augmentation des prises de 15 % par rapport à l’année dernière. «Je ne pensais pas que le homard aurait été là à ce point. Ça faisait plusieurs années que je n’avais pas vu autant de homards la première semaine. D’habitude, plus la saison avance, meilleur  c’est», dit-il. L’augmentation de la taille règlementaire des prises ne lui pose donc pas problème non plus.

La météo n’a pas donné de répit à son équipe, mais ils ont réussi à sortir en mer tous les jours quand même. M. Couture  témoigne: «Quand un vent du sud-est est rentré, le lendemain, les captures étaient là. C’est rare qu’on voie ça au lendemain d’un gros vent.» Il faut dire que Cap d’Espoir est reconnu pour ses vents puissants et ses forts courants.

Concernant le prix de 8 $ offert pour débuter la saison, M. Couture ne commente pas de son opinion personnelle, mais affirme: «Habituellement, le homard est toujours plus haut que le crabe en termes de prix. Présentement on n’a pas la confirmation du prix. Les marchés sont plus ouverts cette année comparé à l’an passé, les restaurants aux États-Unis aussi sont plus ouverts, ce qui est encourageant.» Son plus grand souhait pour la saison: «Qu’il ne vente pas trop!»

GRANDE-RIVIÈRE

Le capitaine Gerry Dubé de Grande-Rivière est optimiste quant à la saison à venir.  Capitaine-propriétaire depuis une quinzaine d’années et fort de ses 20 ans d’expérience sur l’eau, le pêcheur affirme: «Le homard est là, mais il faut le trouver. Il se cache!» Pour lui, difficile de dire si ses prises sont meilleures en cette première semaine de capture en comparaison à l’année dernière. Mais il qualifie tout de même ses prises d’intéressantes. «Les prises sont intéressantes malgré l’augmentation de la taille, je suis très optimiste pour la saison. C’est bien parti pour moi et le homard va rentrer beaucoup. Présentement il est en eaux profondes, mais quand l’eau va se réchauffer, il va rentrer vers le bord de la rive», assure-t-il. Selon lui, il est possible que cette saison soit meilleure que la précédente. «Plus tard, quand l’eau sera plus chaude, peu importe où on mettra le casier, on va le remplir», dit-il.

Concernant le prix de 8 $ la livre, M. Dubé est plus critique: «L’an dernier, le prix n’était pas bon. Cette année, c’est 8 $ la livre. Je m’attendais à un minimum de 10 $ la livre. Tous les acheteurs paient le même prix partout en Gaspésie. Personnellement, je vis très bien, ce n’est pas la question. C’est que le homard se vend beaucoup plus cher la livre dans les poissonneries.»

CHANDLER

David-Henry Huard pêche dans le secteur de Chandler et Pabos. À bord du DAVIDS SEA, la première semaine a été très fructueuse: «Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas commencé en avril, mais les prises sont excellentes comparé à l’an passé. On observe une augmentation de 20 % pour la première semaine. Depuis 2012, toutes les années sont meilleures que les précédentes.» 

Selon  M. Huard, «Les premières semaines, ce n’est jamais compliqué de faire de belles prises, le homard est présent et il a hâte de voir nos casiers. Mais je suis surpris que le volume augmente encore. Je suis surpris, parce qu’on a augmenté la mesure (taille minimale légale) à 83 mm. Habituellement, l’année où on augmente la mesure, il y a toujours une baisse de 4 à 5 %. Mais les résultats post-saison de l’an passé étaient exceptionnels, c’était une bonne indication d’une bonne saison à venir.» David-Henry Huard est optimiste et il croit que l’année sera bonne tout le long de la côte.

La météo n’a pas épargné son équipe. Mais selon le capitaine-propriétaire du DAVIDS SEA, le temps froid et venteux affecte davantage les humains à la surface que les homards dans les fonds marins: «La température était difficile: froid et venteux, mais c’est bon pour pêcher. La pêche est toujours meilleure quand il fait moins beau. Quand le vend vient de l’est, ça emmène un courant d’eau chaude qui est chanceux pour la pêche dans notre coin.»

Au sujet du prix de 8 $ la livre, le capitaine affirme: «C’est juste un retour à la normale au prix de 2019. Mais en 2019, le homard se vendait moins cher dans les grands centres.»

PORT-DANIEL

Hugues Roussy, pêcheur dans le secteur de Port-Daniel, observe lui aussi une augmentation de ses prises. Derrière ses 40 ans d’expérience en mer, il affirme: «C’est excellent, je n’ai jamais vu ça, autant de homard. J’ai eu une augmentation de 30 % par rapport à la première semaine de l’an dernier. Si on se compare aux autres secteurs en bas, de Pabos à Gaspé, c’est nous qui avions eu le moins d’augmentation de captures depuis quatre ou cinq ans. Cette année, peut-être qu’on va les rattraper.»

L’augmentation de la taille des captures ne parait pas du tout dans ses résultats de capture, alors qu’il était habitué à une baisse quand celle-ci était modifiée à la hausse.

Selon M. Roussy, «Le prix est excellent. On a eu ça pendant une semaine au début des années 2000. C’est beaucoup plus intéressant que l’année passée. 2 $ de plus la livre, au bout de la semaine, c’est beaucoup.»

Les conditions météo n’ont pas empêché le homardier de prendre la mer, mais il sait naviguer dans les eaux qu’il connait. M. Roussy pêche à l’intérieur et à l’extérieur de la baie de Port-Daniel. «C’est toujours plus tranquille dans la baie. J’ai des trappes là et j’attends toujours en dernier pour les lever», dit-il en expliquant qu’il profite de la protection naturelle de la baie à l’heure où les vents se lèvent plus loin.

M. Roussy est plus qu’optimiste face à la saison 2021. «Nous on a une zone où on prend beaucoup de homards au début. Les trois premières semaines, on attrape la moitié de notre récolte. Si c’est comme ça cette année, on va avoir une excellente saison. Les trappes sont pleines de petits et de gros homards, moitié-moitié, c’est bon pour les années à venir aussi. C’est un début d’année record», dit-il, en précisant que c’est le cas aussi pour tous les autres pêcheurs de Port-Daniel-Gascons auxquels il a parlé.

LA GASPÉSIE – pages 4-5 – Volume 34,2 Avril-Mai 2021

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À propos de l'auteur : 

Ariane Aubert Bonn
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