Les surplus financiers de l’Office des pêcheurs de homard serviront, entre autres, à l’amélioration des conditions de mise en marché du crustacé

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L’Office des pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine réduit, pour la première fois depuis sa création en 1992, la cotisation de ses 325 membres. En assemblée générale annuelle, le 21 mars, il a résolu de la faire passer de quatre à trois cents la livre, pour la saison 2019. Cette baisse se veut le reflet des débarquements record des deux dernières années, explique le président de l’organisation, Pascal Chevarie.

«Avec une moyenne de près de 10 millions de livres, ça nous fait des revenus annuels d’environ 400 000 $ qui rentrent dans les coffres. Et, grâce à une administration qui coûte moins cher que sous la précédente, on commence à dégager des surplus qui sont pas mal importants.»

De plus, une règle non écrite de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec stipule que les surplus accumulés par un office devraient équivaloir à environ une année et demie de contribution, précise l’avocat des pêcheurs, Me Claude Régnier, qui a fait carrière à titre de secrétaire général de cet organisme de régulation économique et de résolution de différends. «Alors, comme on s’attend à une contribution annuelle d’à peu près 220, 230 ou 240 000 $ en fonction de la moyenne des cinq dernières années, on conserverait quand même un coussin   confortable.» Les surplus accumulés de l’Office s’élèvent actuellement à plus de 630 000 $, avec des dépenses anticipées d’environ 220 000 $.

AMÉLIORER LA MISE EN MARCHÉ     

On se rappellera que l’Office des pêcheurs de homard avait rejeté une proposition émanant de certains membres de l’Association des pêcheurs propriétaires des Îles (APPIM), l’an dernier, pour une diminution de 50 % de la cotisation perçue sur les volumes débarqués, dans la foulée des captures inédites de 2017. «À ce moment-là, nous n’étions pas prêts à décréter une baisse sans savoir si l’avenir serait tout aussi florissant, souligne Pascal Chevarie. Qui plus est, la demande était de la ramener à deux cents la livre, ce qui était d’autant plus risqué.»

Le président de l’Office entend mettre à profit les surplus de son organisation dans sa mission première, soit l’amélioration des conditions de mise en marché du homard. «Il faut faire quelque chose pour que le homard des Îles soit bien identifié sur les marchés les plus prometteurs, enchaîne  Me Régnier. Donc, il faut le canaliser sur les marchés, l’encadrer, pour améliorer les revenus de tout le monde.»

Reste à voir si cette mise en marché ordonnée du homard pêché dans l’archipel madelinot pourra se faire en collaboration avec les acheteurs, avec qui les pêcheurs sont toujours à couteaux tirés. Ils sont d’ailleurs en attente d’une nouvelle décision arbitrale de la Régie sur le prix plancher de la saison 2018.

Écart de 1,7M $

Sur la base de ses travaux de mise à jour de la balise de référence du prix du marché établi par le Seafood Price Current (Pêche Impact, janvier-février 2019), l’Office réclame un ajustement de deux millions de dollars – «en coupant la poire en deux», fait remarquer M. Chevarie – tandis que l’Association québécoise de l’industrie de la pêche n’en offre que 300 000 $. «Nous avons confiance d’obtenir gain de cause, poursuit le capitaine de la Mer du Nord, parce que nous avons clairement démontré (en séance d’arbitrage les 8 et 9 mars) que les acheteurs camouflent leur marge bénéficiaire réelle, en ne la calculant que sur la moyenne des ventes réalisées pendant les neuf semaines de la saison, alors que jusqu’à 20 % des volumes sont écoulés par après, et ce, à un prix supérieur, parce que l’offre est moindre.»

Cela dit, quelle sera l’humeur des acheteurs si la Régie tranche effectivement en faveur des pêcheurs? Il y a fort à parier qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres avant que les deux parties en arrivent à s’entendre sur des stratégies communes d’amélioration des conditions de marché. «Il y a d’autres moyens, si l’AQIP ne veut pas collaborer, pour que l’Office fasse lui-même la mise en marché du homard; totalement ou partiellement, c’est possible, soutient Claude Régnier. On n’en est toutefois pas rendus là.»

«Nous, on compte sur la collaboration avec un ou plusieurs acheteurs, pour exploiter des créneaux et écouler du homard dans les marchés les plus payants possible. Il y a une demande; il y a une demande très forte. Il y a une possibilité de marché, on le sait. Il y en a qui l’ont tâté; ça marche. Alors, il faut l’exploiter à fond», insiste l’avocat.

MSC

Enfin, notons que les administrateurs de l’Office des pêcheurs de homard des Îles ont mandaté Me Régnier pour entreprendre les procédures légales afin de régler le contentieux sur la certification de pêche durable de leur pêcherie émise par le Marine Stewardship Council. Cette certification est détenue par l’APPIM depuis 2013, mais cette dernière refuse de la transférer à l’Office, qui est le seul organisme à représenter la totalité des 325 pêcheurs de la flottille côtière de l’archipel. «La certification MSC est directement liée à la bonne mise en marché de notre produit, indique Pascal Chevarie. Nous sommes déterminés à en devenir l’unique propriétaire, à temps pour la saison 2020.»

LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE – page 25 – Volume 32,2 Avril-Mai 2019

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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