Phytoplanctons et zooplanctons : un déclin marqué des biomasses, ces dernières années

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La biomasse des phytoplanctons et zooplanctons, qui suit traditionnellement des oscillations de 5 à 10 ans, est en déclin marqué ces dernières années. C’est ce qui ressort du plus récent rapport du ministère fédéral des Pêches, publié l’an dernier, dans le cadre du Programme monitorage des conditions océanographiques de la zone atlantique.

IMPACTS APPRÉHENDÉS     

En fait, cette biomasse a diminué de 50 % dans les eaux terre-neuviennes, au cours des quatre dernières années, selon ce que rapporte Pêches et Océans Canada. Stéphane Plourde, chercheur en océanographie biologique à l’Institut Maurice-Lamontagne (IML), qui note cette même tendance ailleurs, dans les Maritimes et dans le golfe du Saint-Laurent, dit que les causes n’en sont pas clairement identifiées.

Il constate cependant une diminution des sels nutritifs à la surface, nécessaires à la floraison planctonique, à cause du réchauffement qui affecte la circulation entre les différentes strates de la colonne d’eau. «Avec plus de chaleur en surface, ça prend plus d’énergie, des vents forts plus soutenus, plus longtemps, pour permettre ce mélange vertical; pour remettre en circulation les sels nutritifs dans la couche de surface. Mais ça, peut-être que cette efficacité-là, de mélange, a peut-être changé au travers des années, pour expliquer les patrons qu’on observe», expose M. Plourde. 

À la base de la chaîne alimentaire, les phytoplanctons et zooplanctons servent, entre autres, de nourriture aux baleines.  Le chercheur spécialisé en mammifères marins, Mike Hammill, souligne que leur baisse d’abondance aura aussi un impact sur le capelan, la morue et même les phoques du Groenland. «Ça devient préoccupant, affirme le scientifique, parce qu’il y a certaines espèces qui ne peuvent pas s’adapter et, aussi, il y a peut-être d’autres espèces qui vont les remplacer. Donc, il y a un impact plus loin que juste les phytoplanctons. Le phytoplancton est comme la base. Donc, si on voit un changement dans la biomasse de ça, probablement qu’il va y avoir un impact sur la productivité dans le système.»

RECORD DE FROID    

Reste à savoir si les anomalies observées dans les conditions atmosphériques et environnementales, qui affectent les processus de production planctonique habituellement cycliques, deviendront la norme. Le cas échéant, Stéphane Plourde prédit que l’écosystème marin subarctique du Canada atlantique s’adaptera en devenant tempéré, comme celui de la côte Est des États-Unis.

Or, ces derniers mois, le bilan est plutôt aux records de froid dans le golfe du Saint-Laurent; du moins, selon les plus récentes données dont dispose l’océanographe physicien Peter Galbraith. Il dit avoir enregistré, en mars, un record d’épaisseur, allant parfois jusqu’à 100 mètres, de la couche de mélange de surface hivernale. La mesure, qui a été prise par sonde héliportée sur une profondeur de 200 mètres, est la plus épaisse en 24 ans, souligne-t-il. 

Le chercheur affirme qu’elle est en corrélation avec la température anormalement faible observée en surface, dès le mois de novembre, l’automne dernier. «Le fait qu’on ait eu un automne très froid, avec de forts vents qui ont déjà commencé une couche de mélange froide, bien, ça a permis d’atteindre ce record, dit-il. Parce que ça a commencé tôt et que ça avait commencé fort.»  

C’est une bonne nouvelle, en ce sens que, plus la couche de mélange de surface est approfondie par l’intensité des vents, en hiver, plus abondante est la remontée des sels nutritifs, le printemps suivant, signale M. Galbraith. Il y a donc fort à parier que le bloom planctonique, à la base de la chaîne alimentaire des océans, sera plus important cette année, dans le golfe. «Ce qu’on mesure comme sels nutritifs, ça nous donne un indicateur, si on veut, de la nourriture disponible pour le bloom planctonique, illustre M. Galbraith. Ces mesures en laboratoire, ne sont pas encore disponibles. Mais habituellement, elles sont très fortement corrélées avec l’épaisseur de la couche mélangée.»  

À tous les ans, depuis 1996, l’IML échantillonne une centaine de stations du golfe et de l’estuaire du Saint-Laurent, incluant le fjord du Saguenay, dans le cadre de sa mission héliportée hivernale, pour en faire le suivi des conditions océanographiques. Sa mission 2019 s’est déroulée du 4 au 13 mars.

BIOLOGIE – page 24 – Volume 32,2 Avril-Mai 2019

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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