Morue du nord du golfe du Saint-Laurent : indices d’abondance en baisse et mortalité naturelle en hausse

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La dernière évaluation scientifique du stock de morue du nord du golfe du Saint-Laurent produite par les biologistes de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML), de Mont-Joli, confirme une diminution des indices d’abondance du stock et une augmentation de la mortalité naturelle de l’espèce dont l’une des causes probables proviendrait de la prédation effectuée par les phoques gris et les phoques Groenland, bien que son ampleur soit difficile à quantifier, pour le moment.

Les morutiers québécois et terre-neuviens actifs dans le nord du golfe disposent depuis l’année de gestion 2017-2018 d’un TAC annuel de 3 185 tonnes, dont 2 679 tonnes sont allouées pour une activité de pêche commerciale limitée. «Pour la saison 2018-2019, les débarquements enregistrés ont totalisé 2 515 tonnes, selon les donnés préliminaires du ministère des Pêches et des Océans (MPO). De plus, une pêche récréative de 39 jours a eu lieu entre les mois de juin et de septembre, mais le total des captures réalisées demeure inconnu», mentionne Claude Brassard, biologiste à l’IML.

Dans l’aperçu scientifique du secteur des sciences, il est souligné que «l’indice de la performance de la pêche commerciale à la palangre est demeuré au-dessus de la moyenne de la série alors qu’il a diminué et s’est situé au niveau de la moyenne pour la pêche aux filets maillants. Pour les grands palangriers du Québec, cet indice est demeuré au-dessus de la moyenne de la série depuis 2015.»

TENDANCE INVERSÉE

Après quelques années d’espoir qui laissait présager un certain retour de la morue dans le nord du golfe, les données compilées à partir du dernier relevé au chalut du MPO de même que celui issu du programme des pêches sentinelles à la palangre et aux filets maillants indiquent une baisse des indices d’abondance du stock amorcée en 2017.

«Ce que nous avons observé en 2018, c’est une tendance à l’inverse de ce qui  s’était produit de 2014 à 2016 où tous les indicateurs de l’abondance du stock concordaient pour dire que ça allait bien. Maintenant, c’est l’inverse qui se produit avec une diminution enregistrée tant par le relevé du MPO que celui des pêches sentinelles», admet Claude Brassard.

Pour ce qui est de la biomasse du stock reproducteur, Claude Brassard fait remarquer qu’elle a diminué ces deux dernières années aux valeurs les plus basses depuis 20 ans. «Nous estimons présentement cette biomasse à 11 774 tonnes et elle se situe dans la zone critique. En fait, elle ne représente que 10 % du point de référence limite. C’est à partir d’une biomasse de 116 000 tonnes et plus qu’on peut dire que le stock est en santé.»

Parmi les causes probables qui indiquent un revirement de la situation à la baisse des indices d’abondance du stock de morue du nord du golfe du Saint-Laurent, les scientifiques de l’IML indiquent une hausse de la mortalité naturelle de l’espèce. Les relevés du MPO et des pêches sentinelles confirment cette affirmation «des tendances à l’augmentation des estimations de mortalité par la pêche et de mortalité naturelle estimée par l’analyse séquentielle de population de morue. Des causes de cette mortalité incluent la mortalité par pêche non comptabilisée et la prédation par les phoques gris et les phoques du Groenland. Toutefois, leur importance demeure inconnue.»

PRÉDATION DIFFICILE À QUANTIFIER

Le biologiste de l’IML reconnaît que la mortalité naturelle de la morue est un phénomène assez récent pour cette partie du golfe du Saint-Laurent. «Jusqu’à récemment, ce phénomène de mortalité naturelle de la morue était surtout observé pour le stock du sud du golfe. Maintenant, on le constate pour la partie nord du golfe et c’est un facteur qui nous préoccupe beaucoup parce que nous sommes incapables de quantifier, pour le moment, la proportion de morues qui ferait l’objet d’une prédation autant par les phoques gris que par les phoques du Groenland.»

À propos des phoques, M. Brossard souligne que leur présence dans le nord du golfe s’accentue au moment où leur population respective demeure élevée. «Dans le cas des phoques du Groenland, ce n’est pas un fait nouveau. Ils sont présents depuis très longtemps et surtout en hiver pour y effectuer une prédation à l’endroit de la morue. Pour ce qui est des phoques gris, que l’on observait beaucoup plus dans le sud du golfe, ils sont maintenant présents aussi, autant en été qu’en hiver, dans le nord du golfe, pour y consommer également de la morue. Selon certaines études effectuées, nous savons que les deux espèces de phoques consomment davantage de morues en hiver où la population de l’espèce est plus concentrée à certains endroits. Les phoques vont jusqu’à doubler leur consommation quotidienne de morues durant cette période.»

Ceci dit, Claude Brassard mentionne, par ailleurs, que la condition physique des morues observées demeure quand même bonne dans les circonstances. «Il faut se rappeler qu’elle a déjà été en très mauvaise condition lors du gros déclin du stock. Ça fait plusieurs années que l’on analyse l’alimentation de la morue du nord du golfe et on peut dire qu’elle dispose d’une grande variété d’aliments. C’est un avantage, et c’est peut-être aussi le reflet que sa condition physique soit encore bonne.»

RECRUTEMENT ACCEPTABLE

Quant au recrutement de la morue, le biologiste de l’IML le considère acceptable compte tenu de la faible quantité de morues encore disponibles. Ça demeure un point positif pour lequel nous ne sommes pas prêts à la lancer la serviette. La morue du nord du golfe ne se retrouve pas dans la même situation que celle pour le sud. Ce n’est pas impossible que cela puisse arriver un jour, mais nous n’en sommes pas là actuellement», laisse entendre Claude Brassard.

Pour la saison de pêche 2019, les prélèvements de morues proviendront des cohortes de 2011 à 2013. «Même si elles sont faibles en terme de volumes, ces cohortes de morues ont une bonne capacité de reproduction, mentionne Claude Brassard. Pendant plusieurs années, l’activité de pêche dépendait des cohortes de 2004 à 2006. De plus, le fait que le total des captures autorisées a été maintenu à 1 500 tonnes durant la période de 2011-2012 à 2016-2017, cela nous a permis d’avoir quelques bons recrutements. Ça a été une bonne décision à l’époque. Aujourd’hui, nous pouvons encore observer une certaine quantité de belles grosses morues dans l’eau. Nous en avons besoin pour la reproduction du stock.»

BIOLOGIE – page 23 – Volume 32,2 Avril-Mai 2019

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À propos de l'auteur : 

Robert Nicolas

Robert Nicolas est actif depuis près de 30 ans dans le domaine des communications et de l’information reliées plus spécifiquement au secteur des pêches et de l’aquaculture commerciales. Détenteur d’un baccalauréat en Information-communication de l’Université de Moncton, il agit à titre de collaborateur du journal Pêche Impact dès sa naissance en 1988, pour ensuite en devenir le coordonnateur/rédacteur en chef en 1992 jusqu'à aujourd'hui. Observateur privilégié de l’évolution de l’industrie durant toute cette période, Robert Nicolas devient le responsable du Bureau école-industrie de l'École des pêches et de l'aquaculture du Québec (ÉPAQ) en 2011 où il met au profit de cette institution d'enseignement ses connaissances des enjeux et des réalités propres à chacune des régions maritimes du Québec.

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