Les usines gaspésiennes accueillent des quantités de homard sans précédent

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Les acheteurs et transformateurs gaspésiens de homard prennent livraison de quantités de homard record en 2019. En fait, le secteur de la vente et de la transformation reprend là où il avait laissé en 2017, l’année 2018 ayant été perturbée par les mesures de protection de la baleine noire.

L’an passé, la pêche a cessé entre le secteur est de Port-Daniel et le centre de Percé pendant les trois dernières semaines de la saison parce que les quadrilatères de protection décrétés par le ministère fédéral des Pêches et des Océans se rendaient jusqu’à la côte, même si aucune baleine noire n’y avait jamais été observée. Soixante-quatre homardiers ont été touchés par cette mesure.

Ces fermetures avaient empêché les homardiers gaspésiens de battre globalement le record de 2 486 tonnes métriques de 2017, un volume porteur d’une valeur de 38,3 millions $ au débarquement. Ils ont livré 2 302 tonnes, valant 33,1 millions $ il y a un an.

L’acheteur Bill Sheehan, de la firme E. Gagnon et Fils, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, croit que les livraisons de homard dans les usines surpasseront de 15 à 20 % les débarquements de 2018, ce qui battrait sans équivoque le total de 2017.

«C’est une année record. Il n’y a pas de doute. Je n’ai pas les derniers calculs sous les yeux mais c’est très fort. Il reste deux semaines dans la saison et cette année, la baleine noire ne nous a pas affectés. On ne pense pas que ça entrerait de même. C’est l’année des années et les prix sont encore bons», notait M. Sheehan le 25 juin.

VOLUME IMPRESSIONNANT

«On a eu des journées de 110 000 livres. En 1984, quand on a commencé dans le homard, à partir des installations de Jacques Langis, on avait acheté 184 000 livres pendant toute la saison. Je me souviens d’avoir vu des pêcheurs arriver chez nous avec huit homards dans une chaudière, dans le temps. Maintenant, il y a des pêcheurs qui débarquent 2 000 livres par jour. La camionnette n’est plus assez grosse pour embarquer tous les bacs. Ça prend un «trailer» (une remorque) pour transporter ça à l’usine. On a eu des semaines de 400 000 livres venant des 50 pêcheurs qui livrent chez nous. C’est encore 300 000 livres maintenant», précisait-il, deux semaines avant la fin de la saison.

Les quantités livrées chez E. Gagnon et Fils ont été telles, en début de saison, que la firme a dû vendre certaines quantités dans des usines des Maritimes, notamment parce que le crabe des neiges et le homard entraient à un rythme fou à l’usine de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, pendant les trois premières semaines de mai.

«Dans le gros du crabe, on n’avait pas le temps de classer tout le homard qui entrait, même si le marché du vivant était très bon. On a chargé des camions pour les envoyer dans les Maritimes. On n’avait pas le choix devant les grosses quantités. J’en recevais plus que j’en avais besoin», dit M. Sheehan.

La situation s’est tassée au cours de la quatrième semaine de mai, quand les débarquements de crabe des neiges ont commencé à ralentir. Le surplus de homard a trouvé sa place sur la chaîne de transformation de l’usine de Sainte-Thérèse, et les 350 travailleurs ont partagé leur temps entre les deux espèces de crustacés.

«Le marché du vivant est resté bon jusqu’à la Fête des mères, puis il est descendu un peu, et il a remonté un peu pour la Fête des pères. Vers la fin de juin, le marché remonte en prévision du 4 juillet aux États-Unis. Les ventes montent dans le Maine, avec le tourisme», note Bill Sheehan, en faisant référence à la Fête de l’indépendance américaine.

La courbe des prix versés aux homardiers suit en gros les tendances dictées par les événements décrits par M. Sheehan.

Les homardiers ont ainsi reçu 7,50 $ la livre pour la première semaine, amputée parce que la capture a démarré un jeudi, de même que 7,50 $ pour la seconde semaine, puis 6,60 $ pour la troisième, 6,91 $ pour la quatrième, 6,60 $ pour la cinquième semaine, du 26 mai au 1er juin, puis 6,13 $ pour la sixième semaine, 6,23 $ pour la septième et 6,41 $ pour la huitième semaine.

«C’est une courbe qui est haute en partant, parce que nous (les Gaspésiens) sommes les seuls dans le homard. Puis, tout le monde embarque et les prix baissent. Dans les Maritimes, c’est très fort cette année aussi», dit-il.

Le marché de la chair de homard est «correct. Il y a tellement de compétition. Il faut être à la fine pointe. C’est serré. Cette année, les queues de homard sont en demande et la chair a baissé», ajoute M. Sheehan.

MARCHÉ QUÉBÉCOIS PRENEUR

Le marché québécois a occupé une grande place des débouchés de la firme E. Gagnon et Fils cette année dans le marché du homard vivant.

«On a de bonnes relations avec les grandes chaînes IGA et Metro, avec GFS (Global Food Supply). Montréal est dure à fournir mais on prend les moyens pour maximiser nos chances. Les commandes entrent le matin, et on les prend même jusqu’à 13 heures. Le camion part dans l’après-midi et il arrive dans la nuit. Le homard qui était à l’eau à midi un jour se retrouve sur le plancher de vente le lendemain matin», précise Bill Sheehan.

Le marché américain accapare une grande partie de la chair de homard venant de l’usine de Sainte-Thérèse-de-Gaspé.

Quant au marché chinois, il joue un rôle de soutien pour E. Gagnon et Fils. «Ils sont surtout présents sur le marché du vivant et nous sommes trop loin des aéroports. On n’a pas l’avantage de la proximité des aéroports. On l’a essayé mais on ne peut arriver avec les producteurs situés à côté de l’aéroport de Halifax. J’aimerais pouvoir le faire en Gaspésie mais aménager un aéroport pour le cargo juste pour quatre semaines, ce n’est pas réaliste pour le moment. Le marché chinois joue quand même un rôle ici parce que ça garde le prix haut. Ça crée une compétition. La partie des débarquements qui va là ne vient pas ici, sur le marché nord-américain. Ils (les Chinois) soutiennent le marché», conclut Bill Sheehan.

Du côté de l’entreprise Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan, aussi de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, l’abondance des prises de homard caractérise aussi l’année 2019.

«C’est une bonne année. Localement, c’est meilleur qu’il y a deux ans», signale Roch Lelièvre, propriétaire de l’usine.

Cette année, M. Lelièvre achète de nouveau les prises de 14 homardiers gaspésiens, de trois homardiers pêchant à l’île d’Anticosti et de 26 homardiers néo-brunswickois. Les prises sont tellement bonnes en Gaspésie et à Anticosti que les 17 homardiers y évoluant débarqueront des prises aussi fortes que les 26 Néo-Brunswickois, ce qui aurait été impensable il y a cinq ans à peine.

«J’attends un million de livres de la Gaspésie et d’Anticosti, et un million de livres du Nouveau-Brunswick. Les prises sont correctes à Caraquet mais moins fortes que d’habitude. L’eau est restée froide longtemps. Le démarrage a été lent. C’est meilleur à Miscou», note Roch Lelièvre.

Environ la moitié du homard gaspésien est destiné au marché du vivant et l’autre moitié est transformé en chair. La totalité du homard néo-brunswickois est transformé en chair, notamment en raison de sa taille plus petite, qui le rend un peu plus modique à l’achat.

«Le marché du vivant a été très bon cette année, et c’est resté bon pendant une semaine à dix jours après la Fête des mères. À partir de juin, le marché du vivant baisse beaucoup. C’était mieux qu’en 2018», souligne M. Lelièvre.

Le marché de la chair est assez bon cette année. «On vend beaucoup à l’exportation. Dans l’ordre, on vend aux États-Unis, au Québec, à la Chine, à la Corée (du Sud) et en Europe, mais il n’y a jamais deux années de pareilles», souligne-t-il.

La main d’œuvre s’est établie à 175 personnes ce printemps chez Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan, mais l’usine transforme aussi du poisson de fond. «Vers le 20 juillet, on coupe beaucoup nos opérations, jusqu’au hareng à la mi-août. Je vais faire un peu de homard à l’automne», précise Roch Lelièvre à propos du homard importé des Maritimes.

TRANSFORMATION ­– page 05 – Volume 32,3 Juin-Juillet-Août 2019

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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