Natashquan face à l’urgence de mettre en place un havre de pêche

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Il est minuit moins une pour la communauté de pêcheurs utilisant le quai de Natashquan, en Minganie sur la Côte-Nord, puisque celui-ci arrive en fin de vie. Propriété de Transports Canada, le quai n’est pas considéré comme un port de pêche et pourrait être abandonné, laissant ainsi sans port d’attache une vingtaine d’entreprises de pêche.

La situation est complexe pour les usagers de l’endroit. Le quai, bâti au début des années 1900 et rénové plusieurs fois par la suite, était d’abord destiné au transport de marchandises et de passagers. Avec la prolongation de la route 138 vers l’est, l’infrastructure a perdu des utilisateurs commerciaux. Transports Canada et Pêches et Océans Canada sont en discussion pour un transfert du quai, puisque la clientèle de l’endroit appartient désormais au second ministère.

Toutefois, les discussions n’avancent pas assez vite pour la Corporation du port régional de Natashquan, qui voit arriver l’inévitable dégradation du quai.  «Le quai va arriver en fin de vie utile dans deux ans», lance Jean-Claude Landry, président de la corporation et ex-pêcheur de crabe des neiges.

ESSENTIEL POUR LES PÊCHEURS

Comme l’indique M. Landry, les activités de pêche constituent un moteur économique majeur pour la communauté. Dix-huit (18) entreprises locales et d’autres entreprises au Québec font de Natashquan leur port d’attache. «On a une flotte de pêche dont la valeur des navires et des permis s’y rattachant est d’environ 100 millions $. Ça crée 60 emplois directs sur une population de 250 personnes», lance M. Landry, ajoutant que le port est tout aussi important pour la communauté autochtone de l’endroit.

Jean-Claude Landry rapporte que le port de Natashquan est situé, selon les années, au quatorzième ou au quinzième rang au Québec pour la valeur des débarquements des produits de la mer, sur une cinquantaine de ports. «Je demande qu’on nous remette sur la liste des ports essentiels du ministère de Pêches et Océans», dit M. Landry, en expliquant que le port a été retiré de cette liste sous prétexte qu’il appartenait à Transports Canada, un non-sens selon lui vu l’usage qui est fait des lieux.

La communauté autochtone de Natashquan souhaite implanter une usine de transformation du crabe des neiges, projet impossible si les installations portuaires ne sont pas adéquates.

UN QUAI MAL ADAPTÉ AUX BESOINS

Le quai de Natashquan n’est pas adéquat pour les besoins des pêcheurs, puisque celui-ci n’a pas été construit selon leurs   besoins, mais plutôt pour le cabotage. Exposé aux forts vents et vagues, le quai est dangereux pour les embarcations de pêche qui, lors des tempêtes, se font projeter dans tous les sens et doivent se mettre à l’ancre. Il faudrait, pour remédier à la situation, un havre de pêche protégeant les bateaux.

De plus, les conditions d’amarrage sont également difficiles pour les usagers, puisque pour arriver à loger chacun d’entre eux, il faut attacher quatre à cinq bateaux à l’épaule, sur le sens de la largeur, provoquant des dommages matériels aux embarcations.  «On a proposé des plans à Pêches et Océans Canada, mais ce dont on a absolument besoin, en premier lieu, c’est un quai. Ce dont il va avoir l’air, ça passe en deuxième», dit M. Landry face à l’urgence de conserver un lieu d’amarrage et de débarquement.

Des plans pour la construction d’un havre de pêche avec enrochement, évitant aux capitaines de devoir s’ancrer dans les tempêtes, a été soumis.

Face aux demandes des pêcheurs pour la reprise du quai par le ministère fédéral des Pêches, M. Landry affirme qu’il n’est pas facile d’obtenir quoi que ce soit. «Pêches et Océans Canada nous répond toujours que le quai appartient à Transports Canada qui veut céder son quai. Personne ne veut prendre la charge de ce quai. Le MPO nous reproche de refuser la cession du port. Mais le port n’est pas fait pour nous. Ce que je leur explique, c’est que s’ils sont capables de nous faire un havre de pêche avec ça, on pourra gérer ça en bon père de famille.»

Le président de la corporation du port régional affirme: «Selon moi, ça a toujours été un objectif pour les fonctionnaires de Pêches et Océans Canada de déporter la flotte de pêche de Natashquan vers Kegaska». Le havre de Kegaska, situé à 50 km par la voie terrestre, prend quatre heures à atteindre en bateau, selon M. Landry. Celui-ci affirme aussi que l’infrastructure de la communauté voisine est déjà en surcharge et ne pourrait pas  accueillir les usagers de Natashquan.

D’autre part, M. Landry affirme qu’un nouveau fonctionnaire est désormais en charge du dossier à Sept-Îles, et qu’un changement de cap pourrait avoir lieu. Il note aussi un changement à la direction des Ports pour petits bateaux à Québec. «Présentement, on est remplis d’espoir», dit-il, en ajoutant que pour la première fois, une ouverture est présente dans les discussions et que des rencontres sont effectivement planifiées à l’agenda.

C’est que depuis plus d’une dizaine d’années, une longue correspondance entre la Corporation du port régional de Natashquan et Pêches et Océans Canada s’est soldée sans résultats tangibles. Plusieurs études ont été produites pour la corporation afin de faire état de la situation, sans que le quai ne soit pris en charge.

RÉPONSE DE PÊCHES ET OCÉANS CANADA

Interrogé sur son intention de reprendre le quai de Natashquan, le ministère des Pêches et des Océans demeure prudent dans ses réponses. On nous confirme par courriel que des discussions sont en cours pour un éventuel transfert du quai, sans échéance. «Pêches et Océans Canada (MPO) reconnaît que l’industrie de la pêche commerciale utilise ces installations, bien qu’elles n’aient pas été initialement conçues pour cet usage. C’est dans cette perspective que le MPO poursuit ses discussions avec Transports Canada (TC) dans le but de trouver une solution à plus long terme qui puisse répondre aux besoins de l’industrie de la pêche commerciale.»

Interrogé à savoir si les activités de pêche à Natashquan étaient prioritaires et si ce port était important pour le maintien des communautés locales, le ministère répond: «Le MPO reconnait qu’il y a un important volume de débarquements au port de Natashquan. C’est dans le but de répondre partiellement aux besoins des pêcheurs commerciaux que le MPO a investi pour acquérir et installer certains équipements destinés aux pêcheurs utilisant ce port. Le MPO ne peut cependant apporter des investissements plus conséquents dans les infrastructures du port de Natashquan pour répondre aux autres besoins des pêcheurs commerciaux, car   ce port appartient à Transports Canada», informe le ministère fédéral des Pêches.

INFRASTRUCTURES PORTUAIRES – page 32 – Volume 33,5 Décembre 2020-Janvier 2021

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À propos de l'auteur : 

Ariane Aubert Bonn
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