Notre industrie des pêches s’est tenue debout

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Le secteur québécois des pêches se souviendra longtemps de l’année 2020, pour plusieurs raisons. Cette année qui aurait pu être catastrophique, dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Pourtant, les pêcheurs ont réussi à obtenir des prix respectables pour leurs produits, ce qui a généré une somme combinée et encore préliminaire d’environ 260 millions de dollars.

Il s’agit du cinquième meilleur total de revenus globaux de l’histoire, très proche de la quatrième position, les 270 millions $ de 2016. Il reste en outre certains ajustements de prix qui n’entreront qu’en toute fin d’année, et qui ne seront portés au bilan statistique du ministère fédéral des Pêches et des Océans qu’au cours du premier trimestre de 2021.

Comme les prix du crabe des neiges dans plusieurs zones ont jusqu’à maintenant été sous-estimés de plus ou moins un dollar la livre en raison d’un prix  de base de 3,35 $ alors qu’un prix plus réaliste de  4,25 $ a déjà été confirmé à plusieurs pêcheurs, et qu’un ajustement devrait aussi caractériser le prix du homard aux Îles-de-la-Madeleine, il ne serait pas surprenant que plusieurs millions de dollars, peut-être même quelques dizaines de millions, soient additionnés au bilan actuellement disponible.

Il a fallu que tous les acteurs des pêches contribuent pour que globalement, ces dollars se concrétisent.

Il fallait un peu d’audace, et du pif,  de la part des crabiers de la zone 17 pour sortir en mer dès la fin de mars, à peine 10 jours après la déclaration d’état d’urgence au Québec, et croire que le crustacé trouverait preneur à un prix valant l’effort et le risque.

Les homardiers ont d’abord cru que leur saison serait gâchée par le coronavirus. En mars, bien des acheteurs néo-écossais n’offraient aucun prix aux pêcheurs, et parfois seulement 2 $ la livre. Il est certain qu’au Québec, il y a sans doute eu des discussions serrées entre pêcheurs et acheteurs au cours du mois d’avril, mais tous ont convenu à un certain moment qu’il serait judicieux d’amorcer la saison le 9 mai en Gaspésie, d’aligner finalement la saison sur celle des Îles-de-la-Madeleine.

Bon, le prix moyen de 5 $ la livre constituait un solide recul sur les 6,60 $ de 2019, mais il était loin d’être catastrophique, et ce fléchissement a été en  partie compensé par un autre record de volume de débarquements.

Deux autres éléments ont aussi appuyé le secteur du homard, l’engagement des grandes chaînes d’alimentation du Québec à maintenir ce produit en vedette dans les supermarchés pendant toute la saison, et l’engagement des usines gaspésiennes et madeliniennes à ne pas imposer de limites quotidiennes de prises aux homardiers. Mieux, quelques usines gaspésiennes ont acheté des quantités massives de homard au Nouveau-Brunswick, garantissant ainsi aux travailleurs de la transformation un volume de boulot stable et pour une longue période.

Les usines madeliniennes, gaspésiennes et nord-côtières de transformation de toutes les espèces de produits marins ont de plus déployé les efforts nécessaires, en argent et en encadrement, pour garantir aux travailleurs un milieu sécuritaire en contexte de pandémie. Les cas d’éclosions ont été rares, de faible ampleur et les mesures adoptées pour éliminer ces éclosions ont été appliquées avec vigueur et rigueur.

Quant aux travailleurs d’usines et aux aides-pêcheurs, trop souvent oubliés comme acteurs majeurs de l’industrie, elles et ils ont démontré une assiduité et un aplomb remarquables, alors qu’il aurait été bien tentant de rester à la maison dans cette fin d’hiver et ce printemps intimidants.

Dans le crabe des neiges, trois usines québécoises emploient autour de 300 personnes, parfois plus, un travail traditionnellement de proximité avec les collègues, dans un milieu humide en principe propice au coronavirus. De plus, le crabe des neiges était plus touché que les autres  produits par le marasme touchant les croisières, les casinos et les hôtels s’y juxtaposant. Les conditions adverses abondaient.

Il serait facile de dire que les prix ont regagné de la vigueur malgré la pandémie et que le secteur québécois des pêches n’y est pas pour grand-chose, en tant que joueur assez modeste à l’échelle mondiale. Mais il fallait être là, et l’industrie québécoise a déclaré «présent».

Le secteur des pêches a pris de la maturité au cours des dernières années, et cette maturité a bien servi en 2020 et elle sera utile en 2021, alors que la pandémie sévira encore.

Comme le souligne l’économiste Ali Magassouba, de Pêches et Océans Canada, «la reprise des exportations québécoises de fruits de mer au niveau où elles étaient en 2019 et auparavant est conditionnelle à la fin de la pandémie, elle-même conditionnelle au développement d’un vaccin ou d’un traitement».

Avant longtemps, disons le moyen terme, souligne-t-il, les mesures restrictives feront toutefois partie du passé.

«Lorsque cette pandémie sera dernière nous, il n’est pas présomptueux de croire que les consommateurs canadiens, américains, européens et asiatiques renoueront avec leurs habitudes de consommation d’avant la pandémie, comme celle de fréquenter des restaurants, des casinos et des bateaux de croisière. Du coup, la demande mondiale pour la crevette, le crabe des neiges et le homard devrait revenir à des niveaux comparables à ceux d’avant la pandémie de la COVID-19», déclare-t-il.

La pandémie a de plus démontré que le secteur québécois des pêches pouvait faire des gains en matière de ventes sur le marché intérieur. Cet élément sera sans doute fort utile durant la première moitié de 2021, puisque les États-Unis, le principal marché de nos produits, sont encore ravagés par le coronavirus.

D’autres défis attendent l’industrie québécoise des pêches, comme le recrutement de la main-d’œuvre, mais la dernière année a prouvé que le secteur possédait une solide capacité de résoudre des problèmes.

COMMENTAIRE – page 3 – Volume 33,5 Décembre 2020-Janvier 2021

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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