Océan-Cam: des réponses face à l’invisible

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Le pêcheur de crevette Dave Cotton, propriétaire des Pêcheries Danamé, lance une caméra sous-marine qui connaît tout un engouement auprès de l’industrie de la pêche, du domaine de la recherche et des plateformes pétrolières. Océan-Cam est la première caméra du genre à se vendre à un prix accessible et à répondre précisément aux besoins des pêcheurs.

«Les caméras sous-marines, ça existait déjà, souligne Dave Cotton. Mais ce qui existait, c’était très cher, très fragile, ce n’était pas ce que je cherchais». Sa conjointe, Nathalie Tapp, lui demande alors pourquoi il ne résout pas le problème en fabriquant sa propre caméra. «J’ai mijoté l’idée, mais je savais que je ne possédais pas de compétences en fabrication de caméras», raconte Dave Cotton, crevettier traditionnel de Rivière-au-Renard.

L’idée fait son chemin jusque chez son voisin, Jacques Dufresne, consultant en plongée sous-marine et habile avec les grandes profondeurs et les questions d’étanchéité. «Je lui ai demandé s’il voulait m’aider à développer une caméra sous-marine selon mes besoins. Je ne cherchais pas à voir des images spectaculaires des fonds marins, j’avais besoin de répondre à des questions techniques reliées à mon engin de pêche, pour comprendre pourquoi je n’avais pas toujours le rendement souhaité», raconte M. Cotton. «Dans nos bateaux, on est entouré d’ordinateurs, de capteurs, de graphiques, mais ce ne sont que des représentations. Je voulais aller mettre mes yeux dans le fond de la mer», ajoute-t-il. Durant un an, le duo travaille sur des prototypes. Puis, les premières images des crevettes entrant dans le chalut sont enregistrées, à une profondeur de 150 brasses. Un an plus tard, à l’automne 2018, la production commerciale d’Océan-Cam était en branle, dans une cuisine servant d’atelier de montage.

DES RÉPONSES INATTENDUES

«Quand on s’est mis à pêcher moins de crevettes, et l’évaluation de la ressource nous disait qu’il y avait moins de crevettes, qu’il fallait baisser les quotas, j’avais quand même des doutes», raconte le pêcheur. «Mes caméras m’ont permis de voir que parfois, on se faisait raconter des mensonges par notre engin de pêche. Par exemple, la grille Nordmöre, qui permet de conserver la crevette dans le chalut et de laisser échapper les plus grands poissons, devenait totalement bouchée par le sébaste. Quand la grille était bouchée, les crevettes frappaient sur le sébaste et retournaient à la mer. Je ne les capturais pas. Ça me donnait l’impression que ça n’avait pas été performant, qu’il n’y avait pas de crevettes où j’étais passé. Mais le problème, en fait, était qu’il y avait trop de sébaste. Alors j’ai pu prouver que l’enjeu n’était pas celui qu’on croyait, et développer mes moyens pour empêcher la grille de bloquer.» M. Cotton affirme sauver beaucoup de temps et d’efforts pour ajuster la performance de son chalut.

LA FACILITÉ, LA SOLIDITÉ ET L’ACCESSIBILITÉ

M. Cotton explique que les caméras disponibles sur le marché, pour plus de quatre fois le prix de la sienne, viennent avec des logiciels complexes et exigent des compétences de pointe pour être utilisées. De plus, elles sont fragiles. «Je voulais quelque chose de simple, peu couteux et très, très solide», dit-il. Sa caméra, activée par un aimant, ne possède ni bouton ni logiciel. Son utilisation est extrêmement simple, et elle est offerte en trois degrés de robustesse. Son prix passe de 5 500 $ à 7 700 $ selon la robustesse demandée.

VISIBILITÉ IMMÉDIATE

Dès la création d’Océan-Cam, le bouche à oreille fait son effet. Sans page web, sans représentation sur les réseaux sociaux, les commandes commencent déjà à entrer à l’atelier de Rivière-au-Renard. «Des bailleurs de fonds sont venus vers nous. Des gens de la SADC nous ont proposé de participer au concours de «pitch» de ventes pour aller à l’exposition américaine South by Southwest au Texas. On n’y connaissait rien, mais on s’est dit pourquoi pas. Deux jours plus tard, nous étions à Rimouski et nous remportions le volet régional. Quelques jours plus tard, une compagnie du Nouveau-Brunswick nous invitait à participer à l’exposition Work and Fishing Boat Show de Terre-Neuve pour montrer notre caméra. (…) On a été très populaires. Pour ma conjointe et moi, c’était assez incroyable. L’Université Memorial de Saint-Jean de Terre-Neuve parlait de nous, des gens de la plateforme de forage démontraient de l’intérêt. En revenant chez nous, on a reçu plein de téléphones de commandes. À la mi-janvier, nous participions à la portion provinciale du concours pour aller à South by Southwest au Texas. Encore une fois, on a remporté le concours. Nous étions donc qualifiés pour aller au Texas.» Cette visibilité génère des commandes de Pêches et Océans Canada et de l’Institut Maurice-Lamontagne pour les bateaux scientifiques. La compagnie grandit à toute vitesse.

Au Texas, Océan-Cam possède un kiosque en bonne et due forme, aux côtés des géants Sony et Google. «Ce qui impressionne les gens, là-bas, c’est que ce soit un utilisateur qui ait décidé de mettre au point un nouveau produit», souligne M. Cotton, en expliquant que cette démarche assurait le besoin pour le produit sur le marché. L’exposition South by Southwest lui donne, une fois de plus, un large coup de visibilité.

PROJETS

La demande surpasse la capacité de production. Environ une vingtaine de caméras ont été vendues. Plus d’une douzaine de caméras sont en commandes et la compagnie est en pourparlers avec un distributeur international dont M. Cotton tait le nom pour le moment, mais dont la compagnie est située dans 16 pays. La cuisine-atelier pourrait donc devoir faire place à une usine de production. Le site web ocean-cam.com sera en ligne au cours des prochains jours, ce qui donnera une visibilité supplémentaire au produit. Le concepteur travaille également à l’amélioration de sa caméra pour éventuellement lui permettre la diffusion en direct des images, un chapitre à suivre.

TECHNOLOGIES – page 13 – Volume 32,3 Juin-Juillet-Août 2019

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À propos de l'auteur : 

Ariane Aubert Bonn
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