Pêche à la crevette : une deuxième portion de saison excellente

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Si le début de la saison qui s’est amorcée avec dix semaines de retard n’était comparable à aucun autre sur plusieurs plans, la deuxième portion de la saison s’est poursuivie, à peu de choses près, de la même façon. Selon l’entente du plan conjoint de mise en marché de la crevette pour le Grand Gaspé, les prix au débarquement sont en baisse et les conditions de marché peu favorables. Cependant, la bonne nouvelle, c’est que les taux de capture sont en moyenne demeurés bons et la taille de la crevette est intéressante.

«Sur le plan des prix, c’est très ordinaire, confirme le directeur de l’Office des pêcheurs de crevette du Grand Gaspé (OPCGG), Patrice Element. Sur le plan de la ressource, ça va très bien. Les taux de capture sont de beaucoup meilleurs que l’année passée, ce qui est un excellent indice du rétablissement de la ressource. C’est sûr que sur le plan économique, ça ne nuit pas non plus ! On capture beaucoup plus de crevettes par jour et par voyage. Même si on a commencé plus tard, la plupart des gars vont prendre la totalité de leur quota, à part de petites grenailles, où il reste toujours 500 livres ici ou 1 200 livres là.» Le capitaine Roberto Desbois, de Matane, le confirme : «Les captures, c’est bon. C’est même très bon !»

TAUX DE CAPTURE VARIABLE SELON LES ZONES

Les membres de l’OPCGG pêchent essentiellement dans les zones Anticosti et Sept-Îles. Mais M. Element estime que, d’après ses observations, les zones Estuaire et Esquiman sont aussi fructueuses. «Avec la diminution de la ressource et les baisses de quotas qu’on a vécues jusqu’en 2017, ce sont de très bonnes nouvelles et ça augure très bien pour les prochaines années.»

Le capitaine Dave Cotton, de Rivière-au-Renard, a connu une pêche très performante dans la zone Anticosti, contrairement à la zone Sept-Îles. «Lorsque j’ai repris les activités dans la zone Sept-Îles, à la recherche de la plus belle crevette possible pour rester dans la gamme de prix le plus élevé, ce n’était vraiment pas fort, cette année. C’est moins bon et c’est lent. Je fais des voyages avec de petites quantités parce qu’en plus, j’ai essayé d’y aller pendant de courtes durées pour maximiser le rendement. Dans l’usine avec laquelle je fais affaire, on peut donner une plus-value à la crevette en raccourcissant la durée du voyage. Donc, de cette façon-là, l’usine en retire un meilleur rendement par une meilleure qualité pour un meilleur prix. Je ne suis donc pas très longtemps au large et je rentre des petites quantités. Mais en cherchant de la belle crevette, l’effort est plus compliqué.»

Pour Roberto Desbois, c’est dans les zones Sept-Îles et Estuaire que les taux de capture sont les meilleurs. Même si la crevette est plus petite, les volumes sont supérieurs. «Dans Sept-Îles, le problème qu’il y a, c’est qu’il y a du capelan», déplore le capitaine du YOHAN MIRJA.

Les taux de capture se rapprochent-ils de ceux des saisons 2010, 2012 et 2015? «Je dirais qu’on n’est pas encore rendu à ce qu’on voyait avant les baisses de 2014 et 2015, répond Patrice Element. Mais c’est beaucoup mieux et en nette amélioration depuis 2017.»

LES FAÇONS D’OBTENIR LA RENTABILITÉ

 Encore cette année, la taille de la crevette capturée joue un rôle important sur la rentabilité des entreprises de pêche. «Ça fait une grosse différence parce que la grosse crevette est vendue plus cher que la petite», rappelle le directeur de l’OPCGG. Pour le plus grand bonheur des crevettiers, le crustacé est plus gros cette saison que l’année passée, surtout dans la zone Anticosti, de l’avis de Patrice Element. «Historiquement, la crevette a toujours été plus petite dans Anticosti que dans Sept-Îles. Ça a toujours été. L’année passée, spécialement dans la zone Anticosti, il y avait beaucoup de très, très petites crevettes. Sur le plan de la qualité des ventes et du prix de vente moyen, c’est moins bon.»

D’ailleurs, le porte-parole des pêcheurs de crevette du Grand Gaspé observe, depuis quelques années, que la perle rose est en moyenne de plus en plus petite. Mais, exceptionnellement cette saison, c’est dans la zone Anticosti que sa taille est beaucoup plus intéressante que l’année passée. Dave Cotton se dit d’ailleurs agréablement surpris de la taille du crustacé dans cette zone. «C’était une très belle taille de crevette aux endroits où je suis allé. Ça adonnait bien dans une année de COVID, où les prix sont un peu moins que la moitié de l’an passé!»

Pour Dave Cotton, la rentabilité est donc moins au rendez-vous dans la zone Sept-Îles parce que, bien que la ressource soit disponible, les quantités sont vraiment faibles. «C’est même complexe, cette année, ce que je réussis à rentrer dans le même laps de temps par rapport aux revenus que ça rapporte à l’usine de transformation. Comme ma conjointe le dit, la limite est très mince à chaque voyage pour réussir à couvrir les frais, à payer les employés et certaines réparations. Il ne reste que très peu de choses avec la zone Sept-Îles, cette année.»

Même s’il n’est pas propriétaire de son entreprise de pêche, Roberto Desbois est conscient que la baisse de prix a des conséquences sur la rentabilité des Pêcheries Raymond Desbois, pour qui il travaille. «On a perdu 60 %, estime le capitaine du YOHAN MIRJA. Quand on rentre de la crevette de grosseur moyenne ou normale, on est bien payé. Pour la petite crevette, on n’est pas payé beaucoup. Donc, c’est plus avantageux pour nous autres de prendre de la grosse. C’est sûr qu’on essaie le plus possible de prendre de la grosse, mais des fois, il y a des impondérables, comme le capelan qui ne nous aide pas du tout parce qu’il faut qu’il soit trié. Quand il y en a un petit peu, on peut en trier. Mais, quand il y en a trop, c’est dur à trier. Les bateaux ne pêchent pas où il y a beaucoup de capelans.»

DE BONS TAUX DE CAPTURE

Jusqu’à maintenant, le taux de capture moyen des capitaines membres de l’OPCGG varie de       50 000 à 70 000 livres par voyage. Chaque sortie en mer dure en moyenne de cinq à six jours. Selon Patrice Element, les taux de capture sont donc meilleurs dans la zone Anticosti «et les meilleures semaines s’en viennent». «Les taux de capture ont été phénoménaux dans Anticosti et relativement bons dans Sept-Îles jusqu’à maintenant. Dans les deux zones, c’est meilleur que l’an passé.»

Dave Cotton et ses hommes rapportent à quai une moyenne de 70 000 livres de crevette après cinq jours dans la zone Anticosti et de 28 000 à 30 000 livres en quatre jours dans la zone Sept-Îles. Lors d’un voyage de cinq à six jours, Roberto Desbois et son équipage débarquent une moyenne de 50 000 à 60 000 livres du crustacé rose principalement prélevé dans les zones Sept-Îles et Estuaire.

UNE FIN DE SAISON DÉCALÉE

M. Element évalue que la saison de pêche de ses membres s’étirera jusqu’à la mi-octobre. Mais, avec un quota d’à peu près 660 000 livres, Dave Cotton ne prévoit pas clore sa saison avant la fin octobre. «Je vais finir ma saison seulement quand j’aurai capturé mon quota, souligne le capitaine de L’INTRÉPIDE III. Je ne laisse jamais de quota à l’eau, surtout pas cette année qui, j’espère, ne va être qu’un souvenir et qu’elle n’influencera pas trop les statistiques. J’espère qu’on va juste passer à travers cette année-là. Il y a juste elle qui va avoir ressemblé à ça. C’est la même chose dans tous les domaines, mais dans la pêche, on est affecté.»

Il lui reste environ 300 000 livres de crevette à sortir avant que Roberto Desbois n’ait atteint son quota de 900 000 livres. «Après ça, je vais faire de la cuite d’automne et je vais finir à peu près au début décembre. En général, toute la flotte de bateaux va finir plus tard.»

La saison a commencé avec deux mois et demi de retard et elle devrait se terminer un mois et demi plus tard. «On va avoir beaucoup rattrapé le retard parce que la crevette se prend beaucoup plus rapidement que l’année passée, croit Patrice Element. L’année passée, à la fin août ou dans la deuxième semaine de septembre, il n’y avait plus grand monde à l’eau. Cette année, à la mi-septembre, il n’y a pas beaucoup de pêcheurs qui ont fini, mais il y en a qui achèvent.»

GASPÉ-NORD – pages 2-3 – Volume 33,4 Septembre-Octobre-Novembre 2020

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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