dimanche, janvier 29, 2023
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Pêche à la crevette : une dure saison de capture, compensée par un prix en hausse

La saison 2022 de pêche à la crevette s’est soldée par une baisse assez importante des captures par rapport à celles de 2021, une conséquence des quotas en baisse depuis quelques années. Un prix plus élevé a toutefois permis de sauver la mise jusqu’à un certain point parce que les revenus globaux, eux, ont très légèrement augmenté.

Les données de Pêches et Océans Canada étaient encore préliminaires au début de décembre parce que certains crevettiers restent actifs jusqu’à la fin de novembre, mais il est clair que les quantités livrées à quai seront vraisemblablement caractérisées par un fléchissement d’au moins 1 500 tonnes métriques.

Cette baisse s’établissait à 1 800 tonnes à la fin de novembre, puisque de 9 500 tonnes métriques de prises de 2021, les pêcheurs sont passés à 7 700 tonnes en 2022. Toutefois, les revenus rattachés à ces captures ont monté de 25,3 millions à 26,1 millions de dollars (M$), avec les données disponibles au début de décembre.

La reprise de vigueur des prix depuis le creux de 2020, première année de la pandémie, explique la hausse de revenus de 2022. Le prix moyen de la crevette, donc toutes tailles confondues, est passé de 1,08 $ la livre en 2020, à 1,20 $ en 2021 et à 1,54 $ en 2022.

Il s’agit d’une hausse de 28,33 % du prix entre 2021 et cette année. Le prix de 2022 est toutefois assez loin du sommet enregistré depuis 2015, les 1,68 $ de 2019, qui avaient propulsé les revenus globaux des pêcheurs à 31,2 M$.

Le chercheur analyste Simon Desrochers, de Pêches et Océans Canada, note, malgré le sursaut de 2019, que le secteur de la crevette se rétrécit.

«Depuis 2015, les retombées de la pêche à la crevette sont à la baisse. Elles suivent la diminution des volumes. Les revenus sont passés de 49,5 M$ en 2015 à 26,1 M$ en 2022. Le prix a été meilleur en 2022 qu’en 2021, mais il est resté sous le seuil d’avant 2020», précise M. Desrochers en faisant référence au 1,68 $ de 2019.

Le secteur de la capture avait aussi généré de bons revenus de 48,9 M$ en 2016. Il faut dire que les prises pour ces deux années s’établissaient à 18 371 et 16 529 tonnes métriques, respectivement. En 2017, la baisse subite des captures, à 11 661 tonnes métriques, et le fléchissement des prix, qui ont plongé de 1,34 $ en 2016 à 1,07 $ la livre, ont fait chuter les revenus totaux à 27,6 M$, une coupe de 43,6 %. Au lieu de commencer le 1er avril, les pêcheurs avaient pris la mer le 19 juin tellement les conditions étaient défavorables.

L’économiste Ali Magassouba, de Pêches et Océans Canada, exprime l’inquiétude régnant chez certains observateurs du secteur de la crevette, notamment dans la répartition des prises entre les zones de Sept-Îles, d’Anticosti, de l’Estuaire et d’Esquiman, dans lesquelles évoluent les crevettiers québécois.

«On a assisté à une baisse des prises dans trois des quatre zones de pêche. Excepté dans la zone de Sept-Îles, ça baisse partout. Il devient de plus en plus difficile de prendre de la crevette dans les autres zones. Les crevettiers se concentrent dans Sept-Îles. Les indices d’abondance ont augmenté dans Sept-Îles parce que ça va mal partout ailleurs. La hausse de prix était bienvenue cette année, mais ça risque d’être difficile au cours des prochaines années dans le secteur de la crevette», analyse M. Magassouba.

L’atténuation des effets de la pandémie en Europe y a relancé la consommation de crevettes, ce qui peut expliquer la hausse de prix. Au Royaume-Uni, par exemple, la consommation de crevette est extrêmement populaire dans les stades, et la reprise graduelle des événements sportifs à compter de 2021 a certainement relancé l’écoulement du petit crustacé.

Sur le plan régional, c’est la Gaspésie qui accapare, et de loin, les plus grandes quantités de crevettes livrées par les pêcheurs. En 2022, les revenus des crevettiers ont atteint 20,8 M$ dans la péninsule, presque autant que les 20,9 M$ de 2021. Les derniers ajustements statistiques qui devraient se manifester au cours des prochaines semaines pourraient bien combler l’écart.

Les usines gaspésiennes ont pris livraison de 81,3 % des volumes effectués par les crevettiers ayant débarqué leurs prises au Québec, soit 6 264 tonnes métriques. C’est un léger fléchissement compara-tivement aux 84 % de 2021.

Le Bas-Saint-Laurent vient en seconde place des régions transformatrices de crevette, en vertu de la présence de l’usine Fruits de mer de l’Est-du-Québec à Matane. La proportion de crevettes livrées au Québec et transformées dans l’est du Bas-Saint-Laurent a atteint 1 309 tonnes, ou 17 % en 2022, comparativement à 14,5 % en 2021.

Les sommes versées aux pêcheurs par l’usine bas-laurentienne se sont par ailleurs établies à 4,2 M$ en 2022, comparativement à 3,9 M$ l’année précédente.

La Côte-Nord a reçu 1,7 % des débarquements de crevette effectués au Québec en 2022, soit 132 tonnes métriques. C’est légèrement plus que les 1,5 % de 2021 comme proportion, mais les volumes supérieurs de 2021 représentaient 145 tonnes pour les nord-côtiers.

Même si une bonne partie de la pêche à la crevette est concentrée à une relative proximité du littoral nord-côtier, historiquement, la transformation s’est essentiellement concentrée sur la rive sud de l’estuaire du Saint-Laurent, à partir des années 1960.

ÉCONOMIE – page 11 – Volume 35,5 – Décembre 2022 – Janvier 2023

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Gilles Gagné
Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.
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