Pêche au crabe des neiges : les perspectives demeurent très bonnes

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La forte probabilité que le contingent de crabe des neiges reste très élevé dans les quatre zones du sud du golfe Saint-Laurent laisse entrevoir une autre saison fructueuse pour les crabiers et les propriétaires d’usines de transformation de la Gaspésie.

Si le taux d’exploitation de la biomasse mâle de taille commerciale s’établit à 40,6 %, comme le suggère la règle de décision en vigueur, ce contingent devrait se situer à 32 101 tonnes métriques, ou tout près, ce qui n’est que 1,2 % de moins que les 32 480 tonnes de 2019, considérée comme une très bonne année.

« Ce sont de bonnes nouvelles. On le voyait l’an passé. Il y a encore beaucoup de petits crabes dans les données des relevés scientifiques. C’est même surprenant. On dirait que le recrutement est beaucoup plus élevé que prévu dans toutes les classes d’âge », réagit Daniel Desbois, président de l’Association des crabiers gaspésiens.

Les crabiers s’attendaient à une baisse de contingent un peu plus prononcée que celle qui devrait être appliquée par le ministère fédéral des Pêches et des Océans. « On aurait pu s’attendre à 3 ou 5 %. C’est ce qui était prévu. Maintenant, ce pourrait être moins. On sait que ce sera une légère baisse », ajoute M. Desbois.

La moyenne des quotas individuels pour les crabiers traditionnels devrait s’établir à 300 000 livres, « une quantité comparable à l’an passé », dit-il.

DÉCLAÇAGE DES HAVRES?

Comme tous les crabiers, Daniel Desbois a suivi de près l’appel d’offres publié par le gouvernement fédéral dans le but de trouver une firme qui accélérera le déglaçage des havres de la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick, en particulier celui de Shippagan. C’est finalement la firme G X Technology Canada qui a obtenu un contrat d’une valeur 596 736 $. L’annonce a été faite par la ministre fédérale des Pêches, Bernadette Jordan, le 27 février. L’intention du gouvernement consiste à ouvrir la pêche au crabe avant l’arrivée dans le golfe des baleines noires.

La saison de capture dans les quatre zones du sud du golfe ne débute généralement qu’au moment où les havres de la Péninsule acadienne sont dégagés. Elle ne débute pas pour les crabiers gaspésiens, même si leurs ports sont dégagés.

Le ministère des Pêches et des Océans et la Garde côtière canadienne ont failli à la tâche d’ouvrir la pêche au crabe avant l’instauration en 2018 et en 2019 d’un quadrilatère de protection à l’intérieur duquel les crabiers ne pouvaient pêcher. Le quadrilatère a été imposé le 28 avril au cours de ces deux années.

Les havres gaspésiens sont souvent libres de glace au début d’avril. Un début de pêche avant la fin d’avril aurait l’avantage d’éviter les interactions entre les crabiers et les baleines noires.

« J’aime autant rester positif. On voit que des moyens supplémentaires sont utilisés pour ouvrir la saison plus tôt. Est-ce que ce sera suffisant? », se demande Daniel Desbois.

En 2019, les crabiers évoluant dans le sud du golfe ont reçu entre 5,75 $ et 6 $ la livre pour leur crabe. S’il est un peu tôt pour faire une prédiction précise quant au prix qu’ils recevront en 2020, Daniel Desbois croit que ce prix restera élevé. Ce qui se passe en Chine avec la crise du coronavirus ne préoccupe pas les crabiers outre mesure pour le moment.

« La Chine n’est pas vraiment un marché pour le crabe des neiges. Les marchés sont vigoureux parce que la quantité de crabe disponible est très limitée présentement. Nous sommes presque les seuls dans le sud du golfe avec des quantités qui se maintiennent. Le quota en Alaska a tellement baissé que les quantités sont encore modestes, même si leur contingent remonte. L’offre mondiale n’a pas vraiment augmenté et il n’y a pas de hausse prévue dans les autres zones (de l’est du pays) », observe M. Desbois.

Ses propos trouvent un écho auprès de Bill Sheehan, vice-président de la firme E. Gagnon et Fils, la plus grande usine de transformation de crabe des neiges au Québec.

« C’est prometteur, mais c’est quand même une légère baisse. Je pense aussi à tout ce qui se passe dans toutes les zones fermées à cause des baleines noires. Ce sont des choses qu’on ne peut mettre de côté, mais en général, il y a de quoi être optimiste », aborde M. Sheehan.

Il croit qu’une partie de l’abondance prévue en 2020 pourrait découler du fait que la zone statique de 2018 « peut avoir servi de pouponnière. C’est une zone qui avait fourni 33 % des débarquements de 2017 », note-t-il, sans être un grand partisan de cette solution.

« Il ne faut pas de zone statique. Mon vœu se réalise. Les zones dynamiques reviendront, mais il faudrait que le laps de temps avant leur réouverture soit moins long. La baleine ne fait que passer », précise-t-il.

CREUX D’ABONDANCE MOINS PRONONCÉS

Bill Sheehan note aussi que les creux et les pics de ressources sont moins prononcés maintenant qu’il y a 10, 20 ou 30 ans.

« Dans l’histoire du crabe, on remarquait des grands creux d’abondance vers les fins de décennies. C’était arrivé en 1998 et en 2010. On aurait pu s’attendre à un autre creux en 2020. Ce n’est pas arrivé. Je pense aussi qu’en comparant avant et maintenant, les pêcheurs passent moins de temps sur l’eau de nos jours. Il y a moins de pression sur la ressource », suggère-t-il.

L’an passé, E. Gagnon et Fils a versé 5,75 $ la livre en moyenne pour le crabe livré à l’usine. On y a transformé 8,9 millions de livres. Il est très tôt pour faire une prédiction pour l’année à venir.

« Il n’y a pas de prix sur le marché actuellement parce qu’il n’y a pas de crabe disponible. En fait, s’il y a un prix (pour les sections congelées de 5 à 8 onces), il ne veut rien dire parce qu’il n’y a pas d’inventaires. On s’attend à une baisse de quota de plus de 40 % dans la zone 17 et de possibles baisses de capture de 20 % à 30 % pour certaines zones de la Côte-Nord. Les quotas de Terre-Neuve ont baissé aussi. Tout le monde entrevoyait une plus grande augmentation en Alaska et la hausse a été modérée. Si j’avais su avant, j’aurais gardé du crabe pour en avoir plus longtemps », analyse Bill Sheehan.

TAUX DE CHANGE TRÈS FAVORABLE

« Le marché augure très bien. Le taux de change nous avantage dans une proportion de 32,5 % présentement (à la mi-février). Le marché est vide et le menace de la baleine noire fait que les acheteurs se prononcent plus tôt pour acheter. Il y a moins de spéculation. C’est ce qui fait que le prix va se stabiliser plus vite. On n’attend plus des périodes de quatre mois comme avant parce que les acheteurs savent que la saison est courte. On ne pêche plus à la fin de juillet. Les acheteurs ont moins de temps pour parler », analyse M. Sheehan.

Le vice-président de la firme E. Gagnon et Fils Il s’attendait conséquemment « à une période très active pour les transformateurs » au Boston Seafood Show, du 15 au 17 mars, mais le 3 mars dernier les organisateurs de l’événement ont décidé de reporter à plus tard ce rendez-vous annuel incontournable des gens de l’industrie des poissons et fruits de mer er raison du coronavirus et des préoccupations et des inquiétudes exprimées par des milliers de participants déjà inscrits.

LE SUD DU GOLFE – pages 7-8 – Volume 33,1 Février-Mars 2020

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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