Pêche au sébaste : une progression constante de la taille des poissons observée

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Bien que les captures de petits sébastes soient toujours plus abondantes que les gros poissons, dans le golfe du Saint-Laurent, il y a quand même une progression constante de leur taille. C’est ce qu’affirme le capitaine du Jean-Mathieu, Denis Éloquin de Grande-Entrée, qui a effectué deux sorties de pêche indicatrice cette année, en été puis à la fin octobre. À son plus récent voyage en mer, il en a capturé 60 000 livres en quatre jours.

«La majorité mesurait autour de 22 centimètres, précise-t-il. On s’aperçoit qu’il a grossi depuis deux ans. Mais il est peut-être de taille légale, ça demeure que c’est un trop petit poisson pour le marché. J’ai confiance que d’ici la reprise de la pêche commerciale, dans deux ans, il y en aura beaucoup plus de 25 centimètres.»

Maillage optimal

M. Éloquin souligne d’ailleurs qu’il pêche le sébaste avec un maillage de 110 mm, plutôt qu’avec le losange réglementaire de 90 mm, afin de limiter ses captures de petits poissons. Il parle même de rehausser ses mailles à 115 mm l’an prochain. «On va faire des essais avec des mailles plus grandes s’il y a des débouchés sur les marchés pour ce poisson-là».

En collaboration avec Merinov, son confrère Bruno-Pierre Bourque, capitaine du Boréas VII, travaille précisément à trouver un maillage optimal pour la pêche commerciale au sébaste. «Plus j’aurai du gros poisson, plus ce sera rentable pour moi», souligne-t-il.

Son projet avec le Centre d’innovation des pêches et de l’aquaculture vise aussi à développer des méthodes de travail à bord du bateau pour conserver le poisson en meilleure condition possible. Le capitaine du Boréas VII est cependant resté à quai cet automne, faute de marchés. «Le but de tout faire ça c’est de m’assurer que le bateau soit prêt pour la reprise, pour être le plus rentable possible. Alors, si on fait plein de sorties déficitaires, on est loin du but.»

«Le marché n’est pas fort, concède Denis Éloquin. Beaucoup de poisson rouge (sébaste) vient de Terre-Neuve et ils le vendent pour la boëtte 0,35 $ la livre, livré dans les Maritimes. Ce n’est pas bon pour le pêcheur. Tu ne peux pas pêcher, en 2020, à 0,35 $ la livre. Ce n’est pas rentable.»

Sélectivité adéquate?

Pour sa part, le pêcheur de poisson de fond gaspésien Réginald Cotton, propriétaire du Meridian 66, de Rivière-au-Renard, craint qu’à défaut d’engins de pêche hautement sélectifs, la trop forte abondance de poissons rouges dans le Golfe ne mène continuellement à des fermetures de zones à cause des prises accessoires de morue, de flétan atlantique et de turbot.

«Il y en a partout du sébaste, dit-il, comme on en a jamais vu; tant à petite eau qu’à grande eau. Et, avec les changements climatiques, on constate que le sébaste et la morue sont désormais sur les mêmes fonds. Alors, il faut des solutions pour trier le poisson sur le fond, plutôt que sur le pont. Mais je pense qu’il est déjà trop tard pour mettre au point la sélectivité des engins d’ici 2022, parce que ça prend des décennies à développer.»

À ce propos, M. Cotton déplore que la recherche n’ait pas évolué depuis le moratoire de 1993. «C’est incroyable que la mer soit pleine de poisson qu’on ne pourra pas pêcher», dit-il, découragé.

 Se voulant rassurant, le ministre des Pêcheries du Québec, André Lamontagne, fait valoir qu’un des objectifs du Fonds des pêches vise justement à favoriser la mise à niveau des engins de pêche et des équipements en vue de la reprise imminente de la pêche au poisson rouge.

 «Dans le Fonds des pêches, il y a tout un volet pour l’innovation et la recherche. Et les sommes disponibles sont considérables, affirme le ministre. Alors, s’il y a des projets qui sont présentés, qui visent à faire l’étude de la sélectivité des engins de pêche, on a tous les outils pour être capables d’accompagner ces initiatives-là.»

Pêche expérimentale

De son côté, Pêches et Océans Canada fait remarquer que les sébastes suivent leur courbe de croissance anticipée, mais que cette courbe est lente étant donné la longévité de l’espèce. «La taille modale (taille la plus commune) était de 22 cm en 2018 et devrait augmenter d’environ 1,5 cm par an au cours des prochaines années», nous écrit-on par courriel.

Le Ministère rappelle de plus qu’il a mis en place une pêche expérimentale en 2018-2019, qui se poursuit cette année, afin de tester, entre autres, différents engins de pêche. Les résultats préliminaires corroborent les observations des capitaines Éloquin et Bourque, à l’effet qu’un maillage plus grand diminuerait les captures des plus petits poissons.

«Le MPO souhaite que les résultats de la pêche expérimentale puisse contribuer à la détermination des mesures de gestion de la pêche du sébaste au cours des prochaines années», indique Pascale Fortin, directrice régionale intérimaire des communications. Ceci étant dit, la porte-parole du Ministère note que même si on capture moins de poissons de petite taille, les individus de grande taille demeurent rares en ce moment et le resteront encore pour quelques années.

LES POISSONS DE FOND – page 3 – Volume 32,5 Décembre 2019 – Janvier 2020

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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