Suivi scientifique post-saison du homard : missions réussies aux Îles-de-la-Madeleine

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Pêches et Océans Canada a prélevé une vingtaine de milliers de homard au chalut, en septembre, dans le cadre de son suivi scientifique post-saison du stock des Îles-de-la-Madeleine, soit 45 % de moins qu’en 2017. Le chef de mission à bord du Leim, Benoît Bruneau, biologiste à l’Institut Maurice-Lamontagne, explique que c’est parce qu’il a progressivement réduit de moitié la longueur de ses traits de chalut, ces deux dernières années, étant donné la croissance de l’abondance de la population, et ce, afin d’éviter les blessures des spécimens qu’il remet à l’eau après consignation de leurs mesures.

«Plus la poche du chalut est pleine, plus ça écrase les homards qui se trouvent au fond. Alors, nous avons raccourci les traits d’un kilomètre à 500 mètres, de sorte à protéger la ressource qui est très abondante.»

D’ailleurs, M. Bruneau assure que sa méthode d’échantillonnage à l’engin de pêche est beaucoup plus délicate que ne le seraient des prélèvements au chalut commercial. «Nous utilisons un chalut Nephrops, qui est plus léger et qui bouge bien sur le fond marin, dit-il. Les blessures sévères qui pourraient mener à la mort sont assez rares.»

Rien d’aberrant

Et alors qu’il est toujours à analyser ses données d’échantillonnage, le biologiste de l’IML dit n’avoir rien relevé de notable au premier coup d’œil. «Il n’y a pas de trous dans les tailles, donc je n’ai rien vu d’aberrant au niveau de la démographie de la population.»

Benoît Bruneau relève néanmoins que le homard se trouvait davantage au large que sur la côte. Il pense que les crustacés avaient peut-être devancé leur migration saisonnière vers les eaux plus profondes pour se mettre à l’abri de l’ouragan Dorian, survenu durant sa mission de chalutage de 14 jours. 

Je n’ai pas pu mesurer l’impact de la tempête sur les crustacés, mais les espèces tendent à aller plus au large quand la grosse vague risque de les échouer. Et, avec les vagues de six mètres qu’on a eues, on soupçonne que c’est ce qui est arrivé.»

Le passage de Dorian a toutefois compliqué son travail en plongée dans la pouponnière des Demoiselles de la baie de Plaisance, pour sa deuxième mission annuelle de suivi post-saison de la ressource. M. Bruneau raconte qu’il a jusqu’à perdu un de ses cinq transects – des cordes plombées avec des bouées à chaque extrémité qu’il déploie sur le fond pour faire le décompte du recrutement – tant les grosses vagues ont brassé le fond.

«On ne plonge que dans 6 à 15 pieds d’eau, précise-t-il. Alors, ce que j’ai échantillonné est probablement plus faible cette année, dû au passage de l’ouragan. Je pense que les larves et les juvéniles se sont déplacés par les vagues.»

Missions réussies   

Cela dit, le biologiste de l’IML qualifie de réussite ses deux missions post-saison 2019 aux Îles-de-la-Madeleine. Il a pu faire 69 traits de chalut sur un objectif de 70, alors que l’an dernier il n’en avait fait que les trois quarts à cause d’un bris mécanique du navire de recherche Leim. Pour ce qui est des relevés en plongée, Benoît Bruneau salue l’efficacité des trois autres plongeurs qui l’accompagnaient. «Je suis très satisfait de nos opérations et de l’équipe, affirme-t-il. Tout le monde a bien travaillé.»

Les résultats de ces missions de suivi scientifique serviront à la rédaction du prochain rapport d’évaluation triennale du stock, prévu pour 2022. M. Bruneau précise qu’il y inclura une analyse de la série temporelle des températures de l’eau enregistrées aux Îles depuis 1995. «On essaie de savoir, au niveau de l’interprétation, s’il y a un lien entre la température et les fluctuations dans l’abondance du homard. Notre évaluation de stock n’est pas figée. On la met à jour en continu pour tenir compte de la réalité de l’environnement et de la biologie de l’espèce.»

Taille maximale

D’autre part, le biologiste note que, depuis quatre ans, il y a une différence de patron entre les données de pêche commerciale et les relevés d’échantillonnage à bord du Leim : ces derniers sont en légère diminution, tandis que l’abondance des débarquements est en augmentation.

«La raison pour laquelle ça ne se ressemble pas, c’est peut-être parce que la pêche au casier est basée sur l’appâtage, tandis que le chalut n’attire pas la ressource. Et, avec les grandes abondances de homard, dans un contexte de plus grande compétition intraspécifique pour la nourriture et l’habitat disponibles, par exemple, il y aurait une plus grande capturabilité, un pouvoir d’attractivité au casier plus important.»

Enfin, notons que Benoît Bruneau applaudit à l’intention des pêcheurs madelinots d’établir une taille maximale des captures commerciales autorisées à 145 millimètres, afin d’augmenter la productivité de la population de crustacés. «Quoi qu’il finisse par se stabiliser, le nombre d’œufs est exponentiel selon la taille, souligne-t-il. Et, en protégeant cette fraction de la population, qui est quand même très, très faible, ce petit effort aura un gros impact sur la production d’œufs des femelles multipares. Le gain en production d’œufs sera plus grand que les pertes en captures dans la pêcherie.»

BIOLOGIE – page 4 – Volume 32,5 Décembre 2019 – Janvier 2020

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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