Une année active pour le Comité permanent sur la sécurité des bateaux de pêche du Québec

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Le Comité permanent sur la sécurité des bateaux de pêche du Québec (CPSBPQ) est demeuré passablement actif malgré la période de pandémie de la COVID-19 qui s’étire maintenant depuis un an. Force est de constater que 2020 aura permis à l’organisme de belles réalisations et l’avancement de certains dossiers jugés prioritaires. Et 2021 s’annonce déjà prometteuse à plus d’un niveau pour le CPSBPQ.

Pêche Impact a donc profité de l’occasion pour s’informer auprès du conseil d’administration du CPSBPQ afin d’en savoir plus à propos de son dernier bilan et des travaux actuels qui marqueront assurément les prochains mois. Bonne lecture!

PÊCHE IMPACT

Tout d’abord, comment se sont déroulées les activités régulières du CPSBPQ malgré la période de pandémie de la COVID-19 depuis mars 2020 et quel bilan en faites-vous ?

CPSBPQ

– Malgré la pandémie et le télétravail, l’équipe du CPSBPQ a poursuivi son travail pour améliorer la sécurité à bord des bateaux de pêche du Québec et favoriser le développement d’une culture de sécurité au sein de l’industrie de la capture des pêches commerciales.

– Rédaction du rapport de recherche et des recommandations découlant des constats dressés dans l’étude de mars 2020 à septembre 2020.

– Présentation de la recherche et des stratégies de mise en œuvre des recommandations aux partenaires institutionnels (ÉPAQ, centres de services scolaires), gouvernementaux (Transports Canada, Pêches et Océans Canada, Commission des normes de l’équité de la santé et de la sécurité du travail, Agriculture, Pêcheries et Alimentation du Québec) et organisationnels (Comité sectoriel de main-d’œuvre des pêches maritimes, Bureau d’accréditation des pêcheurs et des aides-pêcheurs du Québec).

– Mise en place de partenariats pour la mise en œuvre des recommandations.

. Projet pilote – entretien mécanique préventif aux Îles-de-la-Madeleine;

. Projet de recherche – fatigue et ergonomie des postes de travail à bord des crevettiers;

. Cours en santé et sécurité du travail pour les capitaines et membres d’équipage;

. Harmonisation des méthodes de collecte de données des ministères impliqués dans les pêches commerciales;

. Analyses statistiques plus fines pour certaines flottilles (multi-pêches, pétoncliers, etc.) afin de déceler des tendances et cibler les problématiques spécifiques;

. Poursuite des analyses statistiques des causes et facteurs de risque à l’origine des évènements accidentels et des lésions professionnelles pour la période 2015-2020

– En collaboration avec le Comité sectoriel de main-d’œuvre des pêches maritimes (CSMOPM), tournage de vidéos dans deux contextes de pêche différents (crevettier et homardier). Démonstration de la façon de s’acquitter de l’obligation légale de familiariser tout nouveau passager ou aide-pêcheur aux procédures d’urgence et aux équipements de sécurité, pour que cette personne sache comment réagir en cas d’imprévu.

Cette période de pandémie qui semble vouloir s’étirer vous a donc obligé de reporter votre grand rassemblement annuel et toutes les activités qui l’entourent ?

– Nous avons effectivement été contraints d’annuler notre rassemblement traditionnel qui a lieu annuellement depuis 15 ans maintenant ! Nous serons de retour en force en 2022 avec une formule un peu différente cette fois. Nous irons à la rencontre des pêcheurs dans leurs communautés l’an prochain. Nous tiendrons 3 rassemblements (Gaspé, Cap-aux-Meules et Sept-Îles) qui auront lieu à 2 jours d’intervalle (par ex. 7, 9 et 11 février). Nous souhaitons augmenter la participation des conjoint(e)s et des membres d’équipage, et discuter d’enjeux locaux qui représentent des préoccupations pour la santé et la sécurité des pêcheurs présents. Nous présenterons les initiatives en santé et sécurité du travail qui ont été ou seront mises en place et qui les concernent afin de susciter leur intérêt et leur adhésion.

Votre dernière AGA s’est donc tenue en mode virtuel. Êtes-vous satisfait du nombre participants et de sa représentativité malgré tout ?

– Nous nous doutions que l’affluence serait moindre puisque les rencontres virtuelles se multiplient et que cette formule ne plait pas à tous. Nous sommes tout de même satisfaits du résultat. Une cinquantaine de participants étaient présents dont une bonne proportion de pêcheurs de toutes les régions qui ont démontré un grand intérêt pour les initiatives proposées en lien avec la mise en œuvre des recommandations. La présentation a suscité des discussions fort intéressantes notamment sur les moyens à privilégier afin de faire évoluer la culture de sécurité au sein de l’industrie des pêches commerciales.

La dernière AGA du CPSBPQ a été l’occasion d’apporter des changements à la structure du conseil d’administration. Quels sont-ils ?

– Après plus de 6 ans à la présidence de notre organisme, M. Marc Doucet, représentant de la flottille des crabiers, a passé le flambeau à M. Guillaume Synnott, représentant de la flottille des crevettiers (semi-hauturier). Il a également été décidé en C.A. qu’afin d’assurer une meilleure représentativité des pêcheurs commerciaux du Québec, le poste de vice-président serait assumé par un pêcheur professionnel et non plus par la Commission des normes de l’équité de la santé et de la sécurité du travail et Transports Canada. M. Alain Renaud, représentant de la flottille des homardiers, a été nommé à ce poste. Suite aux élections qui ont eu cours lors de l’AGA, nous accueillons deux nouveaux membres pêcheurs professionnels au sein de notre C.A., l’un représentant des communautés autochtones, M. Serge Langelier, et l’autre représentant la flottille des homardiers, M. Joël Berthelot.

– Notre C.A. demeure paritaire en termes de représentation des parties prenantes publiques et privées (8 sièges occupés par des représentants gouvernementaux, institutionnels ou organisationnels et 8 sièges occupés par des membres de l’industrie).

– Des discussions avec des partenaires et bailleurs de fonds potentiels ont également suscité beaucoup d’enthousiasme quant à la possibilité de voir l’organisme voler de ses propres ailes. Pour concrétiser ce beau projet, nous devions clarifier le rôle de la Direction générale dans nos Règlements généraux. Il s’agissait d’un changement nécessaire dans l’optique de la mise en place d’une permanence à court terme pour l’organisme et l’embauche d’un directeur à temps plein qui sera nécessaire pour procéder à ces changements. À cet égard, nous avons eu des discussions avec l’ÉPAQ qui s’est montrée intéressée à appuyer le CPSBPQ dans ses démarches afin de cheminer vers une complète autonomie.

Brièvement, quels sont les profils du nouveau président et vice-président du conseil d’administration ?

– Guillaume Synnott et Alain Renaud sont deux gars professionnels, très impliqués dans leurs professions et qui ont à cœur la sécurité de leurs amis et collègues pêcheurs. Ce sont des gars d’expérience qui ont collaboré à l’évolution du CPSBPQ depuis ses tout débuts. Leur expertise continuera d’être mise à contribution pour le bénéfice du comité permanent.

– Voici la composition actuelle des membres du conseil d’administration du CPSBPQ :

Guillaume Synnott – Pêcheur professionnel (semi-hauturier) – Président

Alain Renaud – Pêcheur professionnel (homardier) – Vice-président

Joël Berthelot – Pêcheur professionnel (homardier)

Justin Joncas – Aide-pêcheur professionnel

Serge Langelier – Représentant des communautés autochtones

Mario Dupuis – Pêcheur professionnel (poissons de fond)

Pierre-Marc Dufresne – Pêcheur professionnel (semi-hauturier)

Marc Doucet – Pêcheur professionnel (crabier)

Jenny Lapierre – Bureau d’accréditation des pêcheurs et des aides-pêcheurs

Érik Arsenault – Pêches et Océans Canada

Ana Osborne – Commission scolaire du Littoral (Éducation)

Lysiane Drewitt – Transports Canada

François Castilloux – École des pêches et de l’aquaculture du Québec

Michel Castonguay – Commission des normes de l’équité de la santé et de la sécurité du travail

Marjorie Chrétien – Comité sectoriel de main-d’oeuvre des pêches maritimes

Stacy Dufour – Garde côtière canadienne

Dans un autre ordre d’idées, comment pouvez-vous nous décrire le rapport de recherche «Cap sur la prévention» : vers le développement d’une culture de sécurité dans l’industrie des pêches commerciales et quelles sont les initiatives qui en découleront à court et moyen termes ?

– L’industrie de la capture des pêches maritimes commerciales est un des secteurs d’activité les plus dangereux au Canada. Entre 2009 et 2013, 40 % de tous les accidents maritimes impliquaient des bâtiments de pêche (environ 134 par année). Entre 2004 et 2018, 162 pêcheurs sont décédés au Canada en pratiquant leur profession. Il n’est donc pas surprenant que la sécurité de la pêche figure sur la liste de surveillance du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) depuis 2010.

– Consciente de la problématique, l’équipe du Comité permanent sur la sécurité des bateaux de pêche du Québec (CPSBPQ), encadrée par des experts en sécurité maritime de Transports Canada, a collaboré avec des chercheurs de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité du travail (IRSST) et de l’Université de Sherbrooke, afin de publier en août 2020 ce rapport de recherche dont l’objectif est d’identifier les problématiques spécifiques aux flottilles du Québec en matière de santé et sécurité à bord des bâtiments de pêche commerciaux.

– Dans un premier temps, les données des principaux intervenants dans les pêches ont été colligées et analysées dans le but de dresser le portrait des évènements accidentels au Québec entre 2005 et 2015. Cette analyse statistique a permis d’obtenir une compréhension claire et une évaluation fiable des risques auxquels sont exposées les différentes flottilles de pêche de la province. Cette partie, quantitative, se divise en deux volets. D’abord, l’analyse des causes des incidents et accidents survenus lors d’activités de pêche commerciale et de leurs effets collatéraux, ainsi que les actions qui ont été mises en œuvre pour tenter d’en limiter les conséquences. Le second volet consiste en une analyse des accidents de travail à bord des bâtiments de pêche, visant à identifier et catégoriser les lésions professionnelles engendrées par ces accidents afin d’en déterminer les coûts.

– La deuxième partie du projet levier est une étude qualitative qui s’intéresse à la notion de culture de sécurité. Les autorités réglementaires et l’industrie en général savent qu’une approche traditionnelle fondée sur l’application réglementaire et la surveillance ne suffit pas à faire diminuer les pertes de vie, les lésions professionnelles, les pertes financières et les pertes matérielles reliées aux accidents impliquant des bâtiments de pêche. Comme recommandé par le BST, il faut mettre en place des stratégies favorables au développement d’une saine culture de sécurité au sein de l’industrie de la capture dans les pêches maritimes commerciales. Cela signifie qu’il faut maintenant travailler auprès des individus afin de les amener à changer leurs attitudes et leurs comportements. Cette partie de la recherche vise donc à définir cette culture de sécurité afin de la mesurer et de la catégoriser. Un portrait de la culture de sécurité dans l’industrie de la pêche commerciale au Québec a été réalisé à l’aide de questionnaires adressés aux capitaines et membres d’équipage, de formulaires d’observation du navire et de ses équipements complétés à bord de près de 90 navires et d’entrevues effectuées auprès d’un vaste échantillon de pêcheurs commerciaux. L’analyse des réponses obtenues a permis de cibler les groupes plus à risque avec lesquels il faut travailler en priorité. Cette nouvelle compréhension approfondie de la culture de sécurité permettra la mise en œuvre des mesures et des interventions les plus efficientes, et qui favoriseront le développement d’une forte culture de sécurité selon les disparités observées au niveau régional et les besoins spécifiques des flottilles.

– Au terme de la recherche, onze recommandations ont été formulées qui prennent la forme d’actions concrètes dont plusieurs ont déjà été initiées en collaboration avec plusieurs partenaires de l’industrie. Les partenaires du CPSBPQ s’engagent et s’impliquent dans la mise en œuvre de ces recommandations.

Auriez-vous un dernier message à adresser aux gens de l’industrie de la pêche et à l’ensemble de vos partenaires ?

– Nous invitons les pêcheurs, leurs familles et tous les partenaires de l’industrie à nous   rejoindre s’ils ont des questions, des préoccupations ou des enjeux dont ils aimeraient discuter qui concernent la santé et sécurité des pêcheurs professionnels du Québec. Notre porte est toujours grande ouverte !

– Notre mission demeure celle de favoriser la collaboration de tous les acteurs de l’industrie afin de développer une culture axée sur la santé et la sécurité, c’est-à-dire une culture où la norme dominante consiste à recourir à des pratiques de gestion, de travail et de navigation sécuritaires.

– Comment on y parvient ?

  • En représentant l’industrie des pêches commerciales du Québec en matière de santé et sécurité auprès des différentes instances, gouvernementales ou non, et dans les différents forums de discussion.
  • En exerçant une veille réglementaire pour informer les acteurs du milieu de la pêche commerciale au Québec et en les consultant sur tout changement de politiques, de lois et de réglementation qui ont une influence sur la santé et la sécurité des pêcheurs.
  • En travaillant en collaboration avec les autres instances et organismes, provinciaux et nationaux, voués à la promotion de la santé et la sécurité dans le milieu des pêches commerciales.
  • En présentant les commentaires, recommandations, positions et décisions du CPSBPQ aux différentes instances et forums de discussion, notamment au Conseil consultatif maritime canadien.

SÉCURITÉ À BORD DES NAVIRES – pages 36-37 – Volume 34,1 Février-Mars 2021

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