Consultation du MPO pour la pêche récréative : un intérêt et une méfiance à la fois manifestés

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Une soixantaine de personnes, surtout des pêcheurs récréatifs, ont participé, le mercredi 5 juillet aux Îles-de-la-Madeleine, à la consultation de Pêches et Océans Canada sur sa proposition d’émission de permis pour mieux encadrer leurs activités en mer.

L’amendement réglementaire, pour étendre le droit du ministre à émettre des permis pour les pêches récréatives qui en sont actuellement exemptées – soit la morue et le maquereau dans le cas de l’archipel – pourrait entrer en vigueur dès l’an prochain. L’objectif gouvernemental est de rendre la déclaration des captures obligatoires, afin d’évaluer leur impact sur les stocks et d’en ajuster la gestion.

Le directeur général des priorités sectorielles de la gestion des pêches, au bureau du MPO à Ottawa, Éric Gilbert, précise que les permis seront gratuits jusqu’à ce que la Loi sur les frais de service soit elle-même modifiée; un processus législatif d’au moins deux ans et demi, dit-il. «Vous serez consultés à nouveau sur cette modification législative, assure monsieur Gilbert; on va devoir vous consulter à nouveau en temps et lieu.» Selon le haut fonctionnaire, les permis individuels de pêche récréative en mer, en place sur la côte Ouest depuis plusieurs décennies, sont assortis de frais annuels de 20 $.

Or, tandis qu’en Colombie-Britannique, il est notamment permis de pêcher le saumon, le flétan et la plie, les Madelinots trouvent que ce serait cher payer pour le maquereau et la morue seulement. «Pour des sorties de famille à 20 $ par personne, ça peut coûter cher!, s’exclame Sylvie Sarrazin, de la Table de concertation sur la Pauvreté des Îles. Est-ce qu’il ne serait pas possible d’avoir un seul permis par embarcation de plaisance?»

LE FLÉTAN

«Pourquoi payer pour ce qu’on a déjà le droit de pêcher gratuitement sans permis?, questionne à son tour Pierre Solomon, membre de l’Association des chasseurs et pêcheurs sportifs des Îles. Par le passé, on vous a déjà recommandé de rehausser de 5 à 15 la limite quotidienne de morue par personne, et d’autoriser la capture d’un flétan, dit-il. On proposait aussi la déclaration obligatoire. Si vous y aviez donné suite, vous auriez déjà les données scientifiques que vous recherchez.»

Toutefois, en ce qui concerne la pêche récréative au flétan atlantique, la porte du MPO apparaît fermée à double tour. «Si la pêche commerciale ne dure qu’une seule journée, aux Îles, c’est parce que la ressource ne peut pas supporter la pression, affirme Éric Gilbert. Il n’est pas question d’ouvrir cette pêcherie aux pêcheurs récréatifs.»

«Il y a quand même une différence entre la pêche commerciale et la pression des prises accidentelles en pêche récréative», rétorque monsieur Solomon. «Vous manquez d’expertise sur les espèces à pêcher, comme le flétan, enchaîne le président de son association, Jacques Poirier. Si on le pêchait, on le saurait. L’an dernier, ils ont dépassé le quota; c’est parce qu’il y en a!» «Du flétan, il n’y en a jamais eu autant, affirme en écho le plongeur Charles Cormier. Demandez aux dragueurs à plie. Ils n’en capturaient pas avant.»

PÉTONCLE, HOMARD ET CRABE

De plus, monsieur Cormier, un retraité de la Garde côtière canadienne, ne comprend pas pourquoi la pêche récréative aux pétoncles, en plongée, est permise au Nouveau-Brunswick, mais pas tolérée aux Îles. «Il peuvent en pêcher 100 par jour au Nouveau-Brunswick», souligne-t-il. «Les règlements devraient être uniformes d’une province à l’autre», renchérit le conseiller municipal de Fatima, Roger Chevarie.

Quant au homard et au crabe, ce ne sont pas des espèces menacées, souligne pour sa part Gérald Arseneau, de Havre-aux-Maisons. «Je crois qu’il serait possible d’autoriser une pêche récréative de quatre homards par jour, excluant les petits et les femelles, dit-il. Et si tu ne respectes pas ces conditions, tu perds ta licence à vie», a-t-il exposé.

«Au début des années 60, les pêcheries provinciales autorisaient la pêche récréative au homard, aux Îles-de-la-Madeleine, renchérit Normand Briand, originaire de Havre-Aubert. On n’a pas détruit le homard pour autant, à ce moment-là», fait-il valoir.

À ce propos, le haut fonctionnaire   d’Ottawa fait remarquer qu’il n’y a de pêche récréative au homard nulle part au pays. «Ça n’existe pas, dit-il. La pêche commerciale génère beaucoup d’argent. C’est pensable d’ouvrir la pêche au secteur récréatif, mais de là à dire que ça fait du sens… Il faudrait d’abord consulter l’industrie. Ce n’est pas exclu. Mais, pour l’instant, on «focusse» sur les espèces morue, sébaste (de la région du Saguenay), maquereau.»

MÉFIANCE

Cela dit, les Madelinots ont exprimé méfiance et frustration à l’endroit du MPO, lors de cette soirée de consultation. «Tout ce que vous voulez, c’est notre 20 piastres pour financer votre évaluation de stock, a lancé Patrice Boudreau de Havre-Aubert. C’est une taxe déguisée! Commencez par gérer la ressource comme il faut, plutôt que de juste vous concentrer sur le récréatif.»

Monsieur Boudreau, tout comme de nombreux autres participants à la rencontre, a aussi déploré le laisser-faire du ministère dans le dossier du phoque. «Gérez d’abord le phoque qui mange les stocks, déclare à ce propos Charles Cormier. Contrôlez les phoques au lieu de nous contrôler avec vos permis!»

Le directeur général des priorités sectorielles de la gestion des pêches a conclu les discussions en encourageant les participants à transmettre leurs mémoires au MPO, dont la consultation prenait fin, en principe, à la fin juillet. «La conservation de la ressource est la priorité du ministère, a répété Éric Gilbert tout au long des échanges qui ont duré près de deux heures. On essaie d’être rationnels dans notre gestion, de prendre des décisions basées sur la science, et de s’améliorer.»

PÊCHE RÉCRÉATIVE – page 27 – Volume 30,4 – Septembre-Octobre-Novembre 2017

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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