Divers ministères québécois et la Ville de Grande-Rivière annoncent un carrefour d’innovation halieutique de 20 millions $

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Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, le ministère de l’Économie et de l’Innovation, Merinov et la Ville de Grande-Rivière ont annoncé le 8 avril le projet du Carrefour de l’innovation halieutique, une initiative de 20 millions $ qui prendra forme au cours des deux ou trois prochaines années.

Le projet récupérera le bâtiment du Carrefour national des pêches et de l’aquaculture, le CANAP, fermé depuis 2010, l’édifice du Centre aquicole marin, en plus de mener à la construction d’une expansion qui reliera les deux bâtiments existants, situés juste à l’est du quai de Grande-Rivière. Le complexe occupera une superficie de 2 735 mètres carrés.

Le ministère de l’Économie et de l’Innovation constitue le plus gros investisseur parmi les partenaires, en vertu d’une somme de 17 324 694 $ par l’entremise du Programme de soutien aux organismes de recherche et d’innovation.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, le MAPAQ, cède quant à lui au Carrefour d’innovation halieutique des terrains et des bâtiments pour une durée de quarante ans. Vingt emplois seront créés alors que 30 autres postes seront consolidés.

CINQ PLATEFORMES TECHNOLOGIQUES

Le Carrefour d’innovation halieutique comprendra cinq nouvelles plateformes technologiques, en l’occurrence des ateliers de design et de conception d’engins de pêche durables, une salle d’élevage piscicole avec technologies modernes de traitement des effluents, des laboratoires humides et de  microalgues pour l’élevage de nouvelles espèces d’algues, pour la production de moulées aquacoles durables et pour la préservation longue durée des crustacés, une micro-usine pilote pour la valorisation des algues et des coproduits marins et, enfin, des laboratoires d’écophysiologie et de biologie de pointe.

«Réunir au même endroit les chercheurs, les étudiants et les acteurs de l’industrie, nous permettra de créer une plus grande synergie à toutes les étapes, de la mer jusqu’à l’assiette des consommateurs», a indiqué David Courtemanche, directeur général de Merinov, lors de l’annonce du projet.

Merinov, cet organisme public intégré de recherche appliquée en pêches, en aquaculture, en transformation et en bioressources marines, deviendra propriétaire de l’ancien Carrefour national de l’aquaculture et des pêches, le CANAP. L’édifice sera restauré et sa salle des bassins sera mise aux normes pour répondre aux exigences internationales. Avec l’expansion qui reliera le CANAP et le Centre aquicole marin, le futur complexe pourra compter sur une superficie deux fois plus importante afin d’accueillir de nouveaux chercheurs industriels.

Dans le temps, l’objectif des partenaires consiste à compléter la phase des plans et devis d’ici un an et de commencer les travaux à l’été 2022.

Grâce à ces nouvelles installations, Merinov se donne notamment comme objectif de démarrer une quarantaine de nouveaux projets de recherche jusqu’en 2026, de mettre en place un programme d’entrepreneurs en résidence et de générer jusqu’à 50 millions $ d’investissements privés.

La Ville de Grande-Rivière contribue au projet en vertu d’un crédit de taxes foncières totalisant       600 000 $ au cours des cinq prochaines années. Le Mouvement Desjardins verse une aide de          200 000 $ dans l’initiative, en vertu d’une enveloppe nationale appelée le Fonds du Grand  Mouvement, appuyant les initiatives régionales, tandis que la Caisse Desjardins du Littoral gaspésien y ajoute 50 000 $.

Merinov assure la gestion de la portion du projet liée au Centre collégial de transfert de technologie des pêches du Cégep de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. Le Carrefour d’innovation halieutique permettra de renforcer le mandat d’offrir des solutions innovantes à l’industrie et des opportunités académiques uniques aux étudiants de l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec à Grande-Rivière, située sur un terrain adjacent.

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon note que «les connaissances et les procédés qui verront le jour dans les nouvelles installations de Merinov  favoriseront l’avancement du Québec en aquaculture, un secteur doté d’un grand potentiel de croissance chez nous. Grâce à la contribution de notre gouvernement, le projet de Merinov générera la création d’emplois de qualité dans la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine».

De son côté, le ministre André Lamontagne, du MAPAQ, souligne qu’en plus de «permettre au Québec de demeurer un chef de file dans le domaine des pêches et de l’aquaculture commerciales, ce projet     bénéficiera à l’industrie tout comme aux économies régionale et nationale. La proximité du carrefour d’innovation de Merinov avec l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec contribuera aussi à attirer et à retenir la relève».

Le maire de Grande-Rivière, Gino Cyr, se souvient qu’en novembre 2017, quand il a accédé à la tête du conseil municipal, c’est un projet de transformer le Carrefour national des pêches et de l’aquaculture en hôtel de ville qui mijotait localement et il éprouvait peu d’enthousiasme pour cette éventualité.

«Le CANAP avait été bâti pour l’industrie des pêches et en 2017, il manquait d’espace dans certaines installations comme le Centre aquacole marin. Merinov manquait de place dans ses espaces administratifs et n’avait pas les équipements adéquats pour certains projets de recherche. Il y aurait eu des investissements importants à faire, autour de 3 millions $, pour le transformer en hôtel de ville et les programmes à la disponibilité des municipalités pour ce genre de projet ne dépassent pas 40 % d’aide. Il y aurait eu des coûts fixes importants par la suite (…) Par contre, pour des projets de recherche et développement, le ministère de l’Économie pouvait donner une aide de 80 %, plus une bonification de 10 % pour la Gaspésie (…) Le calcul était facile à faire», résume le maire de Grande-Rivière.

Il a fallu tout un travail de concertation pour naviguer à travers les divers obstacles initiaux ralentissant le développement du projet, précise Gino Cyr, mais il est satisfait du résultat.

«Ça consolide 30 emplois et ça crée en plus 20 nouveaux emplois en recherche, des emplois qui apporteront des bons revenus. Pendant la construction, il y aura de 25 à 30 emplois dans la région. Il y aura création de nouvelles entreprises éventuellement grâce à la recherche (…) L’économie du savoir, c’est important; avoir de facto un centre de recherche pour permettre aux chercheurs d’avoir les outils technologiques, ça peut sensibiliser les jeunes à faire de hautes études, à revenir et inciter les entreprises extérieures à investir ici», analyse M. Cyr.

La Ville de Grande-Rivière voit dans l’avenir une augmentation des investissements privés en recherche, développement et innovation, la création et la commercialisation de nouveaux produits et de nouveaux procédés. Elle voit aussi la hausse des investissements privés en aménagement et constructions durables, la municipalisation du parc industriel de pêche, incluant la mise à niveau de l’émissaire en mer, le développement du parc d’hivernement de bateaux de 50 pieds et moins et le positionnement stratégique de la MRC du Rocher-Percé par la création de la Zone d’innovation halieutique du Québec, incluant Sainte-Thérèse-de-Gaspé et Percé.

RECHERCHE ET INNOVATION – page 24 – Volume 34,2 Avril-Mai 2021

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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