Afin de faire face aux défis environnementaux, sociaux et économiques qui touchent les acteurs des pêches et de l’aquaculture, l’économie circulaire apparaît comme une approche porteuse pour mieux valoriser les ressources marines, tout en réduisant le gaspillage et en misant sur la collaboration entre entreprises locales. C’est dans cette perspective qu’un projet réalisé par le CIRADD, MERINOV et l’ÉPAQ, et financé dans le cadre du Laboratoire d’accélération en économie circulaire pour les systèmes alimentaires (porté par le CÉRIEC et La Transformerie), s’est intéressé à l’état des lieux et aux opportunités de développement de l’économie circulaire au sein de la filière québécoise des pêches et de l’aquaculture.
L’objectif principal du projet était de mieux faire connaître les principes de l’économie circulaire auprès des acteurs du milieu, de mettre en lumière les pratiques déjà existantes et de favoriser l’émergence d’un langage commun, qui permettrait d’accélérer l’adoption des nouvelles initiatives avec cette approche comme levier de développement local de nos communautés côtières.
Pour y parvenir, l’équipe de recherche a mené une revue de littérature et réalisé des entretiens semi-dirigés auprès de différents intervenants et intervenantes provenant des entreprises de pêche, d’aquaculture et de transformation, ainsi que des milieux associatifs, de la recherche, de l’enseignement et du développement sectoriel. Ces travaux ont permis d’identifier les principales opportunités de circularité tout au long de la chaîne de valeur, en commençant par la capture et l’élevage jusqu’à la transformation, la distribution et la consommation de produits de la mer.
Cette étude met notamment en évidence l’important potentiel de valorisation des coproduits marins générés lors de la transformation. Au Québec, près de 80 % de ces coproduits proviennent des crustacés, tandis que le reste est issu des mollusques, des échinodermes et des poissons. Les matières résiduelles de la transformation, longtemps considérées comme des déchets, peuvent servir à la production de multiples coproduits tels que : des ingrédients destinés à l’alimentation humaine et animale, à la fabrication de fertilisants, de biomatériaux, ainsi que de produits à haute valeur ajoutée pour les secteurs pharmaceutique, biomédical et cosmétique.
Les travaux ont également permis de développer un cadre conceptuel spécifiquement adapté aux réalités des pêches et de l’aquaculture au Québec. Cet outil illustre les multiples applications de l’économie circulaire dans le secteur, qu’il s’agisse de la valorisation de coproduits, de la réutilisation des eaux, de la mutualisation des équipements, de l’optimisation du transport ou encore de la récupération des engins de pêche perdus en mer.
Au-delà des bénéfices environnementaux, les participants à l’étude soulignent que l’économie circulaire représente aussi une occasion de diversification économique, de création de valeur et d’innovation pour les entreprises. Plusieurs pratiques circulaires sont déjà en place dans l’industrie, mais demeurent parfois méconnues ou peu associées au concept d’économie circulaire.
Grâce à la collaboration des partenaires du projet et à l’appui de divers réseaux et organismes de financement, les prochaines étapes viseront à diffuser largement les connaissances acquises, notamment par la création d’outils de communications, d’activités de transfert et de ressources pratiques destinées aux entreprises et aux organisations du secteur. C’est le cas notamment via un épisode du balado «Les 2 pieds dans le ruisseau» (https:// baladoquebec.ca/les-2-pieds-dans-le-ruisseau) qui sera diffusé bientôt. L’objectif à atteindre est celui de favoriser une meilleure utilisation des ressources marines et de contribuer à bâtir une filière des pêches et de l’aquaculture plus innovante, durable et résiliente au Québec.
DÉVELOPPEMENT – page 22 – Volume 39,3 Août – Septembre – Octobre 2026

























