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Le CERMIM entend tirer parti de ses toutes nouvelles installations pour rayonner tout autour du golfe du Saint-Laurent

Le Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritime (CERMIM) entend tirer parti de ses toutes nouvelles installations inaugurées le 19 juin dernier, à proximité du port de Cap-aux-Meules, pour rayonner tout autour du golfe du Saint-Laurent. Aménagé au coût de 6,1 M$, son Carrefour d’innovation et de recherche est entre autres doté d’un laboratoire de chimie, d’un laboratoire de géomatique ainsi que d’installations dédiées au prototypage et à l’expérimentation. Il se veut un continuum opérationnel entre son navire de recherche – le FRANCIS ÉRIC appartenant à son partenaire Francis Poirier des Pêcheries F.J.L (Pêche Impact, juin 2023) -, ses équipements terrain et son laboratoire-usine.

«Depuis 2020, il a fallu un travail colossal pour mener à terme le projet du Carrefour insulaire de recherche et de développement, a souligné le président du conseil d’administration de l’institution affiliée à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), Louis Vigneau, dans une brève  allocution. Après 21 ans dans les locaux municipaux de la Maison de la culture à Havre-aux-Maisons, le CERMIM a maintenant atteint sa pleine maturité et arrive à s’épanouir pleinement dans ses nouveaux locaux. Nous avons un impressionnant inventaire d’équipements, de projets et de partenaires pour rayonner autant sur terre que sur mer.»

Le CERMIM a d’ailleurs profité de l’occasion pour présenter sa vision d’avenir sous l’appellation Golfe.360, signifiant son intention de tirer parti de sa position stratégique en plein cœur du golfe du Saint-Laurent. Elle se fait forte de son expertise en récupération d’engins de pêche jusqu’ici inégalée nulle part au Canada ni même, à sa connaissance, ailleurs dans le monde. De surcroît, le vice-président du CA du CERMIM et doyen de la recherche à l’UQAR, Luciano Buono, a qualifié d’impressionnants ses liens tissés à l’international. «C’est exceptionnel ce que vous faites comme centre de recherche régio-nal. On vous cite souvent en exemple», a-t-il déclaré tout en annonçant le renouvellement de l’entente de partenariat qui lie les deux institutions depuis 2006.

Quant au codirecteur général du CERMIM, Marc-Olivier Massé, il nous informe qu’il vient de décrocher une part d’un important contrat dans le cadre du programme européen Horizon Europe 2025, visant à stimuler la recherche et l’innovation axée sur la compétitivité, la résilience, ainsi que la transition numérique et écologique. Son organisation a eu accès à ce programme l’an dernier dans le cadre de son adhésion au réseau Beacon Sites de l’Alliance transatlantique pour la recherche et l’innovation océaniques. «Nous en sommes très heureux, dit-il. On voit que déjà notre Carrefour nous amène dans une nouvelle dimension d’activités aux retombées très intéressantes pour la communauté des Îles. Il nous permettra notamment d’accueillir un événement international en 2028.»

Laboratoire vivant

Qui plus est, le nouveau Carrefour se veut précisément un laboratoire vivant qui a des applications tangibles au profit de la collectivité madelinienne. «Notre mission, c’est de mettre la recherche au service de l’innovation pour trouver des solutions concrètes à la multiplication des enjeux insulaires, expose sa seconde codirectrice générale, Mayka Thibodeau. Et donc pour que ça fonctionne, il faut entrer dans un projet en se questionnant sur le bénéfice mutuel. Ce qu’on apporte, ce sont des orientations adaptées aux connaissances de nos clients qui, eux, doivent répondre à des normes, que ce soit en matière de pêcheries, d’adaptation aux changements climatiques, d’énergie ou de construction, par exemple.»

Tout l’aménagement du nouveau Carrefour insulaire de recherche et de développement est lui-même le parfait exemple de cette approche collaborative, qui repose tout particulièrement sur un modèle  d’économie circulaire visant à éliminer la notion de déchet par la reconception, la réutilisation, la réparation et le recyclage de produits et de matériaux. Par exemple, des coquilles de palourdes provenant de l’usine Fruits de Mer Madeleine ont servi à fabriquer les dalles de béton vert du trottoir menant à l’entrée et du bois broyé d’anciennes cages à homard récupérées par le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des Îles sert de paillis auprès de 700 arbres et arbustes plantés sur le site.

RECHERCHE & INNOVATION – page 21  – Volume 39,3 Août – Septembre – Octobre 2026

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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