Pêche au hareng de printemps : la Gaspésie désavantagée

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La pêche au hareng de printemps dans le sud du golfe Saint-Laurent a généré sa part de critiques au sein des pêcheurs gaspésiens. La sortie tardive du plan de pêche, sept jours avant le début présumé de la capture du homard, a grandement frustré les pêcheurs, qu’ils soient homardiers ou spécialistes des espèces pélagiques.

Le quota était modeste cette année, à 500 tonnes métriques. De ce total, 115,6 tonnes étaient réservées aux grands senneurs, et 384,4 tonnes étaient attribuées à la flottille de pêche côtière des zones 16A à 16G.

Donald Grenier, de Saint-Godefroi, dénonce le fait que le plan de pêche soit sorti tard, le 14 avril, pour un début de capture le 15 avril. Le quota, faible, et les conditions déterminées par Pêches et Océans Canada, ont clairement avantagé les homardiers, surtout ceux du côté néo-brunswickois de la Baie-des-Chaleurs.

«Des homardiers ont pris un permis de pêche commerciale en plus de leur pêche d’appât. Pêches et Océans Canada a organisé la pêche pour avantager les homardiers. Le quota de hareng a été pris presque totalement au Nouveau-Brunswick. Si le ministère nous avait donné jusqu’au 30 mai, on aurait pu avoir une chance de prendre un peu de hareng. Je ne suis même pas sorti trois jours. Mes prises, c’est zéro! J’ai juste des dépenses», aborde M. Grenier, qui ne pêche que des espèces pélagiques. Il n’a pas de permis de homard.

Le nombre de pêcheurs spécialisés essentiellement dans la capture des espèces pélagiques est bas en Gaspésie, et Donald Grenier a l’impression que le ministère fédéral des Pêches et des Océans les pousse à abandonner.

«On essaie de trouver du monde pour nous écouter. À date, personne ne veut nous écouter. Les pêcheurs de homard prennent la priorité. Je pense qu’ils veulent nous sortir de la pêche. Il nous reste le maquereau, à la fin de mai. J’espère qu’ils ne nous feront pas la même chose que dans le hareng», ajoute-t-il.

Quand Pêche Impact l’a rencontré, sur le quai de Bonaventure, le 20 avril, il revenait d’un voyage sans prises. Il attendait des nouvelles de l’état d’avancement du quota dans la zone 16B, où il pêchait, dotée d’un maigre contingent de 18,09 tonnes métriques. Il était sous l’impression que cette quantité allait être atteinte par d’autres pêcheurs dans les heures suivantes.

«On était entouré de phoques. C’est tout ce qu’on a vu», a-t-il indiqué ce jour-là. Donald Grenier souhaiterait la mise en place d’un contrôle de la population de phoques, «un moyen de nous faire revenir aux conditions de pêche d’avant, quand on avait du 28 avril au 14 mai», dit-il.

Donald Grenier n’est pas seul à critiquer la faible durée de la saison de hareng. Jeffrey Vautier, un homardier de Shigawake habitué de capturer ses appâts depuis 37 ans, est particulièrement outré du peu de considération ayant été démontré par Pêches et Océans Canada à l’endroit des Gaspésiens.

«Le plan de pêche est sorti le 14 avril, pour un début le lendemain, et le homard était supposé commencer le 21 en Gaspésie. Ça nous laissait deux ou trois jours pour aller au hareng, si on compte qu’il faut changer les gréements pour passer d’une pêche à l’autre. Au Nouveau-Brunswick, les homar-diers ont commencé une semaine plus tard. Ils ont eu la chance de prendre du hareng plus longtemps. La pêche est planifiée en fonction du Nouveau-Brunswick et c’est encore la Gaspésie qui paie le prix», note M. Vautier.

La saison de homard en Gaspésie a finalement démarré le 24 avril au lieu du 21, mais ce report a été décidé en raison de deux jours de tempêtes. Les sorties pour aller pêcher le hareng n’ont donc pas été plus fréquentes en raison de ce report, à une journée près.

Le 4 mai, Pêches et Océans Canada informait Pêche Impact que les zones de pêches 16B, C et E au hareng du printemps étaient fermées à la pêche commerciale depuis le 23 avril. Les flottilles de pêche impliquées avaient capturé leurs contingents. Pour leur part, les zones 16A, D, F et G étaient encore ouvertes. Enfin,  la pêche d’appât au hareng demeure ouverte dans l’ensemble du sud du Golfe jusqu’au 30 juin 2021.              

LES PÉLAGIQUES – page 27 – Volume 34,2 Avril-Mai 2021

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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