Pêche au homard : de bonnes prises, mais un prix plutôt maigre

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Les pêcheurs de homard de la Gaspésie sont unanimes: si les prises ont été au rendez-vous cette année, le prix obtenu pour la ressource est beaucoup moins élevé que l’an dernier. Voici un tour de péninsule sur fond de COVID-19. Au moment d’écrire ces lignes, les homardiers s’apprêtaient à clore leur saison avec une dernière semaine de capture devant eux.

À l’Anse-à-Valleau, Trent Langlois affirme que le début un peu plus tardif de la pêche n’a pas affecté son travail. Les activités débutent habituellement en mai dans la zone 19. «C’était une bonne saison pour la quantité de homard, dit-il, nous avons davantage de prises que l’an dernier. Si on continue sur la même lancée, ce sera un saison record.»

Fort de quarante ans de pêche, dont trente dans le secteur du homard, le pêcheur affirme qu’il doit disposer ses casiers de façon à attraper un maximum de mâles à cette époque de l’année, afin de ne pas capturer trop de femelles œuvées. Celui-ci accorde une importance particulière à la protection de la ressource et se réjouit de voir une relève pour les années futures. «Depuis dix ans, on observe de plus en plus de petits homards, et présentement les cages sont remplies de femelles avec des œufs», dit-il. M. Langlois déplore cependant que le prix offert pour ses prises ait oscillé entre 6,50 $ et 4 $ la livre, une baisse importante par rapport à l’an dernier.

Un peu plus à l’est, Daniel Boulay, de l’Anse-au-Griffon, tient un discours semblable. Victime de la baisse de prix comme son collègue, celui-ci se dit malgré tout  satisfait de sa saison. «On s’attendait à avoir moins pour notre homard. On n’était même pas supposés aller à la pêche, puis on s’est demandés si on allait pêcher toute la saison. On aurait pu avoir seulement 3 $ la livre. Alors, malgré la baisse des prix, on peut considérer qu’on a été chanceux», lance-t-il avec philosophie. M. Boulay souligne les efforts de son regroupement pour favoriser l’achat local. «Le homard s’est écoulé facilement sur le marché québécois, la traçabilité avec nos étiquettes, ça a eu un impact et on a fait l’effort de les mettre systématiquement [sur nos prises].»

M. Boulay souligne que les prises sont meilleures que l’an dernier, mais que contrairement aux autres secteurs, le sien avait connu une saison moins intéressante en 2019. Cette année, «Les 3e et 4e semaines ont été supérieures à tout ce que j’ai connu. Je n’ai jamais vu du homard comme ça», dit-il, en ajoutant que le taux de captures est revenu plus à la normale par la suite. Le pêcheur observe que la relève du précieux crustacé est présente : «Depuis deux semaines, les femelles œuvées sont nombreuses. Pour le futur, je pense qu’on a quelque chose qui pousse entre nos mains». M. Boulay souligne également une météo favorable dans son secteur avec seulement six jours de pêche perdu, contre une moyenne de 10 à 12 les années précédentes.

À Percé, Alain Renaud exprime lui aussi sa joie d’avoir pu pêcher toute la saison et non pas seulement quelques semaines. «Les québécois ont mangé plus de homard qu’à l’habitude et les marchés se sont ouverts. La saison n’a pas été aussi bonne qu’en 2019, mais quand même très acceptable», dit-il. Il estime avoir capturé 10 % moins de homard que l’an dernier. «Quand on commence après que le capelan soit entré, on perd le homard pour deux semaines», dit-il, visiblement affecté par le retard de deux semaines dans le lancement de la saison dans son secteur.

Concernant les prix au débarquement, M. Renaud affirme que ce n’est pas une année rêvée, mais qu’il est content d’avoir pu pêcher. Ses captures ont été régulières et il a pu sortir en mer tous les jours, malgré des vents du sud problématiques en juin. Le pêcheur a observé la présence de beaucoup de nourriture pour les homards, ce qui est de bon augure pour l’avenir des captures. «Il y a beaucoup de poissons et de baleines qui suivent la nourriture»,  affirme-t-il. M. Renaud comptait sortir ses casiers de l’eau avant la date butoir du 16 juillet afin de ne pas trop déranger les femelles œuvées qui se font de plus en plus nombreuses.

À l’Anse-à-Beaufils, Jean-Marc Arbour observe une baisse de captures d’environ 25 %. La météo difficile a affecté la quantité de prises qu’il a pu rapporter au quai. «Il y a des jours où les vents n’étaient pas bons pour prendre du homard», précise-t-il. Toutefois, M. Arbour affirme être satisfait de sa saison en général. Concernant le prix obtenu, «c’est là que le bât blesse», déplore-t-il. Celui-ci affirme avoir obtenu entre 1,50 $ et 2 $ de moins que l’an dernier pour le même volume de homard. Les prix sont passés de 6,40 $ à 4,50 $ avant de remonter en fin de saison. «Le baloney est plus cher que le homard, on s’entend…» lance-t-il afin d’illustrer la situation.

Le pêcheur, bien que satisfait d’avoir obtenu une prolongation de la période de pêche pour compenser le retard de début de saison, éprouve un malaise à sortir les femelles de l’eau alors qu’elles portent   des œufs à cette période de l’année. «Elles peuvent en perdre quand on les remet dans l’eau», précise-t-il. Toutefois, M. Arbour se dit confiant de ne pas trop endommager la ressource et affirme que les jeunes homards sont présents en grand nombre.

À Sainte-Thérèse-de-Gaspé, Henri Lelièvre affirme que malgré les deux semaines de retard en début de saison, sa saison est  satisfaisante. «Ce n’est pas une année record, mais c’est très bien», dit-il en spécifiant qu’il observe une baisse des captures d’environ 10 % par rapport à 2019. La météo difficile a peu affecté le pêcheur équipé d’un bateau de 40 pieds. «J’ai perdu seulement une journée malgré les vents, contrairement aux plus petits bateaux», dit-il.

Avec un prix moyen inférieur de 1,50 $ par rapport à l’an dernier, M. Lelièvre met l’accent sur le futur qui semble bien se dessiner. «Il va y avoir du homard encore l’an prochain. Il y a beaucoup de petits homards et de femelles œuvées. Par contre, cette année avec la prolongation de la pêche, on va les déranger plus longtemps et j’aime moins ça», dit-il, avant d’ajouter qu’il n’est pas certain de pêcher jusqu’à la dernière journée autorisée pour cette raison.

Finalement, à Port-Daniel-Gascons, Denis Langlois pourrait connaître une année record. «Les prises ont compensé pour la baisse des prix», affirme-t-il en ajoutant du même souffle qu’il s’estime chanceux d’avoir pu pêcher malgré l’absence du marché qui a occasionné un retard dans le démarrage de la pêche. M. Langlois a pêché tous les jours cette année. Il a observé une ressource en santé pour le futur. Il prévoyait entrer ses cages au quai progressivement pour terminer avant le 16 juillet.

LA GASPÉSIE – page 6 – Volume 33,3 Juin-Juillet-Août 2020

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À propos de l'auteur : 

Ariane Aubert Bonn
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