Les homardiers madelinots enregistrent un nouveau record de captures

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La saison 2020 de pêche au homard des Îles-de-la-Madeleine marque un nouveau record en termes de captures. Selon les données de l’Office des pêcheurs de homard, les prises totalisent 13 305 029 livres après neuf semaines, soit une hausse de 12,6 % par rapport à 2019.

En revanche, le prix moyen pondéré en fonction des volumes s’établit à 4,96 $ la livre au débarquement. Il s’agit d’une baisse de 16 %. Au cours de la saison, la valeur à quai calculée sur la base des ventes hebdomadaires des trois meilleurs vendeurs a varié entre 6,40 $ la livre, versé pour la première semaine de pêche, et un creux de 3,90 $ atteint lors de la quatrième semaine. La moyenne des neuf semaines est de 5,05 $ la livre.

En comparaison, le prix de référence du Seafood Price Current (SPC), qui sert à déclencher des négociations pour le versement d’un ajustement si l’écart est trop important, a varié entre 7,76 $ et   5,10 $ la livre. La moyenne hebdomadaire de ces prix de référence s’élève à 5,79 $ la livre, soit une différence de 0,74 $ par rapport au prix provisoire moyen payé aux pêcheurs.

Le mécanisme de calcul de cette balise a été mis à jour cette année, pour répondre à une recommandation de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec. Un groupe d’experts retenus conjointement par l’Office et l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP) a d’ailleurs produit un rapport sur la question au mois d’avril, proposant différentes méthodologies d’établissement des prix.

Les deux partis n’ont toutefois pas eu le temps, avant le début de la saison, de convenir d’une entente formelle sur la formule à privilégier et à inscrire dans la convention de mise en marché du plan conjoint du homard des Îles-de-la-Madeleine. Les données de l’Office ne sont donc que des simulations basées sur un des scénarios proposés par les experts. Il prend en compte la différence entre la moyenne des prix payés à quai au cours des quatre dernières années et ceux du SPC.

Le directeur général de l’AQIP, Jean-Paul Gagné entend profiter des négociations à venir au cours du mois d’août, afin de finaliser le prix 2020, pour proposer une  formule plus simple encore. «J’ai plusieurs scénarios alternatifs, dit-il. Parce qu’actuellement c’est compliqué; c’est pire qu’un rapport d’impôt! Moi, je recommande qu’on s’assoie de bonne foi et qu’on trouve une solution de long terme avec une formule équitable pour les deux partis. Il faut simplifier l’affaire et harmoniser les relations pour éviter qu’on se retrouve à chaque printemps avec des arbitrages ou des discussions à n’en plus finir.»

PÊCHEURS SATISFAITS

Entre temps, les pêcheurs sont quand même très satisfaits du bilan de la saison 2020, malgré la chute des prix plombés par la crise de la COVID-19. «On a été chanceux de faire toute la saison, commente le président de l’Office Pascal Chevarie, qui s’attendait initialement à ce que les marchés soient saturés dès les premières trois semaines. Ça a mieux été qu’on pensait. Il n’y a pas de homard dans les viviers ; tout est parti. On n’a jamais vu ça! Ma seule déception c’est que les acheteurs n’aient pas attendu pour garder le homard en inventaire et le vendre un peu plus cher.»

De plus, le capitaine de LA MER DU NORD de Pointe-aux-Loups rapporte avoir perdu quatre jours de pêche à cause du mauvais temps cette saison, dont trois dès la première semaine. Il en résulte une stabilité de ses captures par rapport à l’an dernier. «On a tiré notre épingle du jeu», se réjouit M. Chevarie.

«Ç’a été venteux au début, pour la première partie de la saison, puis on a eu du beau temps; ç’a été mieux pour la deuxième partie», poursuit son confrère Raphaël Vigneau de l’Étang-du-Nord. Le capitaine du LAURA MÉLI dit enregistrer une légère augmentation de ses prises par rapport à la saison 2019. «Mais ça ne compense pas la baisse des prix, fait-il remarquer. Malgré tout, je suis très satisfait. On a pu pêcher nos neuf semaines; c’est ça qui comptait. Et il n’y a pas eu de cas de virus. C’est bon pour l’économie des Îles.»

Le capitaine du Laura Méli n’en croit pas moins que les pêcheurs de homard des Îles ont été sous-payés, cette saison. «La preuve c’est que les pêcheurs de la Gaspésie ont obtenu un prix supérieur pendant quelques semaines», souligne-t-il.

Quant à Charles Poirier de la Pointe-Basse, il n’hésite pas à qualifier la saison 2020 d’exceptionnelle à tous points de vue. «Les quantités sont là et le prix est quand même passable. Le fait qu’on a pêché toute la saison, que certains voulaient annuler à cause de la COVID, et qu’on a réussi à sortir un prix à 5 $ la livre, c’est quand même bon vu les circonstances, affirme le capitaine du BAY CATCHER. Ça a été une très, très bonne saison!»

Marie-Hélène Cormier de Havre-Aubert est bien d’accord. «Ça a quand même bien été malgré toutes les peurs qu’on a eues au début; on ne pensait pas faire long. Pour mes prises, c’est une nouvelle année record; la petite hausse dans les prises ne compense pas la baisse des prix, mais au final, ça a été une bonne saison. On a eu plus de peur que de mal!»

MARCHÉS PRENEURS

La présidente-directrice générale de LA Renaissance des Îles, Lynn Albert, se déclare elle-même étonnée du bon déroulement de la saison. «J’ai été agréablement surprise, dit-elle. J’étais de ceux qui pensaient que ça serait extrêmement difficile. Et finalement ça s’est bien vendu partout!»

Mme Albert avait même renoncé à transformer le homard cette année, parce que les inventaires étaient déjà très élevés lorsque les restaurants, les casinos et les bateaux de croisière ont mis leurs activités sur pause en raison de la pandémie du coronavirus. «Pour les queues et la chair de homard qui vont surtout aux États-Unis, la demande est là, constate l’industrielle. C’est très étonnant. Mais c’est bien!»

Il faut aussi dire que LA Renaissance des Îles manquait de main-d’œuvre pour transformer le homard parce que l’arrivée au Canada des travailleurs saisonniers temporaires du Mexique a été retardée par la crise de la COVID-19. Lynn Albert estime à une centaine le nombre d’employés nécessaires pour opérer son usine de Gros Cap.

Pour sa part, la Coopérative des pêcheurs Cap Dauphin de Grosse-Île se félicite de figurer au palmarès des trois meilleurs des six vendeurs inscrits à la convention de mise en marché du homard des Îles, et ce, pour chacune des neuf semaines de la saison 2020.

Sa directrice générale, Ruth Taker, attribue cette bonne performance à son grand nombre de clients. «On a beaucoup de clients des deux côtés de la frontière, ce qui nous donne un bon pouvoir de négociation, soutient-elle. C’est la compétition; le vouloir et l’avoir. Et en plus, nous avons une bonne qualité de homard vivant, ici à la coop, grâce à la bonne manutention des pêcheurs qui prennent soin du produit à bord des bateaux et grâce à nos installations de contention à l’eau froide oxygénée.»

Aussi Mme Taker rejette-t-elle les critiques voulant que les acheteurs des Îles ne font pas suffisamment d’efforts pour vendre le homard à un prix optimal. «Chacun a sa façon de gérer et de faire de son mieux, souligne-t-elle. On a eu une bonne saison malgré la pandémie. D’ailleurs, chaque saison est différente. Même si l’économie va bien et qu’il n’y a pas de virus, on ne sait pas ce qui peut se produire. Il faut savoir travailler au travers de tout ça.»

De son côté, le directeur général de Fruits de Mer Madeleine balaie lui aussi du revers de la main les frustrations des pêcheurs qui se croient sous-payés. Pierre Deraspe qualifie d’excellente la saison 2020, vu les circonstances de crise sanitaire et économique. «On a sauvé la donne, dit-il. Pour les prix payés à quai, on a fait ce qu’on a pu. On a tout écoulé, sans limiter les volumes à bord des bateaux et en prenant l’ensemble des prises incluant les homards mutilés, au contraire de la plupart des autres acheteurs. Je pense que les efforts ont été faits.»

Notons que les employés de Fruits de Mer Madeleine ont dû mettre les bouchées doubles, cette année, en l’absence de travailleurs étrangers temporaires pour leur prêter main-forte. Avant que n’éclate la pandémie, Pierre Deraspe misait sur l’embauche d’une dizaine de Mexicains pour le tri des captures à mettre en marché. Il planifie en recruter une trentaine en 2021 afin de compléter les équipes des différents  départements de son usine de l’Étang-du-Nord, incluant celui du traitement du crabe des neiges.

LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE – page 5 – Volume 33,3 Juin-Juillet-Août 2020

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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