Le protocole de prise de décision du début de la pêche au homard fait l’objet de plusieurs discussions

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La pêche au homard aux Îles-de-la-Madeleine s’est mise en branle le 5 mai dernier alors que son début était prévu initialement une journée plus tôt si les conditions météo le permettaient et que les travaux de dragage des ports de pêche étaient terminés. Cette décision, prise en comité consultatif de gestion, découle du protocole d’analyse de la date d’ouverture, voulant que la mise à l’eau des casiers se fasse le samedi le plus près du 10 mai, sans toutefois dépasser cette date.

RELEVÉS THERMOGRAPHIQUES EXCLUS      

Le directeur de secteur du ministère des Pêches et des Océans (MPO), Cédric  Arseneau, se déclare incapable d’intégrer dans ce protocole de prise de décision, tel que le souhaite le Rassemblement des pêcheurs et des pêcheuses des côtes des Îles (RPPCI), les données de température que ce dernier recueille en temps réel sur le fond marin, depuis l’an dernier.

Ces lectures thermographiques, menées en collaboration avec Merinov, visent à établir quand on atteint la température cible de 1,5 degré Celcius, à laquelle le homard commence à sortir de son hibernation. Selon M. Arseneau, cette valeur fut établie par la biologiste Louise Gendron de l’Institut Maurice-Lamontagne, dans les années 1990, dans le cadre de ses expériences sur l’acclimatation des crustacés.

«Le problème, c’est qu’on ne peut pas se fier sur ces données de thermomètre tant qu’on n’aura pas établi clairement où mettre la lumière rouge, explique-t-il. Les sciences du MPO doivent les interpréter en équipe.» «Une série temporelle de plus de deux ans est d’ailleurs nécessaire pour qu’on établisse un lien de cause à effet, enchaîne le biologiste Benoît Bruneau de l’Institut Maurice-Lamontagne, qui a succédé à Mme Gendron à titre de spécialiste du suivi du homard des Îles, en 2015. Il faut établir un lien entre la mesure de température et le résultat recherché, qui est la date d’ouverture.»      

Le RPPCI a investi 28 000 $, en 2018, dans le développement de ce nouvel outil d’aide à la décision. «Que la science s’intègre au projet, on n’a pas de problème avec ça», affirme son président, Charles Poirier. Son organisation dispose de deux bouées de lecture thermographique, dotées de senseurs électroniques, placées au Nord et au Sud de l’archipel. Elle entend en placer deux autres, dans les secteurs de l’île Brion et du Corps Mort, pour couvrir les quatre points cardinaux. M. Poirier précise qu’il présentera un projet en ce sens, ce printemps, dans le cadre du nouveau Fonds québécois pour l’innovation dans les pêches.

LIVRE DE BORD

D’autre part, le RPPCI déplore l’obligation imposée à tous les pêcheurs de homard de remplir un livre de bord électronique, à compter de cette année. Charles Poirier soutient que la mesure est cruelle pour les pêcheurs âgés, qui planifient prendre leur retraite à court terme. «Le MPO manque de respect auprès de nos aînés qui nous ont montré à pêcher, dit-il. Pourquoi les tracasser?»

Le président du RPPCI va jusqu’à affirmer que certains en font des crises d’angoisse qui les empêchent de dormir. «C’est rendu que si tu n’as pas une carte de crédit et un téléphone cellulaire, tu ne peux pas aller sur l’eau», se désole-t-il. «La flotte rajeunit d’année en année, ajoute Denis Cormier, trésorier du Rassemblement. Pourquoi ne pas faire preuve de flexibilité?»

«La littératie électronique est un enjeu dont le MPO est parfaitement conscient, répond Cédric Arseneau. On va essayer d’accompagner les pêcheurs.» Le directeur de secteur du ministère fédéral des Pêches précise que son bureau est à dresser une liste de ceux qui ont déjà de la difficulté avec le livre de bord papier, dont l’utilisation était optionnelle en 2018. «Mais, la pêche ne se simplifiera pas, prévient-il. C’est la réalité des nouveaux entrepreneurs qui vont entrer dans la pêche.»

LES ÎLES-DE-LA-MADELEINE – page 12 – Volume 32,2 Avril-Mai 2019

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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